REMPLACEMENT
Nous venons de monirer le Conseil de révision ea
tournée; nous l'avons suivi dans ses pérégrinations à travers les cantons du département ; nous allons le re* trouver au chef-lieu, non plus pour examiner la belle jeunesse que le sort a désignée, mais pour visiter les remplaçants qu'une grande partie de cette belle jeunesse aime à se donner,
Remplaçantsl ce mot demande une explication.
Nous avons vu plus haut qiïen principe le service militaire était purement voknUaire, mais que, dam la pratique^ il était, par exception, forcée du moraeuL que la volonté n'était pas du côté du jeune Français.
Nous allons voir maintenant comme quoi, aussi, le susdit service, toujours personnel en théorie^ peut encore, exceptionnell^ent, être délégué à un autre jeune Français que Ton achète à cet effet, par Tentremise de certains courtiers qui s'intitulent agents de remplacement mais qui sont généralement appelés marchands d'hammei. >
Nous aurons l'occasion de revenii* sur ces mcssiems.
bouc le Coiiseil esl rentré dans ses fojei à ; Il siège à la Préfecture*
Une énorme quantité de dossiers amoncelés sur la table, et la présence, dans la cour et dans les coukurs, de nombreux agents de remplacement, annoncent snffi* samment que pas mal de jeunes Français ont usé du droit que leur laisse la loi de passer à Tordre d'un tiers la lettre de change que la patrie a tirée sur eux, en ces termes :
c II vous plaira, à mon ordi'c, pai Lii' pour la ijloire. » Bon pour un fusil et une giberne , le bâton de maréchal inclus, peu visible à l'œil nu.
» A M.^.. qui a obtenu le N.*^ 1.
On appelle cela, obtenir!
Merci, dit le N.^^ 1, je sors d'en prendre : il iaudrait ne pas avoir S,000 francs dans sa poche pour se priver du plaisir de rester chez soi.
Beaucoup profitent de cette faculté d'endossement ;
Les uns, parce qu'ils honorent leurs parents et que ce sentiment, d'après le Décalogue, est un brevet de longévité :
Tes père et mère honoreras, Aûa (ie vivre longuemeni;
Les autres, parce qu'à vrai dire, ils ontijuciquediobc de mieux à iiiire que la chai'ge en douze temps.
Cei*tes, il faut admirer le priadpe d'égalité qui ap-* pelle tous les jeunes Français à la défense de la patrie; mais la patrie n'a pas seulem^t besoin de siridats, surtout en temps de paix, et Von peut soutenir sans trop . de déraison, que les huit années exdosiveBienl eoofloyées à façonner un conscrit sont, pour un grand nombre, aussi utilement aflfoctées à former le savanli l'adminis-trateur, Tindustriel, le magistrat.
La loi a donc i^ien iaii^ dans Fintérét de l'état, d'admettre le remplaeemeni.
Elle a aussi bien Êiit de l'admettre dans Tintérèt des iamilles, non pasianides familles riches que desmodestes habitants des campagnes, puissamment aidés dans leurs labeurs par les bras v^^omwux et dociles de leurs fib.
Que ces enfants partent pour l'armée , il iaudra les remplacer à la ferme par des ouYriers étrangèrs : payer
pour payer, ne vaut-il pas mieux garder Tenfanl i la maisw et lui acheter un homme pour le régiment?
Kra-'t-on qu'il y a des parents plus paiims, qm ne pourraient même pas salarier un ouvrier , et qui , au départ de leur fils, leur utile appui, sent blessés tout à la fois dans leur affection et dans leurs moyens d'existence ? c'est mût Mais en quoi la douleur de ees respec* tables parents serait-elle soulagée , en quoi leurs ressources s*augaientmuentpeUes , si le remplacement
était supprimé? Le départ du riche sécherait-il les yeux du pauvre ? Deux mères pleureraient, voilà tout !
Diyiiiz
Ce ii'ebl duiic pas le remplacemeuL qui est une
mauvaise chose , c'est Tinégalité des fortunes qui ne permet pas à tout le monde d'en profiler. Le remplacement ^ nous l'avons établi ^ est bon en lui-même , il contribue à entrefenir Tesprit militaire dans certaines localités , il pei^met de laisser les hommes d'étude à
leurs paisibks travaux et n*a-t-il pas inspiré de
nobles dévouements? Latour d'Auvergne, illustre comme auteur des Antiquités Gauloises y avant de devenir le premier Grenadier de France , partit à la place du fils d'un ami qu'il voulait conserver à son père
Le remplacement au corps , effectué suivant le désir de rhonorable général Lamoricière» au moyen d'un impèt spécial , proportionnel , a séduit beaucoup d'hommes compétents qui ne veulent pas supprimer, mais moraliser ce mode deirecrutement.
