‹ Le Bourbonnais Sous La Seconde Restauration: L'Esprit PublicChapitre 21 sur 56 · MES · texte numérisé non relu

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ne trouvait pas d'homme capable d'être maire ; ceux qui auraient pu l'être, refusèrent d’aliéner leur indépendance. Saint-Gérand-le-Puy était dans ce cas. Le préfet, très embarrassé, demanda des conseils à l'Administration centrale qui lui enjoignit de faire nommer un commissaire étranger, aux frais de la commune ou de proposer la réunion de Saint- Gérand-le-Puy à une autre commune (1). Dans ces petites communes, le préfet préférait nommer de braves paysans, honnêtes hommes assurément, mais sans instruction, sachant à peine lire, qui obéissaient mieux à ses injonctions, montraient moins d'indépendance, plutôt que des hommes riches et instruits qui auraient pu essayer de se passer de la tutelle de l'Administration.

La naissance du Duc de Bordeaux fut habilement exploité par les royalistes, pour rallier des partisans. Des fêtes furent organisées dans toute la France. De Fumeron d’Ardeuil adressa à cette occasion la circulaire suivante à ses admi-

nistrés : « Le ciel a enfin exaucé les vœux de tous les bons

Français. Un fils de France vient de naître ! précieux rejeton de l’Auguste famille sous le règne de laquelle notre Patrie fut si longtemps heureuse et puissante. Son Altesse Royale, le Duc de Bordeaux, va perpétuer l'antique race des Bourbons. Plus d’'inquiétudes pour notre avenir. Elevé sous les yeux du Monarque législateur, de ces Princes dont la bienfaisance et la séduisante bonté captivent tous les cœurs, de la noble et digne fille de Marie-Thérèse, et d’une mère dont le courage et le généreux dévouement sont au-dessus de tous éloges, de quelles vertus ce royal enfant ne recevra-t-il pas, sans cesse et le principe et l'exemple ! Soutien de la dynastie légitime, protecteur des institutions que nous devons à la sagesse de son aïeul, héritier de toutes les vertus de ses

(1) Archives départementales de l'Allier, M. police, 1te série, n° 2.

ancêtres, il aimera à jamais le repos de la France et notre bonheur et celui de nos neveux.

« Mais quand cet heureux événement nous offre un si consolant avenir, en retarderons-nous l’accomplissement par nos discussions, par de déplorables erreurs ?

Le ciel aura-t-il en vain accordé aux vœux de toute la France un bienfait qui tient presque du miracle ? Non, sans doute. Quel est celui d’entre nous qui, dans cette occasion, n'a pas senti se réveiller dans son cœur, ces sentiments de fidélité à nos princes, et d'amour de la Patrie, qui sont, si l'on peut s'exprimer ainsi, dans le sang français ! Suivons ce noble et généreux mouvement et aidons nos princes dans tout le bien qu'ils veulent nous faire, déposons à leurs pieds le sacrifice de quelques prétentions d'intérêt ou d’amourpropre ; abjurons nos haïines et nos divisions et suivons l'exemple que nous a donné ce brave militaire, qui promet en présence du Royal enfant, six mois de service de plus. »

Les élections qui se firent à cette époque, sous l'influence de la nouvelle loi électorale, dite loi du double vote, furent un triomphe pour la droite. Richelieu fut obligé de lui faire une place dans le gouvernement. Le 21 2écembre Villèle, Corbière et Laîné y entrèrent comme miinstres sans portefeuille. La réaction qui jusque-là avait été timide, poursuivit son œuvre avec plus de sûreté. Richelieu fut bientôt trouvé trop tiède par les ultras. Il donna sa démission, le 12 décembre 1824.

Ainsi les ultras étaient au pouvoir. Ils firent tous leurs efforts pour le conserver et pour restaurer la vieille aristocratie foncière. Les mesures prises furent, à peu de chose près, les mêmes que celles votées par la Chambre introuvable : rétablissement de la censure, suppression de la liberté individuelle. Mais si la censure était rigoureuse, les Préfets n'emprisonnaient plus. Le premier de tous leurs soins était de soigneusement préparer les élections : ils veillaient à ce que tous les fonctionnaires, tous les administrateurs sous

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