‹ Le Bourgeois de Lille esquisses localesChapitre 16 sur 20 · AU CONSEIL MUNICIPAL · texte numérisé non relu

AU CONSEIL MUNICIPAL

II y avait bien longtemps que je n'avais vu mou Bourgeois de Lille ; je viens de le reneontrer.

Il est un peu changé ; à sa bonhomie traditionnelle a succédé un ton gourmé» légèrement prélenlieux*

Il a un habit noir lout neuf, il ne salue plus qu en portant la main au chapeau les gueU qui se dressent à son passage devant leur poste. Ç)

C) Oo se rappelle que le poste des ^«afs était près de la voûte du vient Ribour, à Teadroit où est aojoard'btti le poste

de la Garde naiioiiaie.

IfJO

Que lui esi-il donc arrivé ?

Le Bourgeois de Lille est du Conseil mnnicipaL

Ketiré à ciuquaale-cmq aus du commerce qu'il eierçait honorablement , retiré aussi de la Garde mtionale, il a été remplacé dans son magasin et dans son grade de sei^nt par son fils, ancien élève de H* Grucq. Sa fille, qui chantait si bien au dessert les romances de Romagnési, est mariée, mère de &mille, et notre Bourgeois sui veille — de loin — les études de son petit* fils qui lait sa septième au collège.

Un fauteuil au Conseil muiiicipal était depuis lonftmfBÏohjf^ im plus dm éésin du Bourgeois qui s'effrayait parfois de cette noble ambition.

C'était là le secret de celte assiduité aux réunions préparatoires, quand sonnait l'heure du renouvellement tiiennal des élus de la ville.

liais d'autres amateurs pensaient trop à eux pour

songer à lui.

Et il était réduit à rester dans la coulisse.

Loiigtenips, poussé parle vif intérêt qu'il portait aux dioses de la cité, il ia assisté, comme iéu Bonardin, aux séances du Conseil.... en dehors.

Les jours, ou plutôt les soirs où le lustre municipal

à sept branches, comme le chaiidclier du Temple de SalQmpn, inondait de ses clartés le sanctuaire dout les fenêtres regardent les vinaigrettes de la place de la Mairie, on pouvait voir le Bourgeois arpenter le vieux

Rihour d'une extrémité à Tautre , du café Dubrullek restaminet Rouard^ s'arrétani inquiet à Tendroit où s'élevait jadis Tarbre de la Liberté , pour deviner, au mouvement des ombres s'agitant sur les grands rideaux, les orages de rassemblée et reconnaître les silhouettes des orateurs.

Aiyourd'htti le voilà acteur luinnéme I Mais comment a-t-il forcé rentrée du temple?

Ce n'est pas qu'en aucun temps la bourgeoisie fût

exclue à Lille du sénat communal par trautrcs classes plus prépondérantes: parla noblesse ou le prolétariat... Loin delà...

Ce qui distingue essentiellement la ville de Lille, c'est qu'elle est bourgeoise du haut en bas.

Grattez le Lillots, disais-je ailleui*s en parodiant un proverbe polonais, et sous le vernis du gentilhmme

comme sous la a am du vinaigrier Ç')jVOUS trouverez le bourgeois.

Cœur, tèle ei bras, loui est bourgeoisea lai I

(') Le Bourgeois de Lille k la Police correcliODoelle. J'emploie ee mot peur éviter la périplirase de con* dttcteur ou poasseur de vinaigrettes, ou de cheval ehritimf

comme dit le peuple. Malgré les différentes éijniologit s qui ont été données de ce véhicule à bras, il est évident pour mot que la vinaigrette a*esl qa'uae application nouvelle de la biquette des vinaigriers.

Et de tout temps la cité lilloise a conservé ce caraciire particulier aux villes flamandesi

Ailleurs, c est la aoblessc qui écrase la bourgeoisie de son dédain, c'est le peuple qui l'inquiète de soa

envie, c'est l'artiste même qui la Iiarcèlc de ses épigramiues.