J ^jouterai qu'on pourrait prâever sur la caisse commune, annuellement, une certaine quantité de bourses applicables aux jeunes gens pauvres qui auraient le mieux mérité cette faveur.
Quoi qu'il en soit des moyens qu'un emploie pour égaliser ou moraliser le remplaconent, cette tolérance de la loi a donné naissance à un genre tout particulier d*indu6trie.
Ce qu'étaient autrefois les proxénètes dans l'histoire amoureuse des Grecs et des Homains, ce que sont aujourd'hui les courtiers, plus ou moins immm pour
le commerce, les agents de rcjniplacemcnt le sont pour les jeunes Français^ peu soucieux de mareber à la gloire.
Les entremetteurs reçoivent le nom caractéristique de marchandi d'hammeêj lorsque, coatrairemeat aux lois qui régmenl le courtage, il font eux-ménes le commerce , la U-aUe des bkmcs^ comme 1 on dit aussi.
Il y a des compagnie qui opèrent en grand ettieoMot un bazar humainj^ dans lequel on t rouve à satisfaire tous les besoins du recrutement, depuis le simple poun»^/louj jusqii au colossal carabinier.
Demandez, ûdtes vous servir !
Ces compagnies portent le titre pompeux de înaisonsqu'elles baptisent du nom deTassociéprincipalyOuméme de la province où se font les approvisionnements.
Dans réventuaiité d'une levée, ces mai&om spéculent sur les exigences probables du gouvernement et font provision de sujets.
Un acte provisoire est passé par lequel le remplaçant s* oblige à se présenter devant tous conseils de révision, moyennant une somme payable, partie au moment de son entrce au service, partie après l'expiration de Tannée de responsabilité.
De leur côté , les agents s'assurent de l«irs ce-* contractants en exigeant ia remise de leurs pièceSf telles que passeport , certificat de bonne conduite , acte de libération anléiieurc, etc.
Eu attendant leur placement, on les tient en nmirrke;
" c'est le mot consacré ; c'est à dire qu'on les alimente à petits irais daos «les cantines ad hocy oû il n'ont pas à moindre de gagner le eas de réferme pour cbérité.
Puis, quand le besoin se fait sentir sur tel marché de la Wtmcêy on les expédie par la dliigeoce , principalement sur timfériaie, rarement veuve de ces blonds •nAnts de l' Alstee, au parler tiideaque, au chef emé de la calotte rouge i brodée par qudque .Charlotte montagnarde*
Le conducteur de la diligence ne reçoit le prix des places que sur la remise au correspondantdela marchandise bien condîtiDiiiiée einonaiiariée; Uealrdsponsable des/ut^*
Depuis rétablissement des diemms de fer, les wagons
de troisième classe paraissent avoir remplacé les impériales. Les bonnes feannes croient encore qu'un wagon, renfermant 83 remplaçants, a péri, corps et biens, dans les marais de Fanpoux*
Sera-t-U Dieu, Ubie ou cuvette?
Voltigeur ou cuii*assier, zouam ou soldat de mai^iite? Le remplaçant ne le sait pas, ne s'en inquiète guère. Déjà il ne s'appartient plus.
Lee remplaçants viennent prinopaiement de TAbace et de la Lorraine.
L'esprit militBire des populaticne de ces provinces,
Diyilizeo by GoOglc
exploité par les juifs qui y pullulent enii etieut dans le pays ce genre de production.
Dans leurs rapports avec les familles et ladministrationi les chefe de maison emploient des agents subalternes dont le type se retrouve partout.
Cet employé secondaire est brun ou roux, sa chevelure crépue décèle son origine israélite : 3 a généralement de gros &voris ; il va sans dire qu'il porte aujourd'hui . la barbe et les moustaches:
La barbe qui remplace écouomiquement les faux cols;
Les moustaches qui loi donnent un air circonstance.
