‹ Le Bouddha et sa réligionChapitre 34 sur 46 · SECOND CONCILE · texte numérisé non relu

SECOND CONCILE

Mahâvamça, chap. iv, pag. 15, édit. Turnour.

« Le fils d’Adjàtaçatrou , l’impie Oudâyibhaddaka, ayant tué le roi, régna seize ans. Anourouddhaka, fils d’Oudâyibhaddaka, l’ayant tué aussi, et le fils d’ Anourouddhaka, nommé Mounda, l’ayant tué également, ces rois impies et méchants se succédèrent ainsi, et leurs deux règnes embrassent l’espace de huit ans. Le féroce Nâgadàsaka, fils de Luanda, ayant, comme les autres, tué son père, régna encore vingt-quatre ans : « Cette race est parricide, » dit le peuple de la ville; et, se réunissant, ils déposèrent le roi Nàgadùsaka. Puis ils élurent unani-

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mement pour roi le sage ministre Sousounâga, dans l'intérêt commun. Ce roi gouverna le royaume pendant dix-huit ans. Son fils Kâlâçoka régna vingt-huit ans. Ainsi, dans la dixième année du règne de Kâlâçoka, on comptait cent années écoulées depuis le Nirvana du Bouddha parfaitement accompli.

« A cette époque, de nombreux Bhikshous de Vaiçâlî, et de la race des Vadjis, déclarèrent que les religieux pouvaient se permettre les pratiques suivantes : manger des viandes salées, recevoir de l’argent, boire du petitlait, etc., etc. L L’arhat Yasa ayant connu cela se rendit dans le pays des Yadjis. Ce Ya^a, fils de Kâkandaka, doué des six vertus et plein de force, résolut de vaincre cette hérésie et celle du vihâra de Mahâvana, dans celte ville de Yaiçâlî. Quand on était réuni pour l’Oupasatha, ces hérétiques placèrent dans la salle un vase d’or rempli d’eau, et ils dirent aux fidèles : « Dévots, donnez au moins « un karshapana pour les religieux. — Ne le donnez « pas! » s’écria l’arhat. Et alors ils excommunièrent l’arhat Yasa. Mais lui, ayant obtenu qu’on lui adjoignit un envoyé, se rendit avec lui à la ville, et il proposa aux habitants les articles de sa propre doctrine. Les Bhikshous, ayant entendu le rapport de leur envoyé, voulurent punir l’arhat Yasa, et ils entourèrent sa maison. L’arhat, leur échappant, se rendit par la voie des airs à la ville de Kosambiya. De là il fit prévenir promptement par des messages les religieux de Pàtheya et u’Avanti; et, allant lui-même dans la montagne Ahoganga, il apprit tout ci

1 Le Mahâvamça énumère dix de ces pratiques, mais d’une manière tellement concise, qu'elles restent tout à fait obscures, et que M. Turnour a renoncé à éclaircir ce passage.

qui s’était passéàl’arhat Sambhouta, qui habitait à Sâna.

« Soixante prêtres de Pâtheya et quatre-vingts d’Avanti, tous grands et vertueux personnages, se transportèrent à Ahoganga. Tous les Bhikshous, qui s’y réunirent successivement, étaient au nombre de quatre-vingt-dix mille. Après avoir réfléchi et délibéré, ils reconnurent que l’arhat Révata de Soreya était alors, pour la profondeur de la science, le plus illustre de tous, et ils résolurent de se rendre auprès de lui. Le vénérable arhat ayant appris leur projet et désirant lui-même se transporter sans trop de fatigue à Yaiçâli, partit sur-le-champ pour y aller. Attachant grande importance à cette mission, les Bhikshous se mettaient en marche dès le matin, et le soir ils se réunissaient à la station où ils devaient s’arrêter. Dans une de ces réunions, Tarhat Yasa, dirigé par l’arhat Sambhouta, après une prédication de la bonne Loi, s’adressa à l’excellent arhat Révata et lui soumit les dix indulgences des hérétiques. L’arhat déclara qu elles étaient inadmissibles, et il ajouta : « Retranchons-les. »

« Cependant ces pécheurs hérétiques, pour séduire l’excellent Révata, recueillirent le plus d’offrandes possible parmi les religieux et les embarquèrent sur un navire avec eux. Ils arrivèrent au lieu où les prêtres s’étaient réunis, et, quand l’heure de la collation fut arrivée, ils lui chantèrent les stances de la réfection. L’arhat Salha, qui était là, réfléchissant à la doctrine de Pâtheya, dit qu’il la trouvait admissible. Le mahabrahma lui dit : « Adhère à cette doctrine; » et Salha répondit que son adhésion serait inébranlable. Mais les autres offrirent les présents à l’arhat Révata, et l’arhat repoussa le disciple de la communauté corrompue qui les lui offrait.

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« Les hérétiques alors, allant à Yaiçâlî et à Pupphapoura, s’adressèrent au roi Kâlâçoka, le maître des hommes : « Nous, les gardiens vigilants du temple du bon « précepteur, nous habitons ici ce vihâra de Mahâvana, « dans la terre des Vadjis. Les Bhikshous, qui habitent « les villages, se hâtent d’accourir en foule dans ce lieu. « Grand roi, empêche-les d’y venir. » Tel fut leur langage, et, ayant rendu le roi malveillant, ils se retirèrent à Yaiçâlî.

