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toral à la nomination du bureau. Les résultats furent les suivants ‘ Votants, 173.
Meiheurat des Pruraux, 126 voix ; Dujouhamel Amable, 124 voix ; De la Boutresse, 128 voix ; Béraud des Rondards, 104 voix,
tous les quatr: élus scrutateurs définitifs.
Venaient ensuite : d'Alphonse, 29 ; Loiseau de Lavesore, 27 ; Aupetit Durand, 20 ; La Varenne, 16. Scrutin pour l'élection d’un secrétaire :
Aupetit Durand, 114 voix, élu ; Loiseau de Lavesvre, 22 voix ; De Richemont, 15 voix ; Burelle, 12 voix.
Le président, dans son discours d'ouverture, se félicita de présider une assemblée dont il connaissait par avance l'attachement à « la Dynastie Royale ». Il fit ressortir l’avantage que la loi nouvelle, en augmentant le nombre des députés, donnait aux grands propriétaires terriens « plaçant ainsi autour du Trône, de la Charte constitutionnelle, des amis plus intéressés à la défendre ». Il présenta la naissance du duc de Bordeaux comme un « événement miraculeux » et invita les électeurs à nommer, pour prouver « la sincérité de leur amour pour le chef futur de la grande famille française », des députés professant « hautement leur attachement au dogme conservateur de la légitimité » et aux institutions existantes.
Il n’y eut qu'un seul tour de scrutin qui donna les résultats suivants :
Inscrits : 212. — Votants : 191 Aupetit-Durand, 126 voix, élu ;
De la Boutresse, 114 voix, élu ; Comte Desroys, 57 voix ; Claustrier, 6 voix ;
Loiseau de Lavesvre, 6 voix.
Le résultat était logique. Les grands propriétaires terriens, qui composaient le collège électoral, ne pouvaient nommer que des royalistes, sincères partisans de la légitimité. Les voix qui nommèrent les deux députés de l'Allier, leur avaient été données, en grande partie, par des gens rentrés de l’'émigration et déjà commençait à se poser la question de l'indemnité aux émigrés. Nous avons vu qu'aux élections de 1819, le département de l’Aliier comptait 1128 électeurs. Ce nombre avait diminué dans une assez forte proportion. La liste des électeurs de département comprend 212 noms, et comme elle devait être composée du quart le plus imposé des électeurs d'arrondissement, il en ressort qu'il r'y avait que 848 électeurs inscrits. La nomination des nouveaux députés appartenait donc aux 212 plus grands propriétaires de notre département, et il n’avait fallu qu’un peu plus d'une centaine de voix, pour désigner les élus. La situation était sensiblement la même dans les autres départements. Et c'est une assemblée nommée dans ces conditions, qui était censée représenter la nation !
