‹ Le Bouddha et sa réligionChapitre 4 sur 46 · SI · texte numérisé non relu

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INTRODUCTION

lanl de lumières relatives, dans les races auxquelles nous appartenons, tandis qu’à côté de nous une foule d'autres i peuples demeurent à demi barbares et ne peuvent for- ’ mer, depuis le commencement des temps, ni des sociétés j ni des gouvernements tolérables. Je crois que l’étude du ; bouddhisme dans ses traits les plus généraux nous aidera à mieux démêler cette énigme, et nous en donnera le secret. On y verra pourquoi une religion qui compte aujourd'hui plus d’adhérents qu’aucune autre sur la surface du globe, a si peu fait pour le bonheur de l’humanité, et l'on trouvera l’explication de son impuissance dans les doctrines étranges et déplorables qu’elle a professées. Par un retour bien facile sur nous-mêmes, nous pourrons apprécier plus justement l’héritage moral que les âges nous ont transmis depuis Socrate et Platon, et nous en serons peut-être à la fois plus reconnaissants et plus soigneux.

Le Bouddhisme, qui, avec bien des modifications, règne de nos jours dans le Cachemire, dans le Népal, dans le Tibet, dans la Tartarie, dans la Mongolie, dans une grande partie de la Chine, au Japon, dans le royaume d’Annam, dans le Birman et à l'ile de Ceylan, date du septième siècle avant notre ère. Le Bouddha est né en l’an 622 avant J. C., et il est mort en 543, à l’âge de quatre-vingts ans, après avoir prêché sa doctrine dans le Magadha (le Bihar actuel), région de l'Inde centrale, voisine de Bénarès, sur la rive droite du Gange. Le Bouddhisme a été une tentative de réforme de la religion biahmanique, au milieu de laquelle il s’était produit, et qui finit par l'expulser de l'Inde après de longs siècles de tolérance et ue mépris. Vais la doctrine qui n’avait pu

AUTHENTICITÉ DU BOUDDHISM». xxxi

triompher que momentanément dans les contrées qui l’avaient vue naître s’est répandue sur les contrées voisines, et elle y a fait une fortune qui dure encore et qui n’est pas près de disparaître.

Pour réduire le Bouddhisme à ses éléments essentiels, voici quelle a été son entreprise semi-philosophique et semi-religieuse.

Prenant l’homme tel qu’il le trouve sur cette terre, l’étudiant mal et ne le considérant que dans ses misères, le Bouddha n’essaye pas de remonter à son origine et de le rattacher à un principe supérieur. Tout au plus va-t-il jusqu’à supposer, avec les croyances les plus vulgaires de ces temps reculés, que l’existence présente est la suite d’existences passées, dont l'homme porte ici-bas la peine fatale. Il croit à la transmigration, et c’est là son premier dogme et sa première erreur. Il faut donc que l’homme sorte à tout prix du cercle des renaissances perpétuelles dans lequel il est enchaîné; et le Bouddha se charge de lui enseigner le chemin qui doit le conduire à la délivrance et l’arracher à cette horrible servitude. Plein de miséricorde et de compassion, il donne au genre humain qu’il vient racheter un code de morale, et il annonce le salut éternel à tous ceux qui l’auront suivi. Or le salut éternel, tel que l’entend le Bouddhisme, quel est-il ? Comment l'homme peut-il se soustraire à la loi de la transmigration? Par un seul moyen, c’est d’arriver au néant, au Nirvâna. Une fois anéanti, grâce à la pratique des austérités et des vertus que le Bouddha recommande, l’homme est bien assuré de ne plus renaître, sous quelque forme que ce soit, dans le cercle odieux des existences; et quand tous les éléments dont il était composé, matériels et spi-

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