« Les religieux qui s’étaient réunis dans le lieu susdit, sous la direction de Révata, afin de supprimer cette doctrine hérétique, étaient au nombre de onze cent quatrevingt-dix mille. Révata décida de ne supprimer l’hérésie que là où elle avait pris naissance ; et ensuite l’arhat se retira avec tous les Bhikshous à Vaiçâlî. Le monarque, qui avait été trompé, y envoya ses ministres ; et les religieux, s’égarant, mais conduits par la bonté des Dieux, se rendirent à la ville par des côtés différents. Mais le roi, qui avait envoyé ses émissaires, eut un songe dans la nuit suivante où il vit son âme plongée dans l’enfer Lohakoumbhiya. Le roi fut épouvanté de ce songe; et, pour apaiser cet effroi, sa sœur, religieuse douée de sainteté, arriva par la voie des airs : « L’acte que tu as commis, lui dit- « elle, est d’un poids bien lourd ; gagne et protège les « soutiens de la vraie Loi, En devenant leur protecteur, « repousse la fausse doctrine. En agissant ainsi , la paix « rentrera dans ton âme. » Après ces mots, elle se retira. Dès l’aube du jour, le maître de la terre se hâta d'aller à Vaiçâlî. Arrivé au Mahâvana vihâra, il réunit l’Assemblée des Bhikshous; et, ayant écouté les discours des deux qartis, il embrassa la défense de la Loi. Le monarque.

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ayant ainsi contenté tous les Bhikshuus soutiens de la Loi, et ayant manifesté la protection qu’il donnait à la Loi véritable : « Faites maintenant, comme vous l’entendez. « tout ce qui, selon vous, peut raffermir la vraie docci trine, » dit-il. Et. les ayant ainsi protégés, il se rendit à sa capitale.

« Alors l'Assemblée se réunit pour examiner ces pratiques qu'on voulait permettre aux religieux ; et des discussions interminables s'élevèrent dans le sein de l'Assemblée. )Iais larhat Révata, s étant avancé au milieu de l'Assemblée et faisant proclamer Foubbahikavâ, proposa de repousser toutes les indulgences hérétiques. Sabbakàmi, Salha. Roudjasobhita et Yasâbhagâmika furent les prêtres choisis pour le Pâtehina; Révata, Sambhouta de Sàna , Yasa fils de Kàkandaka , et Soumana furent les quatre achats choisis pour le Pàtheya. Afin d'examiner les doctrines hérétiques, ces huit arhats se retirèrent au Yàloukàràma, lieu écarté et silencieux où l'on n entendait pas même le chant des oiseaux. Révata, le grand arhat. habile à poser les questions, questionna l'arbal Sabbakàmi sur chacune de ces propositions, l une après l'autre. L'arhat Sabbakàmi, interrogé par le grand arhat, déclara : « Toutes ces propositions sont inadmissibles « d'après les Sortiras, a

Les propositions hérétiques ayant été rejetées dans la forme voulue, les religieux se rendirent également dans le sein de l’Assemblée du jlahâvanavihâra; les propositions y furent paiement écanées . et ces grands arhats excommunièrent dix mille religieux corrompus qui s'étaient .. !s;és aller à soute.. ir les pr positions hérétiques. Sabbakàmi fut en cette occasion le grenu . but de

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la terre. Sabbakàmi, Salha, Révata, Ivoudjasobhita, Yasa, lils de Kàkandaka, et Sambhouta, qui habitait Sàna, tous ces arhats avaient été les disciples de l’arhat Ananda. Vasâbhagâmika et Soumana étaient tous les deux les disciples de l’arhat Anourouddha ; et ces huit religieux avaient vu antérieurement le Tathâgata.

« Les Bhikshous, qui s’étaient réunis, étaient au nombre de douze cent mille, et Révata était alors le chef de tous ces religieux. Ensuite Révata, pour conserver la bonne Loi, choisit parmi toute celte vaste réunion de Bhikshous qui avaient soutenu l’Assemblée de la Loi, sept cents arhats qui étaient doués de toutes les vertus requises, et qui possédaient à fond la Triple corbeille. Tous, protégés par Kâlâçoka, firent une nouvelle réunion de la Loi, sous la direction de l’arhat Révata, qui était leur chef, au vihâra de Vâlouka. Conformément aux règles qui avaient été précédemment suivies, ils conduisirent celte Assemblée de la même façon durant huit mois. Après avoir fait cette seconde Assemblée, ces arhats à la grande splendeur, exempts de tout malheur, entrèrent dans le Nirvana en temps convenable.

«Ainsi, en se rappelant que ces bienfaiteurs du monde, d'une intelligence supérieure, qui étaient doués des plus saintes vertus, et qui avaient atteint le dernier degré de la béatitude, ont été soumis à la mort, et pensant que le reste des humains est exposé à une transmigration perpétuelle, que le lecteur de ce livre devienne dévot.

« C’est la quatrième section appelée « la Seconde Assemblée, » dans le Mahâvainça, composé pour faire la oie ou la douleur des gens vertueux. »

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