Les élections de 1820 donnèrent la majorité aux royalistes. La droite ne tarda pas à reprendre le pouvoir. La gauche espérait toujours que les mesures réactionnaires prises par le Gouvernement amèneraient une révolution. Des conspirations se formèrent un peu partout. C’est l'époque où une génération nouvelle était en voie de formation. Composée d'hommes nés après 1789, elle ne prenait pas encore une part très active à la vie politique du pays, mais elle commençait à peupler le barreau, l’armée, la magistrature. Les formules des anciens partis ne lui suffisaient pas, et elle ne tarda pas à introduire des conceptions nouvelles dans la lutte
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politique. Elle se trouvait à l'étroit dans les doctrines du libéralisme officiel. Un économiste, Sismondi, osa le premier contester la base même du libéralisme économique. Il constatait que le « laisser faire » avait déçu bien des espérances et arrivait à conclure que l'Etat ne devait pas se désintéresser de l’organisation du travail, et, quittant le terrain sur lequel s'était jusqu'ici tenu les économistes, il abordait la question de la répartition de la propriété. C'était dans la mauvaise répartition de la propriété qu'il trouvait la cause de la contradiction qui régnait entre les intérêts privés et l'intérêt général. Saint-Simon rêvait d'organiser la société
. sur des bases nouvelles et ses adeptes exposaient leur doctri-
ne dans le « Producteur ». Leroux fondait « le Globe » auquel collaborait Sainte-Beuve. De jeunes catholiques, groupés autour de Lamennais, essayaient de briser l'alliance du royalisme et dix clergé. Les lettres et les arts subissaient l’influence des idées nouvelles : c’est l'aurore du romantisme. Une révolution se produisit dans les sciences ; les travaux de Fresnel faisaient une science de l'optique ; Ampère créait l'électro-magnétisme et la querelle de Geoffroy-Saint-Hilaire et Cuvier, sur la question de la fixité de l'espèce, passionnait les savants. Les philosophes du XVIII: siècle avaient fourni à cette jeune génération, les éléments d’une science positive de la politique ; ceux que l’on appela les « idéologues », cornitinuaient cette philosophie, en s'inspirant de l’utilitarisme de Bentham. Une mention particulière est due ici à l’un d’eux, originaire de notre département, où il joua un certain rôle politique au début de la Révolution. Nous voulons parler de : Antoine-Louis-Claude Destutt de Tracy. Il prit une part active aux opérations de l'Assemblée provinciale du Bourbonnais. Le 24 janvier 1789, il fut élu député de la noblesse aux Etats généraux, et alla siéger aux côtés de La Fayette, dont il était l'ami. Arrêté comme suspect, le 2 novembre 1793, il ne sortit de prison qu’en octobre 1794. Laissant de côté, l'observation des phénomènes de la matière, et adop-
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tant les méthodes de Lock et Condillac, il s’attacha à l'observation des lois de l'intelligence. I1 fut nommé membre de l'Institut national, sur la proposition de Cabanis. Les « Eléments d’idéologie » eurent un grand retentissement. Il vota la déchéance de l'Empereur, mais s’éleva avec force contre la réaction de 1815, et repoussa toutes les lois contraires aux établissements de la Révolution. Destutt de Tracy poussait le sensualisme de Condillac jusqu'à ses dernières conséquences avec une rigueur presque mathématique. Regardant la sensation comme source unique de toutes les fonctions et aussi comme le principe de toutes les facultés, il ne laissait pas subsister une âme inactive et inutile, comme Condillac ; mais il la suppprimait. Pour lui, l'homme ayant des besoins, devait aussi avoir des droits, mais il avait aussi des devoirs, car il devait employer les moyens les plus propres à satisfaire ses besoins. Moins conséquent que Hobbes qui, partant de la même base, avait conclu au despotisme en politique, de Tracy estimait que liberté et bonheur étaient une seule et même chose, et que les institutions politiques les meilleures étaient celles qui assuraient la plus grande somme de bonheur. Son fils, Victor de Tracy, fut ainsi que nous le verrons plus loin, le porte-drapeau des libéraux de l'Allier, pendant la seconde Restauration.
Sous l'influence de ce nouveau courant d'idées, les cerveaux bouillonnaient. Les libéraux étaient presque décides à tenter un coup de force contre le Gouvernement. Une association secrète, « Les Chevaliers de la Liberté », organisée sur le modèle de la « Carbonaria », de Naples, fut fondée à Paris. La charbonnerie française recruta surtout ses ‘éléfents dans les milieux intellectuels et militaires. Pendant ce tempe, sous la sage administration du préfet de Fumeron d'Ardeuil, notre département jouissait du calme le plus complet. Cependant les électeurs de l'Allier n’approuvaient pas les agissements de la droite, ainsi que le montre une élection
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partielle qui eut lieu pour le remplacement du baron d’Alphonse, décédé.
