‹ Le Bouddha et sa réligionChapitre 21 sur 46 · L’INDE D’APRÈS HIOUEN-TII SANG. 2G · texte numérisé non relu

L’INDE D’APRÈS HIOUEN-TII SANG. 2G

« vaste érudition, une forte mémoire et une grande capa- « cité, une vertu brillante et une intelligence supérieure, « associaient leur gloire à celle de leurs devanciers, et sui- « voient leurs exemples. »

Ici les Mémoires nomment expressément quelques-uns des religieux les plus savants de Nâlanda ; puis ils ajoutent :

« Ces hommes d’un mérite éminent étaient connus de « tous; parleur vertu, ils effaçaient leurs prédécesseurs ; « et leur science embrassait toutes les règles des anciens. « Chacun d’eux avait composé une dizaine de traités et de « commentaires qui circulaient partout avec éclat, et « jouissaient, de leur temps, d’une haute estime. Tout au- « tour des couvents, on comptait une centaine de monu- « monts sacrés Pour abréger, nous en citerons seulement « deux ou trois. »

Nous ne suivrons pas Hiouen-Thsang dans cette description, qu’il fait beaucoup plus longue qu'il ne se le promet; nous ne le suivrons même pas dans le reste de son voyage à travers la presqu’île. Dans les trois derniers livres du X* au XIIe, le voyageur continue son chemin sur les bords du Gange jusqu’à l’embouchure ; il descend en s’éloignant plus ou moins de la côte jusqu a Kàntchîpoura; il traverse la presqu’île de l’est à l’ouest, et remonte au nord-ouest jusqu’à l’Indus pour regagner, par l’Hndou- Koush et par les royaumes du nord, les frontières de la Chine, qu’il retrouve à l’extrémité du royaume de Kouslana. Cette immense tournée, depuis le Magadha, ne comprend pas moins de soixante royaumes, que les Mémoires décrivent tour à tour avec la méthode que l’on sait.

Voici, d’ailleurs, la manière simple et touchante dont’

ils se terminent après tant et de si curieux développements :

a Nous avons fait connaître, disent-ils, les montagnes et a les rivières, examiné les territoires et exposé les mœurs « douces ou farouches des habitants, en y rattachant la « nature du climat et du sol. La conduite des hommes « n’est pas partout uniforme; leurs goûts et leurs anti- « palhies ne sont pas toujours les mêmes. 11 y a des faits « qu’il est difficile de vérifier à fond ; et il n’est pas pos- « sible d’en parler exactement d'après ses souvenirs. A « mesure que le voyageur parcourait les pays, il en a « écrit une notice sommaire ; il a recueilli les témoigna- « ges fournis par les oreilles et les yeux, et noté fidèle- « ment les peuples qui désiraient se soumettre à l’Empe- « reur de la Chine.

« Dans les pays qui ont été témoins de sa noble con- « duite, tout le monde a admiré sa. vertu accomplie. Pour- « rait-onle comparer simplement à ces hommes qui sont « allés en mission avec un seul char et qui ont parcouru « en poste un espace de mille li ? »

Telle est la fin du Si-yu-ki ou Mémoires sur les contrées occidentales.

11 est de toute évidence, par ce dernier passage, que ce ne peut pas être Hiouen-Thsang qui parle ainsi de luimême. Un tel éloge de sa propre vertu ne vient pas de lui, et sa modestie, attestée de tant de façons, ne lui aurait jamais permis la naïveté d’un tel panégyrique.

On vient de voir que les Mémoires sont beaucoup plus riches que la biographie sous le rapport de- la statistique, de l’histoire et de la géographie. Mais ce qui doit causer davantage d’étonnement, c’est que les Mémoires sont

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