Ses habits sonl d une coupe moderne, mais outrée. U affectionne ie vêtement qui réunit Félégance au débraillé. Le paletot dans toutes les phases de son alliuo capricieusement confortabkj et Timmortel pantalon à la cosaque constituent le fond <fe son costmne.
M'oublions par ie gilet-cuirasse, cet autre ennemi des bhnchissensas.
H est malheureux qu'aux yeux de T observateur ces tendances finshionables soient contrariées par des gants aux doigs riants, par une chaussure peu vernie et par des sous-pieds qu'avant d'expirer le talon de botte a mordus sans ménagement.
Mrâ le marchand d'hommes s'incpiiète peu de ces misères qui disparaissent pour le vulgahre sous le velours qui chatoie, sous Tor qui ruisselle.
Car le marchand d*hommies étalé de nombreux bijoux.
Cette pi ulubioa de bagues, épingles , chamea et breloques est chez quelques-uns peut-être uniquement un indice de mauvais gout; elle dénote chez quelques autres rintention d'imposer au public; pour la plus grande partie» sans doute, de ces industriels eiposés i de fréquentes vicissitudes , à des brouilles subites avec la fortune, c'est tout bonnement une ressource pour les jours contraires, une manière de mobiliser son avoir^ par le procédé de Bias, ce philosophe qui portait tout avec lui.
C'est une question de savoir si les marchands
d'hommes ont le droit d'assister à la visite des sujets qu'ils présentent à la révision.
Une répugnance, peu réfléchie de la part de certains Conseils, les a lait exclure delà salle des séances.
Du moment cependant que la loi admet le remplacement, il devient indispensable queTopération s'effectue par les soins d*un intermédiaire ; ce n'est pas le père de famille qui cherchera, qui trouvera un remplaçant pour son fils.
D'ailleurs , expulses comme mai'chands d'hommes , ne reparaîtront-ils pas comme fondés de pouvoirs? Refttsmht-onA un père de famille, éloigné du chef-lieu, le droit de se faire représenter par un mandataire de son choix?
Une opinion mixte basée sur le respect des lois de la pudeur parait avohr prévalu ; on visite les remplaçants
en comité seacli le lé^ulLaL seul est j)roclamé publiquement.
Il y a pour radmission des remplaçants deux périodes bien distinctes :
Ou les remplaçants sont présentés avant rappel de la classe à laquelle appartiennent les remplacéSi ou cette présentation est postérieure.
Dans le premier cas, le gouvernement se coalente de demander homme pmr hmme^ dans le second^ il exige taille pour taille Ç).
Ced est d'une grande importance pour les agents de remplacement.
Aussi les voyez-vous déployer toutes les ressouixes de leur imagination pour faire passer leur petite monnaie dès le commencement des opérations, réservant leurs grosses pièces pour la fin.
C'est alors qu'il intervient le marché le plus extraordinaire , c'est alors qu'il s'établit, entre Tétai et Jes compûi;iiies une lutte dans laquelle celleià-ci oal tout Tavantage.
Ainsi , un de ces agents qui suivent le Conseil dans toute sa tournée , comme une nuée de corbeaux , et
(•) il ne iauL pas eiJleiKlic rigourcusemeiit celte expression rn ce sens qu'il faille que le remplaçant ait absolument la uille du remplacé ; il suffit qu'il ait la taille de Tarme pour laquelle ce dcroier était destiaé.
s'abattent sur les Mtels oùik accaparent les provisions,
à tellesenseigncsqu un jointe susdit Conseil faillit, daiis un canton du département, se passer de lit et de d!ner(*)« un de ces agents a-t-il découvert dans le contingent d*un canton quelqu*bercule si recherché pour nos armes spéciales et si difficile à trouver par l' industrie qui court il s^empresse de s'aboucher avec lui, il sMnforme de sa position physique et sociale , et , si le jeune homme a'a pas le moyen de se faire remplacer, il le marchande, Tachète, fourre à sa place un ftntassin de cinquante-six centimètres , et garde son homme pour serw à remplacer plus tard un colosse retardatanre. Ainsi sur deux beaux soldais, sur lesquels l'état avait
f)Bo à Saint-Amaad, le Conseil de révision da Nord fal contraint dechercber un asile à rétablissementdes bains,
non encore ouvert pour le public.