Une ordonnance royale du 30 août 1820 avait partagé notre département en deux circonscriptions électorales : la première comprenait les arrondissements de Moulins et de Lapalisse, la seconde ceux de Montluçon et de Gannat. Montluçon et Gannat se trouvaient aux extrémités opposées des deux arrondissements. « Convoquer le collège dans une de ces deux willes, écrit le Préfet, serait éloigner des élections la plupart des petits électeurs ». La ville de Montmarault sembla un moment devoir être choisie comme lieu de réunion pour le collège électoral. Mais elle offrait peu de ressources au point de vue des logements. Le Préfet penchait en faveur de Montluçon, où les électeurs étaient en général plus modérés « tandis que la classe inférieure des électeurs de Gannat, était généralement sous l'influence des libéraux exagérés ». Le choix de Saint-Pourçain, mis en avant par le conseil d’arrendissement de Gannat, fut écarté, l'esprit libéral y dominant plus encore qu'à Montmarault.
Les élections pour le remplacement du baron d’Alphonse eurent lieu le 28 janvier 1822. Le collège se réunit à Montluçon sous la présidence de Etienne Amable du Tour de Bellenaves, conseiller général. Dans son discours d'ouverture, le président montra que la bonne composition de la Chambre était une des « plus fortes garanties de la stabilité de la monarchie légitime, de cette famille des Bourbons, à l’existence de laqueile se rattache la splendeur de la religion ». I1 conseilla aux électeurs de porter leur choix sur un fidèle
- défenseur de la légitimité, capable « de résister aux séduc-
tions du pouvoir, si jamais un ministre ambitieux, trompant son souverain, tentait d’usurper sur les libertés publiques et de résister à la crainte de l’échafaud, dont le triomphe d'une faction rebelle menacerait sa tête, si le trône était
attaqué ».
L'assemblée était houleuse, Les libéraux étaient nom-
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breux et ne voulaient pas laisser échapper le succès. Les royalistes, de leur côté, faisaient tous leurs efforts pour que le candidat officiel du Tour de Bellenaves (1) fut élu. Un premier tour de scrutin eut lieu pour la formation du bureau : mais au dépouillement il y eut des erreurs. Un bulletin lilas avait été remis à chaque électeur, pour la nomination du secrétaire, un vert pour celle des scrutateurs. On trouva dans l’urne 265 bulletins lilas et 267 bulletins verts, pour un total de 532 votants. Le bureau à dix heures et demie du soir, décida qu’un nouveau dépouillement allait être entrepris. A ce moment un grand nombre d'’électeurs entourèrent le bureau et firent des observations. Le président déclara aux électeurs que toute discussion était interdite, et que le bureau devait être évacué. Cette déclaration ne ramena pas le calme ; il se faisait grand bruit dans la salle. Plusieurs électeurs ayant fait observer que des étrangers s'étaient introduits dans l’assemblée, des voix s’élevèrent demandant que la place fut évacuée. Le président invita alors les personnes qui n'étaient pas électeurs à se retirer. Il fut obéi. La plus grande partie des électeurs sortit également de la salle. Un factionnaire de la garde nationale, assisté de deux gendarmes, fut placé à la porte avec mission de ne laisser entrer que ceux qui présenteraient leur carte d'électeur. Le dépouillement recommença ; à minuit il n'était pas encore terminé. La loi du 5 février 1817, par ses articles 12 et 13, prescrivait qu'il ne pouvait y avoir deux séances le même jour, les scrutins furent déclarés nuls, la séance levée et le bureau décida que les opé-
(1) Né à Riom, le 15 mars 1779, propriétaire du marquisat de Bellenaves. Dutour émigra, mais rentra en France sous l'Empire. I1 reprit possession de ses biens et fut nommé conseiller général en 1812.