Tout cela eet bourgeois à Lille- où le eommeiieey ee grand niveleui,*^ a créé un milieu imposant qui contient les extrémités et absorbe jusqu'à l'artiste.

Mais ce n'est pas à dire pour cela que le bourgeois qui n'est pas exclu par sa qualité des fonetions rnuni^ cipales, y entrera de droit et tout natm'ellement.

fians cette mAme classe bourgeoise, considérée comme genre, il y a des espèces, elnuLrc Bourgeois est de l'espèce de ceux à qui jusque-là on avait refusé toute participation aux airaii*es de la commune.

Même après la Révolution de Juillet , les élections avaient conservé un instant Teropreinte du système de la Uestaui^tion qui cboisissaii les comeillers municipaux dans la haute bourgeoisie.

Le talent, la probité, la fortuiie ne suiiisaient pas.

U fallait un nom et ce que, dans le langage de l'aristucralie plébéienne, ou appelle encore une posUm

Par nom, on n'entendait certainement pas un titre homologué par le dernier des d'Iioziers. Chacun sait que notire bonne ville ne compte pas beaucoup de familles

dont le blason figure dans la salle des croisades à Versailles ; on entendait tout bonnement une appellation bourgeoise, enseigne de ces familles encore assez nombreuses dont les ancêtres, oubliés connue Rois de l'Epinette , ont marqué depuis parmi les membres du

Magistrat.

Quant à la positiQn «oeiafe, il est plus difficile de définir celte condition. Elle dépend des temps et des circonstances. Toutefois ses caractères les plus distinctiâ^ qui somageni toujours, sont :

D'avoir une voiture ,

Une loge au spectacle ,

Et d'èti'e du Salon Ç).

Notre Bourgeois de Lille n'avait ni voiture, ni loge;

il n'était pas du Salon

(*) C'est le salon dit des Négociants. On airectionne beaucoup à Liile cette figure de rhétorique appelée, Je crois, an- 9onamas6f qui coosiste, suivaDt M. Damarsais» à mettre un nom eommuii pour an nom propre, à Teffel de faire entendre que. la personne ou la chose doiit on parle excelle sur loutcs celles qui peuvent être comprises sous le nom commun. Ainsi le Bourgeois de Liile dit iovarlablement le Salon, i'H6tel« rAdminiâtratioo, pour désigner le salon desNégociants, Tbdtel des Canonniers, l'administration des Hospices.

Je ne suis pas bien sûr, cependant, que dans ses habitudes nouvelles, radœinistraliou municipale ne soii pas pour lui PadmiDistration par excellence ou anUmomoMt,

Mais il était digûitaii^e de la société de lAsaitié.

J'ai parié ailleurs des «octâA da Bourgeois de Lille, de leur influence sur les mœurs publiques. Chacun comprendra le rôle importaut qu'elles sont appelées à jouer en matière d'élection.

C'est dans ces réunions de tous les jours que se préparent, que se nourrissent des candidatures de famille, et pour les consals, et pour la Garde nationale, sans bruit, sans éclat, sans retentissement au dehors.

Vient le jour du scrutin, et alors se pi^oduit un nom qui étonne d'abord, mais qui, soutenu, répandu parles amiS| finit par sortir victorieux de l'urne, sans que la plupart des électeurs aient pu se rendre compte du résultat.

Les firancs-maçons surtout se prêtent entre eui un

appui fondé sur la charité qui forme la base de leur institution. Et plus d'un, à qui Pacaeia était mieux connu que le code municipal ou Técole de peloton n'a dû le Êiuteuil ou l'épaulette qu'à sa qualité d'enfant de la '

veuve.

Notre Bourgeois^'étaii pm franc-maçon...

Disons tout bas que si brave qu'il fut, son cœur avait failli au milieu des épreuves terribles qui devaient précéder son affiliation.

