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le compte de Gauthier, hésitait à accorder l'autorisation de prendre contre lui des mesures de rigueur : « Eloigner un citoyen de son domicile, l'enlever à sa famille, à son état, le priver de son industrie, de ses droits individuels, c'est prononcer une peine véritable et substituer l’action de l'Administration à l’action des lois », faisait-il remarquer avec juste raison au préfet de l'Allier. Le sous-préfet de Läpalisse reconnut : « la sagesse des observations du ministre », mais, dit-il, « on ne peut intenter une action judiclaire contre Gauthier, car l'influence qu'il exerce le met à couvert des témoignages juridiques... dans l’état actuel des choses, tous les gens de bien de cet arrondissement regardent son éloignement comme indispensable pour prévenir tout désordre ». Il fut envoyé à Gannat, après son arrestation. L'autorisation de rentrer à son domicile lui fut accordée le 22 novembre 1816.
La sévérité avec laquelle on agissait contre ceux qui ne se ralliaient pas entièrement à la Restauration, produisit un certain effet. Personne ne se crût plus en sûreté ; la moindre parole pouvait être motif à dénonciation et pouvait entraîner l'arrestation, ou, l’envoi en surveillance.
Les ultra-royalistes avaient la majorité à la Chambre. Préfets et sous-préfets étaient leurs amis et appliquaient brutalement les mesures de rigueur votées par une Chambre emportée par ses passions. Ces mesures de rigueur paralysèrent l'opinion publique et déjà, le 5 février 1816, le préfct de l'Allier écrivait que l'arrestation des « principaux propagateurs de nouvelles fausses et alarmantes en a imposé à leurs partisans et ces exemples d’une juste sévérité, ont déjà produit des résultats satisfaisants ». Le préfet n'oublie pas de faire remarquer, que dans plusieurs communes « les bruits absurdes qui y circulent sont répandus par des individus qui les habitent, mais qui sont étrangers au département ». De fait, un assez grand nombre de personnes, résidant dans l'Allier, furent renvoyées au lieu de leur nais-
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sance. Si les suspects de l'Allier étaient envoyés au lcin;, notre département en reçut un certain nombre venant des autres régions de la France, ent'autres Lafont-Fougaufier, avoué à Sarlat. Le préfet de la Dordogne le représentait comme un homme excessivement dangereux par ses principes, par ses moyens et son obstination ». Ce qui n'empêchait pas que quelques mois plus tard, le comte de la Villegontier était obligé de reconnaître qu'il s'était « fait remarquer par une conduite sage et tranquille » et qu'il n'avait « fréquenté aucun individu suspect ». Lafont-Fougaufier fut autorisé à rentrer chez lui le 25 août 1816.
Les cafés étaient également l’objet d’une surveillance attentive. Les tenanciers étaient responsables des propos tenus chez eux, et ceux, qui se réunissaient dans ies établissements, devaient faire attention de ne pas exprimer trop haut des opinions contraires au gouvernement royal. L’administration, grâce à ses agents secrets, était toujours renseignée. Le café Emonot, au Mayet-de-Montagne, signalé, comme étant le rendez-vous « des agitateurs », le café Dupré à Cusset, comme étant « le point de réunion des hommes connus par leur attachement à l’usurpateur » furent fermés par arrêté du préfet. Nombre d’autres eurent le même sort pour les mêmes motifs (1).
Cependant, le premier moment de stupeur passé, la rigueur de la répression irrita profondément l'opinion. La presse, soumise à la censure, ne put rien dire, mais les rapports des préfets firent savoir au gouvernement que l’opinion populaire ne soutenait pas ceux qui prêchaient la violence. Les gouvernements étrangers eux-mêmes, ne voyaient
(1) Archives départementales de l'Allier, M, police, 1re séne, 1816 et 1816.
Pour plus de détails sur l'application des meSüres de rigueur
votées par la Chambre introuvable , consulter : Cornillon : La Terreur
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