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vait pas les actes du Gouvernement en donnant sa démission de maire de Moulins et en votant contre le candidat officiel. De Conny, au contraire, était le type de l’ultra (1) et il alla siéger à l’extrême-droite, suivi par Beraud des Rondards. Grands propriétaires terriens pour la plupart, les électeurs du grand collège ne pouvaient qu'approuver l’intention bien avouée du Gouvernement de reconstituer une aristocratie foncière. D'autre part, moins en contact avec le peuple que les électeurs d'arrondissement, il ne pouvaient être influencés par lui et ne connaissaient ni ses besoins, ni ses aspirations.
Le Gouvernement fut battu dans la grosse majorité des collèges d'arrondissement. Les résultats des collèges de département ne permit pas d'espérer la constitution d’une majorité suffisante pour le maintenir au pouvoir. Il était difficile de trouver une majorité compacte dans la nouvelle Chambre. Les royalistes ne pouvaient guère s’entendre sur un même programme ; les ultras étaient trop loin des modérés ; un grand nombre de ces derniers avaient, d’ailleurs, fait cause commune avec les libéraux pendant la lutte électorale qui venait de se terminer. De Villèle donna sa démission.
(1) Félix de Conny avait pourtant donné des gages aux modérés. I1 avait promis de voter contre la censure, contre la remise de l'état civil au clergé, contre le vote septennal de l'impôt, contre l'établissement des congrégations religieuses d'hommes ; pour l’expulsion des Jésuites, pour la mise en accusation de de Villèle, motivée par la nomination de 122 pairs et sur l'établissement de la censure sans motifs, enfin pour les libertés publiques telles qu'elles étaient garanties par la Charte.
Une. fois nommé député, il ne tint guère sa parole, et fit fi des promesses faites à ses électeurs ; il fut un des ultras les plus enragés de la Chambre de 1827,
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. GHAPITRE III
Ministère de Martignac. — Tentative pour gouverner à gauche, — Agitation dans l'arrondissement de Lapalisse. — Ministère Polignac. — Dissolution de la Chambre. — Elections de 1830. — Ordonnances de juillet. — Le peuple de Moulins arbore le dra. peau tricolore,
Le ministère qui succéda à de Villèle, connu sous le nom de ministère de Martignac, bien qu'il n’y eut pas de président du Conseil, était formé par des hommes appartenant au centra droit. Sa composition ne pouvait donner qu'une idée bien imprécise de la politique qu'il allait suivre, La gauche et la droite de la Chambre formaient deux groupes d'importance presque égale, ce qui amena quelquefois des votes contradictoires. (Cependant, des élections partielles consolidèrent la majorité de gauche, à laquelle vinrent se joindre les dissidents royalistes. Le ministère essaya de réaliser l'union entre les modérés de droite et les libéraux. Le régime électoral existant ne donnait guère satisfaction à la gauche. Cependant il ne fut pas question de le modifier. Un projet de loi fut déposé par le gouvernement pour compléter la loi de 1827 et supprimer les fraudes. La liste des électeurs de chaque canton devait être arrêtée au 1” janvier par les maires et affichée dans chaque commune à partir du 145 août : elle devait indiquer le montant des contributions payées par chaque électeur et mentionner le bureau où il les payait. Les réclamations devaient être soumises au Conseil de préfecture qui devait prononcer dans les cinq jours. Le projet fut voté malgré l’opposition de la droite.
La situation économique de notre département n'était
pas brillante. La récolte de 1828 n'avait pas été bonne. Le prix des grains augmenta dans de notables proportions au printemps de 1829. Des désordres eurent lieu dans l'arrondissement de Lapalisse ; le marché de Lapalisse du 27 avril fut particulièrement tumultueux. Un marchand de grains de Saint-Gérand-le-Puy qui avait acheté du blé au Mayetde-Montagne, envoya des hommes pour le mesurer el en prendre livraison. Ils en furent empêchés par un groupe assez nombreux de femmes et d'enfants qui leur reprochait d'être venus pour accaparer les grains ; ils furent obligés de se cacher dans une auberge pour échapper à la foule qui les menaçait. Des troubles eurent lieu à Cusset, mais les prix ayant baissé, le calme se rétablit.