Mais il était dignitaire de la société de V Amitié; et comme déjà ^es sociétés de VHarmmm et du CuMe-Sac comptaient des représentants dans divers conseils de la

cité, fai Mo é Mé de ¥ Amitié voulut aussi avoir sa part AmÛiamce ikos les aiilaires de la ville, et grâce au puiiBaiil patronage de ace co-socîétiires, notre Bourgeois lui élu «

D a prêté emneni en eiance solennelle.

héjîx il d essuyé ses pieds au paillassou municipal, remis son parapluie au garçon de bureau au tricorne t*a kiUuile , accroché sou cliapeau au cliaropiguou du isslibale.

U est unliii inlroduit dans le sancluairo de rédililé , dans ee calunelftuneuz qa% Texiguitédu local condamne à tant de services différents.

Cest en effet dans cette salleélégainnient décorée que s'élaborent les proj^ de fadministration , que se eélébrenl les mahages d uu c^lain rang , que se décident mêù^ m conseil, les destinées de h ville.

Le preoûer jour, le liourgeois de i.iiie adnUre tout: la grande glace qui sunnento la ebessinée , la pnufif ne de Baudi^tij le cartel gothique^ le portrait eu pied du Roi, les tableaux de Semir el de Wicarqui couvrenlles païau'aux.

Le second jour, il es4 plus diflctle ; il trouva qne si

le peintre n'a pas voulu faire itne épigramme, il a des«

siné bien peUts les courtisansqui entourent le monarque.

Quant aux autres tableaux il ne tarit pas en plaiflauleries sur rmopportunité de leur préseace dans une salle des mariages.

Le jugemenl de &ilomoD|OÛ figure une mauvaise mère» et la mort d'Agamemnon assassiné sous les yeux d*une épouse adultère, lui paraissent otlhr des scènes qui sont peu de circonstance.

Il raillera tant, le goguenard , qu*à la première occasion on retirera les toiles malencontreuses Ç). . .

La nouvelle dignité du Bourgeois de Lille a encore renforcé chei lui certaines opinions , mais elle a aussi modifié certaines répugnances, chassé certains préjugés.

Ainsi il est plus entier que jamais dans ses vieilles idées municipales.

Pour lui, la cité c*est le pays, la nation.

Que de fois l'honnête Bourgeois, quand ses préoccupations locales lui permettent de songer un peu à la politique générale, ne s'esl-il pas pris à regretter que rétai ne fût pas géré comme la ville I

Nous administrons autrement que cela, se dit-il , quand son journal lui dévoile quelque boulette ministériélle.

Notez que le Bourgeois , à propos d'administration communale, dit volontiers noui, comme la servante du curé à propos des poules du presbytère.

(*) U est inutile de rappeler ici que les criliques qui précèdent s'appUquaieul à l'ancien Hôtcl-de-Ville, avant les iravaui de reeonstruçtioD qui y ont élé opérés.

Mais c'est bien rarement qu il descend à ces bagatelles, tant la politique locale rab9orbe«

C'est tout au plus s'il consent à reconnaître qu'il y a encore quelque chose au-delà des poteaux indicateurs

de roctroi.

Il y a bien Tétat, la nation, mais ils neserévèlent à lui que sous la forme de fonclionnairee qui récrasent de leur autoritéyoud'agents du fisc qui lui demandent son argent.

Que faisaient de plus les premiers conquérants de la cité flamande?

Sur la question de l'impôt, le Bourgeois de Lille^ comme tous les bourgeois du monde, avait eu longtemps son idée fixe : c'était de payer le moins possible... et il n'était pas plus charmé de payer des contributions locales, quelle que fût leur affectation^ que les dousiémes échus, au percepteur de son arrondissement.

Depuis qu'il tait partie du Conseil , il s'est fort humanisé, du moins en ce qui touche l'octroi.

À force de s identifier avec sa ville, de compatir à ses besoins, de s'intéresser à ses ressources, il a fini par trouver très-naturelles les contributions dont l'emploi est à sa portée, dont il surveille avec soin rapplication ; il ne s'étonne que d'une chose, c'est que ses voisins, qui ne sont pas ses collègues, ne partagent pas du tout sa manière de voir.

