A JEANNE D’ARC
0 Jeanne, savais-tu, lorsque tes pieds agiles Parcouraient les vallons et les plaines fertiles En la belle Lorraine, au flâne de ces coteaux Où passaient chaque jour tes paisibles troupeaux; Lorsque les Voix parlaient à ton âme si neuve De la. France meurtrie et ployant sous l’épreuve, Et de ton grand devoir de chasser l’ennemi,
Toi, pauvrette sans nom de l’humble Domrémy! Après tes longs pensers dans l’ombre de l’église,
Et ton Fiat d’amour que recueillit la brise,
Et qui te fit hostie en l’invisible autel Où la patrie en pleurs suppliait l’Etemel;... Lorsque tu chevauchais parmi les hommes d’armes, Et que, le soir venu, tu versais quelques larmes Où ton âme mêlait un appel au bonnheur Et le pressant désir de voir le Roi vainqueur;... Sous les murs d’Orléans, où la foule t’acclame,
A Reims, où ta bannière en triomphe proclame Le Christ, toujours aimé du pays des lys blancs, Et le gentil Dauphin, Charles VII, roi des Francs; A Compiègne, où commence, hélas! ton agonie, Où tu te vois vaincue, où tu te sais trahie,
Où ton intense vie est fermée à l’espoir Et frémit en sentant l’ombre vague du soir;... A Rouen, où tu meurs, tristement condamnée, Victime du plus fort et de ta destinée,
Sur ce bûcher qu’allume un ennemi cruel,
Jeanne, douce colombe à qui s’ouvre le ciel,
O dis-moi, savais-tu que ton titre sublime D’Ange de la Paltrie et de sainte victime Garderait toujours la France à tes genoux,
Et qu’on te bénirait partout comme chez nous?
O Sublime Idéal d’ineffable bravoure,
Orgueil de notre race et petite pastoure,
Pagre deux
La revue Jeanne d’Arc
dcAtc
revue mensuelle publiée par
l’Institut Jeanne d’Arc
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