‹ Le bouddhisme éclectiqueChapitre 50 sur 58 · PB · texte numérisé non relu

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dans les centres divers où vivent les nations modernes.

Le vol. — L'abstinence du vol doit être surtout motivée par le mépris des richesses et par la croyance que l'accumulation des biens arrête la marche dans la voie du Devenir. Le Bouddhisme, ne reconnaissant la propriété que comme une institution néfaste et transitoire, ne défend, en effet, le vol que par ce qu'il est de nature à causer du trouble parmi les hommes, dans les conditions actuelles de leur système social ; il le condamne enfin parce qu'il constitue un abus de confiance et que l'abus de confiance est au nombre des plus grands crimes.

Les rapports sexuels. — Non seulement le Bouddhisme prohibe les rapports sexuels, quand ils sont illégitimes, mais il les interdit d'une manière absolue à ceux qui, pour atteindre plus vite à la perfection, se décident à faire partie de la confrérie des religieux. La pensée de Jésus, à cet égard, a été évidemment la

APPENDICES

même que celle de Çâkya-Mouni. Néanmoins le Bouddha n'a pas été, toute sa vie célibataire, comme l'a été le Christ :

il a eu une épouse qu'il a aimée d'amour charnel et qui lui a donné un enfant '.

Au fond, ce que le Bouddhisme condamne dans les rapports sexuels, c'est le désir de jouissance qui les provoque et le névrosisme qui en est le principal instigateur. Dans les relations illégitimes, ce qu'il déclare péché, c'est le mépris du pacte conclu.

Le mensonge. — C'est avec raison que le Bouddhisme considère le mensonge comme une des fautes les plus graves que l'homme puisse commettre. Pour que le mensonge toutefois ait cette gravité, il faut qu'il ait le caractère de l'abus de confiance. On a souvent posé la ques-

i. Le viol est considéré par le Bouddhisme comme d'autant plus grave que la femme qui en est victime possède une plus haute valeur morale (Cf. Spence Hardy, A Manual of Buddhism, p. 467).

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tion de savoir s'il était coupable de mentir P"tir éviter un grand malheur à son prochain ', si, par exemple, une mère commet

un acte condamnable dans le cas où elle fait un mensonge pour sauver la vie de son enfant. On peut se demander enfin si la morale réprouve un récit fabuleux qui n'a d'autre but que de distraire l'esprit.

La doctrine de Çakya-Mouni ne transige point et refuse le bénéfice des circonstances atténuantes à l'homme qui déguise ou altère la vérité dans n'importe quel cas et pour n'importe quel motif.

Elle ne se borne point à enseigner qu'il ne faut jamais faire de mensonge, quel qu'en soit le mobile, quelles qu'en puissent être les conséquences; mais, pour éviter les moindres écarts dans cette voie, elle défend les conversations frivoles .

1. Le Brahmanisme notamment penche pour enseigner la négative.

2. La gravité de la faute est en raison des conséquences que peut entraîner le mensonge (Spence Hardy, A Manuel of Buddhism. p. 469).

APPENDICES 133

Le scepticisme. — Si l'on cherche à bien se pénétrer de la pensée bouddhique, on est bientôt convaincu qu'elle considère le scepticisme comme la plus funeste des fautes '. Au fond, la même manière de voir se retrouve dans renseignement chrétien. Les deux religions, cette fois encore, sont logiques dans leurs principes. Convaincues qu'elles possèdent la vérité, et toute la vérité, il est bien naturel qu'aucun crime ne soit plus détestable à leurs yeux que le doute.

Le scepticisme n'est cependant pas toujours un défaut. Pendant le travail de la Recherche, c'est au contraire bien souvent une qualité, en ce sens que le doute arrête maintes fois les resolutions insuffisamment réfléchies. Il n'est criminel que lorsqu'il a pour conséquence immédiate la paresse de l'esprit, ou lorsqu'il conduit à l'indifférentisme. Dans cette éventualité, le Bouddhisme et le Christianisme

i. Spence Hardy, Lié. cit., p. 472.

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ont bien raison de le considérer comme une des maladies les plus corrosives de l'esprit humain.

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