La maxime que Timpdt est le meilleur placement des ibn^ lui paraît moins absurde.

Est-ce que tout cela ne profite pas à la ville?. . .

Aux Époques de révision des tarifs ii se creuse la cervelle pour foiiniir à la commission des matières imposables.

On cite de lai plusieurs créations qui ne manquent pas

d'une certaine poésie.

Ainsi) dans ses généreuses préoccupations , voulant siirloul atteindre la table du riche et voyant que le gibier, les truâes, les conserves et autres comestibles Btt donnaient qu'an produit insignifiant, pour imposer exactement la surface culinaîi^e des contribuables, il imagina de cuber la Aimée échappée des cheminées des

cuisines.

Malteureusement Tadoption des appareils fumivores fit crouler son système.

Dne autre fois il songea à imposer la §hwe, dont le

pauvre n'use guère que pour (/e^rio^er, mais qui, pour le riche, est devenue une jouissance, un besoin même dans les ardeurs de la canicule, soit qu'il l'emploie à geler les crèmes qui prennent alors, je ne sais trop pourquoi, l'ignoble nom de fromages ; smt qu'il s'en mrfe pour frapper d'immobilité, dans sa prison de verre, le pétillant Aî.

Hélas ! Shakespeare a dit de la femme : — Perfide comme Fonde. — Phis perfide que Tonde est la glace qui entre Tété dans nos citernes à Tétat de liquide el

$*y congèle à la barbe des Athéniens de roctroii invpniBMUnts à la saisir II I

En attendant, le Bourgeois ne néglige pas la grande cmaonmalioii.

II surveille, en amateur, les préposés.

Italhenr à celui qui laieaerait pénétrer en ville, sans les taxer, la bouteille à Feau de pet» iê emriêse Ç) qu'agite récolier altéré, et le perçai ïamcu que le ûltier rapporte pour sa frituré du dmanche.

Lui-même, au reste, prêche 4' exemple.

Lui, qui autrefois n^aurait pas cndu, en retenant de son jardin du feubourg, de dissimuler le demi-poulet et la bouteille de vin, rdi^ de sa ceilalion champêtre, il fait aujourd'hui arrêter la diligence pour déclarer les prodoMs de sa chasse, même les biseaux qui né sont pas sur le tarif; il en fait prendre noie pour la prochatBe^ réviaien •

n lui arriva même un jour de dénovcer sa servante qui avait fraudé bien innocemment Toetroi. — On eu jug^. —

C'était dans l'omnibus d Ârmentiëres, par une froide soirée d*hiver. Les fenêtres étaient bien closes etlecaquetage des voyageurs et surtout des voyageuses avait empêché d*entendre la voix de l'employé qui , perché tout

^ïsu de réellste.

(••) Petit poisson.

gi'dloUattl sur le marche-pied , réiléra d'in ton de

mauvaise humeur sa formule : Ane^-mm quelque chose à

Oui, monsieur, se hàla de dire la servante du Bow^''

On s'en aperçoit fichtre bien^ répondit Teniployé ea

retomani avM vkdenca la portière. Sk rrmtei Pierre !

Et de fait, la sérvante avait une langue fourrée d'Armentiéres qu'elle rapportait pour soa maître.

Malgré Taiaristie que le Cenke Q aoeocdâ à ce comestible, le Bpyrgeois m le mangea pas de boa cœur, M Iw pesa tongtempa aur.... la conacioiiee.

B pottsae à la consommation par tous les mo^fens qui aool an son pouvoir»

Ne lui parlez pas des sociétés de tempérance^ vous le rendrai fiinma. UitàbM qu'il porte aux classés, pop»*

laires ne va pas jusqu'à lui faire considérer comme moiole une meaire qui tondrait i dimimier BolaUeioeat les ressources de la ville.

Le progrès des moeurs publiques a purgé le Bouri^eois d'QB de ses préjugés le phtt tenaces.

C) On appelle aîQai à Lille le bateau central do l'octroî qui M trouve à raôtel-de-yiUe.

