‹ Le bouquet de MélusineChapitre 10 sur 12 · LES VISITEUSES DU CAP TOURMENTE · texte numérisé non relu

LES VISITEUSES DU CAP TOURMENTE

Les jours plus chauds ont annoncé le printemps, les dernières glaces sont dsiparues du fleuve Saint- Laurent qui porte jusqu’à l’Atlantique les eaux des grands lacs et des petites rivières, sources de richesses et de prospérité.

Il est, en aval de Québec, sur la rive gauche, un avancement de terrain rocailleux, formant d’un côté

du fleuve une falaise droite et presque à pic; de l’autre

une vaste étendue de prairies, de champs cultivés, étalant sous le ciel canadien le premier tapis vert de là saison. Ce tapis vert du Cap Tourmente a depuis longtemps charmé les yeux perçants de ces oiseaux migrateurs qu’on nomme les oies blanches.

Presque à la même date, chaque année, elles apparaissent, venant du sud. Ce sont d’abord des groupes d’éclaireurs qui se posent sur le bord de la falaise et examinent les lieux, le cou tendu, scrutant l’horizon de tous côtés et lançant des cris qui sont sans doute des messages aériens vers le gros de la troupe qui s’avance.

On ne tarde pas à voir, en effet, un nuage blanc, non vaporeux et léger, mais lourd et serré, en forme de flèche, s’avançant vers le nord comme un bataillon

La revue Jeanne d’Arc

Pagre onze

Montigny à celle qui écrit ces lignes et qu’il avait bien voulu choisir pour instruire ses deux jeunes enfants, Jacqueline et Raimbault.

Depuis ce temps, l’Institut Jeanne d’Arc, qui ne comptait alors que quelques années d’existence, fut toujours l’objet des prédilections de Monsieur de Montigny et de son épouse, la femme charmante qui l’a précédé de quatre ans, presque jour pour jour, dans le grand départ pour l’éternité.

L’oeuvre littéraire de M. de Montigny comprend des livres, des thèses, des pièces de folklore, des biographies: La Revanche de Maria Chapdelaine, Au pavs de Québec, l’Epée rouge, et d’autres morreaux littéraires.

Par profession Monsieur de Montigny était chef du bureau des traducteurs au Sénat canadien, et il se fit toujours remarquer par la pureté qu’il exigeait dans la traduction des textes. Nouveau Boileau, on peut dire de lui selon l’expression d’un de ses admirateurs, M. Pierre Chaloult “qu’il n’aima jamais rien mieux qu’un beau texte bien fait.”

Pendant ses quarante ans de travail au service de l’Etat, “le gentilhomme de lettres” eut maintes occasions de châtier les plagiats, styles ou expressions qu’il n’approuvait pas, et il le faisait avec une ardeur et une insistance qui prouvaient la fournie de son esprit et la profondeur de ses opinions grammaticales ou littéraires.

Vif et alerte comme un jeune homme, M. de Montigny était loin de révéler que soixante-dix-huit fois s’était renouvelé l’anniversaire de sa naissance.

“On n’est grand que par le coeur” nous répètent souvent les auteurs qui mettent leur art / analyser la personne humaine.

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Dont la noble figure inspire l’univers,

Et que nous louons tous en nos chants et nos vers! Cinq siècles ont coulé depuis ton sacrifice,

Dans l’infini des ans, à l’oubli si propice,

Et tu survis encor, fleur d'immortalité!

Ton coeur bat dans le coeur de notre humanité. Nous saluons en Toi l’Ange de Délivrance,

A jamais vive Dieu, vive Jeanne et la France!

Marie Sylvia.

ACTUALITES

Depuis longtemps, chers lecteurs, ce petit mot d’avant-garde n’a pas paru dans notre Revue.

Les publications ont été irrégulières et il nous coûtait d’en expliquer les raisons. Notre dévoué imprimeur, M. J. E. Decosse, était victime d’une maladie grave, ce qui empêchait sa coopération, et durant l’hiver il a succombé aux effets de cette maladie.

Ce fut une grande perte pour sa famille et pour tous ses amis: Grand chrétien, homme d’une probité parfaite et d’une grande charité, il avait l’estime de tous ses concitoyens. Bon dévouement à la cause de notre Institut était grand et généreux; nous le compterons toujours parmi no8 amis et nous sommes heureuses de répéter ici l’expression de sympathies et de regrets que nous offrîmes, lors du décès, à la famille en deuil.

Le fils de M. Decosse veut bien continuer la tâche de son père. Nous avons pleine confiance en lui, et nous espérons que désormais la Revue sera publiée avec plus de régularité. — Pourrons-nous reprendre les publications mensuelles? Comment se fait-iJ que c’était si facile autrefois et aujourd’hui si difficile?

La revue Jeanne d’Arc

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