Le corieax de l'affaire c*est que l'agent des contributions Indirectes, sacbanl que le cbef de l'établissement n'avait pas encore pris sa licence, se présenta an milieu du âlaer,comme
le spectre de Bauquo » et dressa procès-verbal de la contra* veiuion.
C*) C'est une cbose déplorable que réiiolement dans lequel se trouvent les jeunes ouvriers des grands centres industriels.
Le canton de Clary, celui du Gâteau qui produisait autrefois des hommes tels que le maréchal Mortier, n'ofirent plus anjattrd*bui qu'âne population cbétive»
le di'oil de compter, il n'en consei-ve qu'un , et l'agent empoche la différence. * On s'étonnera peut-être qu'un lioinnie remplacé remplace à son tour*
On voit mieux que cela. •
Des malheureux viennent piteusement au canton réclamer leur exemption comme fils de veuves,de septuagénairesy aînés d'orphelins qui ne peuvent se passer de leurs soins, et, plus tard, on les retrouve au cheMieu du département^ comme remplaçants ; et Dieu sait si la mère, le père ouïes orphelins ont touché une obole du prix du sang, le plus souvent dépensé en honteuses orgies.
Il y a là un vice qui appelle l'attention du législateur.
La loi , conséquente avec son principe, devinait formellement interdire la faculté de remplacer à ceux qu'elle a exemptés, tant que dure le cas d'exemption.
Nous ne reproduirons pas les opérations auxquelles se livre le Conseil de révision , toujours activement secondé pai* le docteur, pour admettre les remplaçants.
Nous avons sufBsamment indiqué la gymnasâque du docteur durant la visite scrupuleuse quMl faitdes conscrits ; c'est absolument la même chose pour les remplaçants , avec cette différence, toutefois, que ces derniers sont plus propres.
On les oblige à la formalité préalable d un bain, formalité que rigoureusement on n'aurait pas le droit d'imposer aux autres.
Les remplaçants emploient pour être reçus des manœuvres aussi habiles que celles dont usent les jeunes gens pour être refusés.
Sous ce rapport, c'est le contre-pied de la premièi e partiede la révision :
Le bossu relève l'épaule, le boiteux allonge la jambe, lemyope écarquille ses yeux, le bègue retient son haleine, le brèclic-dcnt pince les lèvres, le sourd cherche à deviner les interpellations du président.
n n'y a plus là que des hommes valides.
Disons qu'en outre de leurs connaissancespersonnelies sur la matière, les remplaçants sont puissamment aidés pai' leurs parrains , maquignons consommés , expei^ls dans Tari de disûmuler les infirmités.
Mais toutes les ruses vienaeai échouer devant la perspicacité du docteur , qui découvre le vice rédhihitoire sous les refrigéreiiU ouïes phlogistiques employés pour le cacher.
Quand, enfin, le remplaçant est admis aux lieu et place du jeune soldat , tout n*est pas encore terminé : il Êiutqueledit remplaçant signe son acte administratif qui rengage vis-à-vis de l'état.
Le voyez-vous — dans le plus simple appareil — plié sur la table du secrétaire , dans la position du chevalfondu? il signe, c'est-à-dire que le plus souvent , bien qu'il soit vilain et très vilainy il déclare ne pas savoir écrire, absolument comme s'il était geniilkmme , ei se
coateaU d'apposer sa croix siu' 1 act6, à défaut iê cachet. ~ Singulier emploi d'un symboiederééwptîoB pour sanctionner un acte de senitude!!!
Mais quelquefois , uo incideiii surgit : le remplaçant qui» jus4jpie-lài s'est prêté de b^nne grâce à vivre a k eantioe du marchand d'hommes , à voyager 4 aes (irais ;
qui s'est soumis à toutes les d«jinarches exii^ées de lui;
le remplaçant enfia, qui vient d'être re^, a*tril soupçoq que sa créance sur son propriétaire est en péril , vite , il laisse tomber sa piume et s'écrie , di^ foil Tableau, péripétie, coup de théftlrelll
L'Alsacien iongteu)]^ courbé sous le caprice du maître se relève en 08r eofiini des montagnes qu'il est. C'est Sixte-Quint jetant sa béquille.
Cke signe pa$ heureusement qu'il ajoute ce cor*
rectif : ou mon archent tout te suite.