C*esl un nouvel emploi de la ûgure de rhétorique dool nous avons parlé à la note de la page 103, ex qui est si familite au Bourgeois de Lille.

tu

il eommeace à comprendre que, {K)ur n'être pas né înfrAHMtirfMi, on n'est pas pour cela un Ilote, un paria.

Il convient que plusieurs de ses collègues nés à Fives ou A WambrochieS) dirigent aussi bien les affaires de la ville de Lille que s'ils avaient reçu le jour paroisse Saml^uveur ou Saint-André... Hais» igoute-t-il, — m emptani sur ses doigts le nond^ de ses collègues, eeyx qu'il appt^e les étrangers ! — il est kmps que ïm

Loin d'avoir conservé sa sainte horreur pour la {Mdilicitéyil la Feehercbe an^jonri^lmi estant qa*il h craignait jadis. '

Bien ne le flatte pltti que de voir eon nom dans f^eAe

du Nord,

Ccat Àee point que lorsqpi'ii a été retena chez lui» w jour de Censeil, par un sooper de famille, il éprouve itna sorte de coosoiation en lisant le lendemain dans le jdînnMil : Absent : M...., empécM.

Le Bourgeois de Lille ne fait guère d'opposition dans le Censell.

U aime son maire, il aime peut-être encore mieux ses Biyoints.

Et pourquoi ne les aimerait-il pas?

Us ne tiennent an poavotr que par îin toat petit tt...

et puis, ils ne viennent pas du dehors.

Ce soai se&éius, et ils administrent sans aj^^(mUments. Cet argmoent vaut le (bmeux sam dot de Molière.

G*6Sl aux yeux du Bourgeois leur plus belle qualité. Il y a bieu dans ua^coin du Conseil quelques grofBards.... mais leur oppositioii est plutAt un coup d'è-

l>eraa donné aux chevauxqu unbàion jeté dans les roues du char de la mairie.

. . Le Bourgeois ne se joint pas à eux ; il se contente de sourire de leurs boutades; il n'a d'ant^Nithie que pour

les bavards qui accaparent les tours de parole au grand désespoir du secrétaire qui suflit à peine à les enregistrer.

Il lait une observation ; c'est que ce'aont les avocate qui parlent le moins. Onvoitbien, dit-il malideoseaieot à son voisin de droite , qu^ils ne sont pas babitués à donner leurs paroles gratis.

Depuis que son âge Fa exempté de la Garde nationale, il e$t deveott terrible i rendrait du service, même pour ses, collègues mn gradés, fort ingénieux à découvrir dans leur position munieipale des ndsons d'nacompatibililé avec les tours degarde^ ilaimesurlout à|>i/icer 1 employé.

Monsieur le procureur du roi est bien beureuz d'être dispensé de par la loi. Notre Bourgeois éprouverail ua véritable plaisir à le décorer de la fatale giberne à buf* fleterie noire. . . Bl le préfet donc !

Il faut que les fonctionnaires donnent l'exemple*

Le Bourgeois de Lille a renforcé dans le Conseil rélément pkti(mphe qui lutte contre les empiétements du €ler|é et se rd>il^ contre le pouvoir CentraL

UB'auuepaslesproces&io^is et vote à perpéUùiécoatre les frères ignoratitina^au ^randraiiittdBit fàam qà poussa un jour la dislracUaujusqu à signer sur le registre aux mmaeiftiMB eH fiNreur des éeoleÉ ehrétiéoaes : — par prf^mralion de &m vhori. — Cet abus d'une locution commerciale attira sur le Bourgeois force plaisaiitariet à sa société et au Conseil municipal.

Le Rourgeoîs de Lilk tostiaue à aîmer beaumip le spectacle, non plus l'opéra comique , qu'il dédaigne» juais li^graïul opéra.

HMousHiotis de dire que sao «nour esl purcmeot platonique, attendu qu'il \a rarement au théâtre^ qu il vote coDlre tctutes les siilmiitionfi.