Le Dauphin, se rendant à Lyon, traversa notre département, le 27 avril 1829, par Villeneuve-sur-Allier, Moulins, Bessay, Varennes, Saint-Gérand-le-Puy, Lapalisse, Droiturier. Il dîna à Moulins, mais il n’y eut pas de réception officielle. La garde nationale ne prit point les armes. Une simple escorte de gendarmerie accompagnait le Prince.
Cependant le ministère Martignac ne put se maintenir au pouvoir. Les satisfactions qu'il avait accordées à la gauche n'avaient pas été jugées suffisantes par cette dernière et avaient suffi à mécontenter la droite. Martignac donna sa démission. Charles X avait un nouveau ministère tout prêt
qui devait avoir à sa tête le prince de Polignac (1). Type de
l'émigré intransigeant, tempérament mystique, dévôt à l’extrème, de Polignac avait refusé de prêter serment à la Charte,
(1) Le vice-amiral de Rigny, sollicité d'accepter le ministère de la marine, refusa en disant qu'il ne pouvait entrer dans un ministère qui ne pouvait pas avoir la majorité à la Chambre élective. Il déclara, en outre, qu'il ne voulait, sous aucun prétexte, être un collègue de Bourmont qui était ministre de la guerre du nouveau cabinet. Bourmont conserva son portefeuille et on chercha un remplaçant à de Rigny,
4 en 1816. La gauche poussa les hauts cris. La session de 1859 . s’annonçait houleuse. L'adresse de la Chambre des députés, rédigée en réponse au discours du trône, soutenait avec fermeté les droits de la nation, établissait que l'accord entre les vues politiques du gouvernement et celles du peuple était la condition même de l'existence de ce gouvernement et constatait. que cet accord n'existait pas. L'adresse fut votée par 224 voix contre 181. Deux députés de l'Allier, Victor de Tracy et Camus de Richemont, avaient voté avec les 221 (1). Charles X ne pouvait être satisfait. La dissolution de cette Chambre indisciplinée fut décidée. L'ordonnance de dissolution
É parut le 16 mai. Les collèges électoraux d'arrondissement ; étaient convoqués pour le 23 juin, ceux de département pour ; le 6 juillet. Une deuxième ordonnance du 6 juin, nommait } les présidents de collèges électoraux du département Ge l’Al-
lier. Collège de département : Félix de Conny ; premier arrondissement électoral ; Beraud des Rondards ; deuxième À arrondissement : Chevenon de Bigny. Tout fut mis en œuvre à pour assurer le succès des élections. De Castellane qui était : alors en résidence à Paris, mais avait conservé son domicile | politique dans l'Allier, fut convoqué par le prince de Poli- Ë gnac. Le président du Conseil le pria de s'entendre avec le
Préfet, pour assurer le succès du candidat officiel. De Castellane, que la conduite du ministère ne pouvait satisfaire, répondit qu’il ne pouvait voter pour Félix de Conny qui avait manqué à toutes les promesses qu'il avait faites, en 4827 ; il laissa entendre qu’il serait probablement candidat au collège
(1) Les ultras subissaient, un ‘peu plus tard, un échec au Censeil général de l'Allier. Nous avons élu, écrit de (Castellane, pour président du conseil, M. le comte de Bourbon-Busset, pair de France, lieutenant général. Nous voulions, avant tout, n’avoir pas M. Beraud des Rondards, député, qui siège à l’extrème-droite et sur Ë lequel les deux ou trois jésuites du conseil avaient reporté leurs a voix. » (Mémoires du maréchal de Castellane, tome II, page 301),