ODE V
SENEQUE
Cum cresciiims , \ita decressit.... Ne crastiiio quidemdoniiQamur.... Oninia etiam felicibus dubia SLint.... Nil sibi quisquam de fiituro débet promittere.... Nil cuiquam, nisi mors , certum.
Chdmgoubert (i) > ce n'est rien de cette povre vie , Le matin nous l'avons , le soir elle est ravie : Le ber est le tombeau , la tombe est le berceau ; Ou bien si nous durons quelque peu davantage , Nous semblons des nochers que tourmente l'orage Battus incessamment et du ciel et de l'eau.
jVous naissons en pleurant, comme si la lumière Qui fait voir l'Eternel à nos yeux la première , jVous épeuroit des maux que nous devons souffrir ;
(i) ]\icolas de TroisnionU , Seignciu de Chanigoubcrt.
Comme croissent noz ans, «oz misères accroissent; Connne avance le temps,noz plus beaux jours décroissent Ainsi ne naissons-nous que pour après mourir.
A peine un blond cotton faisolt homme ton frère , Quand la mort se faschant de me voir sans misère Vint racler tout-à-coup de ses ans la beauté. Ainsi voit-on la rose au matin épanie, Sans plus d'honneur au soir en sa beauté fanie , Quand le soleil allume un beau jour en esté.
Laisse tes fols plaisirs , misérable Epicure, Domte les appetis de ta brute nature , Réveille tes esprits. Que sçais tu si Caron Au milieu de tes jeux dont se moque la Parque , Maîtresse de tes jours , avance point sa barque , Pour te faire passer es rives d'Achéron ?
Qui vit au lendemain ne vit en assurance ,
Et l'homme est abusé d'une folle espérance ,
Qui s'attend que cent ans soient la borne à ses jours j
Il n'a rien d'asseuré que la fosse bien seuve.
Sage qui seulement en J. C. s'asseurc ,
Et qui s'attend mourir pour vivre après toujours.
ab LE BOUQUET