‹ Le Bourbonnais Sous La Seconde Restauration: L'Esprit PublicChapitre 7 sur 56 · À | | CHAPITRE I · texte numérisé non relu

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Administration départementale et municipale

Proclamation de la royauté à Moulins. — Le comte-de la Vieuville. — Epuration des fonctionnaires. — Changements dans les Conseils général et d'arrondissements. — Démission du maire de Moulins. — Réorganisation de la gendarmerie. — Affaire Séramy de Saint-Bonnet-de-Rochefort. — Lois de répression, votées par la Chambre introuvable. — Recherche des emblêmes proscrits. — Le Préfet de Fumeron d'Ardeuil, — Difficultés créées par l'Administration municipale. — Les Sous-Préfets et les Tribunaux répressifs. — Loi du 29 octobre 1815 et son application dans l'Allier. — Affaire Blanchard,.— Détention prolongée de Jacques Ruffray. — Détention arbitraire de nombreux citoyens. — Effets produits par les mesures de répression,

Assassinat du duc de Berry. — Situation politique du Bourbonnais. — Difficultés pour remplacer les maires et les conseillers municipaux. — Départ de de Fumeron d’Arveuil. — Calme du dépar- . tement de l'Allier. — Le Roy de Chavigny. — Enquête sur le personnel des Justices de paix. — Mort de Louis XVIII — Sacre de Charles X. — Indemnité aux émigrés. — La réaction royaliste dans l'Allier, — Renouvellement quinquennal des maires et des adjoints. — L'Administration municipale a tendance à échapper aux ultras. — Chute de Charles X. — Démission de Le Roy de

Chavigny.

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Le premier acte de Louis XVIII, revenant pour la deuxième fois sur le sol français, fut d'annoncer qu'il « allait mettre en exécution les lois existantes contre les coupables ». Cette proclamation fut peu goûtée, non seulement des Français, mais aussi des Alliés. Ces derniers lui conseillèrent même de se faire précéder à Paris par une déclaration un peu plus libérale. De Cambrai, le 28 juin 1815, « il promit de pardonner aux Français égarés ».

Le 7 juillet, à Saint-Denis, il signait une ordonnance, par laquella il réintégrait dans leurs fonctions les fonetionnaires de l'ordre administratif et judiciaire ; les commandants et officiers des gardes nationales, qui étaient en activité de service au 1* mars.

Le 11 juillet, le baron Pougeard-Dulimbert faisait remise, de ses fonctions de préfet de l’Allier, à Duchezot, le plus ancien conseiller de préfecture. Duchezot, aussitôt, arrêta que les proclamations du Roi, en date des 25 et 28 juin et l'ordonnance du 7 juillet, seraient imprimées en placard, envoyées aux maires, pour être publiées et affichées, et que les desservants de toutes les communes seraient invités à en donner lecture au prône de la messe paroissiale (1).

Les fonctionnaires, en activité de service au 17 mars, présents à Moulins, reprirent leurs fonctions, le 17 juin ; le drapeau blanc fut arboré sur les édifices publics ; le même jour, il était substitué au drapeau tricolore dans les casernes, et les officiers supérieurs ordonnaient aux troupes sous leurs ordres de prendre la cocarde blanche (2).

(1) Bulletin de l'Allier, No 463, année 1815.

(2) Le comte Desroys, qui avait immédiatement repris son poste de maire de Moulins, adressa à ses compatriotes, la proclamation suivante :

« Citoyens de Moulins,

« Louis XVIII est depuis huit jours sur son trône ; il a été reporté de Gand à Paris par une immense population,