Il seconde radministratMn dans ses bonnes iutentioas aur^C^ des beaux-artaetde rinatiiKtiittpuUiqùe, el il a un mérite d'autant plus grand ea cela que son édu* calipn première ne Ta pas disposé à la cowidiralion de ces clioses-là.

U a regretté» j'en suis sûr, plus d'une fois» 1 argeol dépensé pour les cadres destinés à rcnfearmer les dessins légués par Wicar.

n tressaille quand il enlendvanter la valeur fabuleuse de ces chefs-d'œuvre.

Pour lui, c'est de Pargent qui dort.

n'était le respect humaiai il am^ait plus d'une fois propesé de les vendre.

11 ne professe pas davantage une très haute estime

It4

pour les emards emptifiés et les cachalots poitrinaires

du musée, pour lesquels cependant il se résignera à voteTi in beau jour, un palais (*)•

La qualité du Bourgeois de Lille lui procure quelques douceurs qui fimt compensatioB aux soucis qui Tas* siègent.

Il a ses entrées dans le cabinet du secrétaire qui, la plupart du temps, se passerait bien de sa visite.

11 ligure dans le cortège du maire aux distributions des prix et aux revues de la Garde nationale, et il est appelé, de.ux ou trois fois par semaine, dans l'Écho

Édik ! ce mot Ta singulièrement frappé dans le principe; maisMape^u pour M une partie de son pratige depuis que son petit- fils lui a dit qu'on qualifiait ainsi , i Rome, le magistrat ée la voirie , dont les fimotioiis étaient à peu près celles qu exerce aujourd'hui le respectable employé, appdé fU d'eau, depuis lacréation des trottoirs.

£n somme, malgré sa nouvelle dignité, le Bourgeois

(*) Nous devons une r»^parâtton au Bourgeois de Lille, il est devenu amateur, sinon artiste, et depuis la oauvelie distribution de l*H6tel de ville, Il exbitte à rétraDger«ofi maaéede peinture, ie# coliectioas Wicsret MoiNct el même «a méoa*

çorie empaillée, avec autant d'oiguuil quUlluimantrail jadis remparu et sa citadelle.

de Lille es»i ioiyouis Ibrt boa eafant, — pleitt de k mmlleure vùhaié.

Il ne s'est pas lacbé quand je Tai faii poser devaat moi| il y a 15 ans. J'espère qu'il ne m'en voudra pas de ee que j'ai relouché un peu à sa portraiture, jfQwi: y igouter qudquea traits qui doivent compléter sa ressemblaoce.

Je lui ai d ailleurs rendu justice entière.; il est ^ progrès.

Un philosophe a dit qu'il faut préférer sa ville ù soimême, son pays à sa ville, Thumanilé à son pays. Le Bourgeois de Lille n'est -il pas en bon chemin? Déjà il préfère sa ville à lui-même.

Qu'il contintie sa route.

S'il est vrai que Tamour ne soit autre chose que de l'égolsme à deux, le municipalisme peut n^fitre que de r^fsme à 70,000 ;

Le nombre n'y Mi rien.

Qu'il marche encore , qu'il étende le cercle de ses affections;

Je ijc lui demande pas d'aller jusqu'à l'humanité;

Qu'il s'arrête , s'il le veut, à la naùon.

Le vieux système municipal a fait son temps.

Les û*anchises accordées en haine des prétentions féodales ne doivent pas se tourner contre le pouvoir central, source d'indépendance et de liberté ;

Au moyen-âge, il y avait dans chaque ville un befim qui servait à reconnaître l'ennemi ;

Que le Bourgeois de Lille monte ai^ourd'hui à la

laiiieroe du guetteur | et l'horizon agrandi lui découvHni» evMi loin qve ses regards pourront porter^ des î

amis, des frères, des enfants de la même patrie; que • ses idées suffsni le ?ol de ses yeux; |

Qu'il applique au pays les qualités qu'il déploie dans ' l'adminlstralion de sa ville*

n y a en lui plus que Fétoffe d'un citadin,

Il y a les vertus d'un citoyen.

AU GOr<S£IL DE RÉVISION.

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