Le 21 mars 1815, il était chef de légion, pour le Roi, des gardes nationales de l'arrondissement de Gannat. Maire de Bellenaves en 182, il fut fait Chevalier de la Légion d'Honneur, le 22 août 1824,
rations du scrutin recommenceraient le lendemain à huit heures du matin. Plusieurs électeurs élevèrent des protestations sur la validité de cette décision. Le président déclara que toute discussion devait cesser et que, conformément à l’article 41 de la loi du 5 février 1817, la Chambre était seule juge des décisions du bureau. Cette réponse ne fut pas du goût de l'assemblée qui protesta violemment et refusa de quitter la salle. Le président fit plusieurs sommations aux électeurs et les avertit qu'il allait déclarer, en vertu de l’article 10 de l'ordonnance du Roi, du 11 octobre 1820, toute prolongation de séjour dans la salle, rébellion à la loi. De très mauvaise grâce, les électeurs se retirèrent.
Le lendemain la séance commença à huit heures. Le calme était revenu et l'assemblée procéda à l'élection de son bureau. Le dépouilement donna les résultats suivants :
Baron de la Varenne, 162 voix ; à
Baron de Richemond, 153 voix ; a
Baron Boisrot Lacour (1), 132 voix ; À définitifs.
Fournier, 129 voix ;
Régnard (2), président du tribunal, 135 voix, élu secrétaire,
(1) Né à Montluçon, en 1755. Au début de la Révolution, il était receveur des finances du Roi, à Montluçon, juge au tribunal dé district de Montlucon, en 1790, il fut élu député de l'Allier en 1792. Successivement, procureur de la commune, à Montluçon, membre de l'administration du district de Gannat, président de l’administration centrale de l'Allier, destitué le 18 fructidor, Sous l'Empire, il fut conseiller d'arrondissement. Créé baron, par lettre patente du Roi, en 1814, il s'était rallié à la dynastie des Bourbons. Son royalisme de fraîché date ne le fit pas cependant bien voir des ultras, et le 18 janvier 1816, il fut remplacé, dans ses fonctions de conseiller d'arrondissement, par Gardien de Verzun.
(2) Regnard Gaspard, né le 5 novembre 175, à Sainte-Thérence, avocat au parlement, puis procureur du Roi, il était de ces hommes chez qui la Révolution avait fait naître de brillantes espérances. Très
La nomination du bureau ne présageait rien de bon pour la cause du candidat officiel. Trois des membres du bureau provisoire choisis par le président, avait été changés et remplacés par des hommes qui n'étaient pas précisément les amis des ultras : de la Varenne, de Richemont, et Boisrot- Lacour.
Le lendemain 30 janvier eut lieu l'élection des députés.
Inscrits : 344. — Votants : 272.
Baron Deschamps de la Varenne, 124 voix ; Dutour de Bellenaves, 103 voix.
Boisrot-Lacour, 40 voix.
Le premier tour n'ayant pas donné de résultat, un deuxième tour eut lieu le 31 janvier. Le baron de la Varenne triomphait par 148 voix contre 4140 à Dutour de Bellenaves, sur 261 votants. Les libéraux de Montluçon et de Gannat commençaient à se compter et à voter avec discipline. Le parti libéral remportait son premier succès dans notre département et pour la première fois venait de mettre en échec le candidat du gouvernement.
D'ailleurs, l'esprit public commençait de nouevau à donner des signes d'énervement. À Gannat, les jeunes gens manifestaient hautement leur attachement pour le parti libéral. Des provocations avaient lieu dans la rue. Les instigateurs de ces troubles étaient « (Giat, notaire à Gannat, ancien conservateur des hypothèques, destitué en 1815, pour ses opinions politiques ; Bost, entrepositaire des tabacs ; Senneville,
estimé de ses compatriotes, il fut choisi par ceux-ci, en 1789, pour les représenter, et fit partie de l’Assemblée Constituante, juge à Montluçon, puis président de l'administration municipale, la chute de l’Empire le trouva président du tribunal civil de Montluçon. Ses sentiments libéraux ne se démentirent jamais, et les Préfets se plaignirent, plus d'une fois, de l'indépendance de ce magistrat.”