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Une ordonnance du 12 juillet nommait Malouet, préfet de l'Aisne, à la préfecture de l'Allier, mais il ne vint pas à Moulins, et le 14, il était nommé préfet du Pas-de-Calais. Le même jour, l'Administration du département de l'Allier était confiée au comte de la Vieuville (1), préfet du Haut-Rhin. Il prit possession de ses fonctions, le 30 ; le même jour, il adressait à ses administrés une circulaire, où il recommandait l'union et l'oubli ; « Votre premier soin, Messieurs, dans les circonstances actuelles, écrit-il, doit être de chercher à détruire tout esprit de parti, à concilier toutes les opinions. Il faut faire voir aux Français qui sont encore égarés, qu'il n’est plus pour la France qu'un moyen de salut, que ce moyen également indiqué par la raison et par la

« Depuis cet heureux moment, les expressions et la conduite du Roi dans la capitale de notre belle Patrie, ont été celles du plus clément des pères. Sa sollicitude pour le bonheur de tous lui a fait sentir qu'une partie de la nation pouvait être égarée ; il a voulu qu'une lenteur salutaire donna à chacun le temps de calmer l'exaltation qu'aurait pu produire les différentes opinions politiques et it en résulte que les braves qui composent l’armée française, cantonnée sur la rive gauche de la Loire, ont donné l'exemple de la réunion de tous les Français sous l'étendard du Lys ; qu'ils soient les plus fermes appuis de cette couleur, symbole de l'urbanité française, réputée des nations depuis tant de siècles, et qui vient d'être reconnue peur la seconde fois, dans l’espace d’un an, comme le seul signe qui puisse assurer la paix à la France et à l'Europe entière. Rallionsnous donc, de cœur et d'affection, autour de cet étendard vraiment national ; oublions les divisions qui ont occasionné l'esprit de parti, enfant de l'amour-propre et de l'intérêt particulier ; que chacun de ncus ne voie plus qu'un frère dans son voisin ; qu'il soit toujours prêt à le secourir dans ses besoïns et se livré aux travaux qui, en faisant refleurir l'agriculture et le commerce, fermeront les plaies que la cruelle ambition d’un petit nombre a fait à la nation.

Vive le Roï ! Vive la dynastie des Bourhbons ! DESROYS Maire, » (Bulletin de l'Allier, N° 463, année 1815).

(1) Le 11 juin 1816, le comte de Vieuville était nommé Préfet de la Somme, Il passa dans la Charente-Inférieure en 1820.

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saine politique, par l'intérêt comme par le devoir, c’est de se rallier entièrement et de bonne foi au souverain légitime, qui seul peut rendre le repos et le bonheur à notre belle et malheureuse patrie, depuis si longtemps déchirée par les factions ». « Unissons nos efforts » pour hâter le moment, où notre « Auguste prince » pourra voir tous ses sujets réunis autour de son trône. Paroles de conciliation et de paix, qui devaient singulièrement contraster avec les mesures prises pour étouffer toute opposition à la cause de la monarchie. Le préfet, de la Vieuville, fut en effet l'organisateur de la répression dans le département de l'Allier. Dès le moïs d'octobre, il informait le ministr- de la police, qu'il existait dans son département « quelques individus dont la conduite révolutionnaire les disposait à être des agents de désordre, si la fermeté de l'Administration ne les comprimait et ne les empêchait d'agir ; parmi ces individus, il existe quelques fonctionnaires publics, et des agents du gouvernement, qui égarent les populations des campagnes » (1). Le département de l'Allier avait pourtant accueilli le changement de gouvernement, avec un calme qui ne motivait pas la répression dont un assez grand nombre de nos concitoyens eût à souffrir. Si le caractère du paysan Bourbonnais le porte à accepter avec empressement les idées libérales, son apathie et son indolence l’éloignent de tout mouvement politique grave. Le caractère même du Bourbonnais était un plus sûr garant de la tranquillité publique, que toutes les mesures de rigueur que pouvait prendre un préfet.

Le comte de la Vieuville avait invité de nouveau, le 1% août 1815, les maires, adjoints et conseillers municipaux en exercice avant le 1* mars, à reprendre leurs fonctions. Mais celte mesure ne suffisait pas et bon nombre de fonc-

(1) Archives départementales de l'Allier, M, police 1° série 1815,

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