Il lait beau de voir alors le marchand d'hommes s'approcher de lui pour le persuader; c'est inconcevable tout ce qu'il dépense de mots tudesques pour le détei** miner i signer : ily perd son alUmani^ il faut bon grt malgré qu'il apporte séance tenante la somme cou venue — non pas en billets — l'outrageante incrédulité du remplaçant lui ferait suspecter jusqu'aux billets de la Banque de France.
H est vrai qu'à rinslar du célèbre Bilboquet , c'est peut-être la seule banque qu'il ne connaisse pas.
Il lui faut de bons ccus^ bien sonnants, et le sac par^
dessus le marché; uuue fois naati , le remf^çani signe, et se relire gravement, le sac eous le bras, et même, en rentrant dans le couloir où sont ses iiabils, il risque «n eDtrechatpsix qui relombe, de tout lepmds de l'homme et du sac d'argent, sur le cœur de Tagent miiuiment veKé.
Ajoutons, j^our être juste, que cette défiance n'est pas toujours sans fondement.
Un remplaçant s'engage avec une maison pour deux mille francs. L*acte administratil une fois signé , on procède an compte. Mais quel mécompte , grâce au décompte et à ïe&cmipte î Quand on aura déduit du diiffre convenu les voyages , les mois de neiurrice , les parties liues, le sou de poche, les frais d'acte, elc. , etc., que restera-t-il au rem|^çant? qudques cents francs, payables après Tannée de responsabilité, si le remplaçant ne déserte pas, et que , tu cette chance , un compère escompte pour une pièce de pain.
Etonnei-Tous, après cela, que le remplaçant, qui dans tout ceci a eu très peu en vue le service de la patrie , déserte, et vienne devant les conseils de guerre s'excuser en disant quMI a été attrapé parles marchandsd'hommes.
Encore , je passe sous silence le chapitre des banqueroutes.
Mais, par contre » combien de fois aussi ie marciiand d'hommes, malgré ses précautions et sa finesse , est*il
dupe du remplavant ?
Diyiiizeo by
Nous avonfi vu que» lorsque le remplaçant a trailA, il
donuQ en naatis$emeat tous ses papiers. Le malheureux marcfaaDd d'iiommes, confiant dans ce gage, dort sur les deux oreilles^ il loge, nourrit, habille, promène, amuse , enivre sou reiDidacaiit qu'il inonde des déU(ces du chef-lieu. ^
Là, une meilkure occasion se présente ; un père de famille offre au remplaçant quelques cents francs de plus; il trajyte avec le père de iamiUe.
Mais Fancien acte? peu lui importe! aux termes de la loi, toute obhgaiion de iaire se.résoui en dommages*intéréts.... Mais ses papiers? un bon jugement lesluî fera restituer, en réservant à l'agent ses droits à une indfiomiii; drçto illusoires 1 si le remplaçant a été payé comptant, il porte ses fonds dans sa ceinture; s'il a traité à échéance, il passe son billet i l'ordre d*w tiers,
et il brave les saisies, comme la contrainte pajr corps. Et le marchand d'hommes en est pour ses hrais.
Ajoutes au total des pertes de ce dernier les non-valeurs résultant des remplaçants refusés, soit pour infirmités déguisées, soit pour incapacités légales dissimulées ou ignorées, et vous verrez que tout n'est pas roses dans le métier.
Pourtant, malgré les chances du commerce, malgré la défaveur qui s'attache à la profession, le nombre des
agents de remplacement augmente incessamment. C'est sans doute un malheur, mais pour guérir cette
Diyilizeo by GoOglc
' plaie, faatr-il supprimer le remplacement? Non, noii$ avons prouvé plus haut que Tétat de nos mœurs ne permet pas de le proscrire, il &ut le moraliser. Il faut balaya ces intermédiaires de bas étage dont le contact a trop longtemps souillé Thommequi doit revêtir le noble habit de soldat; il faut n admettre que les remplacements par les soldats du corps pour lequel est destiné le conscrit ;
Et pour compléter la mesure , il faut que , dans le régiment même, disparaisse, en face du siyot< purifié, le préjugé qui flétrit le i^enÂ^; préjugé dont la loi Idle-même, par une inconséquence bizarre, s'est rendue la complice, en frappant d'une pénalité plus forte te remplaçant déserteur (*).
Voilà le but od tendent depuis longtemps les hommes qui se sont occupés de cette grave question du recrutement. Espérons que la loi proposée l'atteindra complétement.
O Décret du 8 Fructidor an XIII.
MOKT