‹ Le Bourgeois de Lille esquisses localesChapitre 19 sur 20 · DU BOURGEOIS DE LILLE · texte numérisé non relu

DU BOURGEOIS DE LILLE

C'était peu de temps après la Révolution de Février; en rentrant le8oir^cheE moi je trouvai, pliéeen quatre, sous ma porte, une de ces larges pancartes appelées — % billets de mort — délices des femmes de ménage et des baillis de paroisse, qu^iUustre un gigantesque V, gravé sur bois.

Je dépliai avec soin Fimmense carré de papier, encore humide, et je lus, comme suit, la formule sacramentelle qui avait résisté au décret du gouvernement provisoire sur les qualifications.

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J'ai su depuis que c'était eu veriu d'une recommandation faite de son yiyant et reaouyelée par une clause spéciale de son testan^eni que le Bourgeois de Lille avait été miterré au cimeti&re de la ville ou cimetière commun ainsi qu'on le disait autrefois.

Il n'avait jamais pu comprendre qu'on consentit à enrichir de sa dépouille, en ouUe d'un prix de concession de terrain , une paroisse étrangère.

L'intérêt que jusque-là j'avais lénioi^iié au Bourgeois de Lille dont j'avais été rhistoriogra(die fidèle et cens* ciencieux depuis 1830, me porta à rechercher les causes, les circonstances de sa mort inopinée, cai* il n'était pas trop vieux et sa bonne constitution lui promettait une longue suite d'années.

Je me renseignai notamment auprès de la garde*ma<lade qui le soignait d'ordinairCi garde-malade laïque^ le Bourgeois de Lille n'ajant Jamais voulu entendre parler des religieuses^ auxquelles il ne craignait pas, 1 mgrat ! d'appliquer son proverbe favoh :

Pour avoir maison nelte,

n ne faut ni coqIoû) ni prêtre*

La garde me résuma énei^quêment et d'un seul mot sa réponseàce que je hii denumdais : Le Bourgeois de Lille était mort d'une révolution.

Voulait<<elleparlerde la Révolution politique de Février,

ou seulement d'une de ces vives impressions qui, par la

brusquerie de leur attaque , détruisent d'un seul coup

les organisations les aiieux établies? C'est ce que la suite de ce récit fera connaître.

le puis dire cependant que la garde-malade se trompait si elle attribuait la mort du Bourgeois à une émotion subite, quel qu'en fût le caractk^.

Le Bourgeois de Lille n'était pas précisément mort d'une révolution.

Les événements inattendus de 1848 ont pu hâter sa fin, mais ils ne l'ont pas amenée. Sa forte constitution était minée par un mal déjà ancien ; elle avait reçu plusieurs atteintes successives qui Tavaient furieusement ébranlée.

Le Bourgeois de Lille n'avait pu voir, sans un secret dépit qui bientôt dégénéra en un chagrin de plus en plus profond, les changements apportés autour de lui dans les habitudes, dans les constructions, dans le langage même,

par les dix-huit années de paix qui avaient suivi sa Révolution de 1830.

Les solides lorLificalions de sa chère cilé, élevées par Vauban, n'avaient pas pu aiTêter l'invasion des idées du dehors.

Les idées ! force subtile , magnétique , qui s'infiltrerait dans le granit des Pyramides , que n'arrft^ terait pas la grande Muraille de la Chine; les idées ! puissance contre laquelle les boulets de canon — cette

raison suprême — ne sauraient prévaloir.

U n'élait pas reonemi du progrès ; mais il n'aimait

pas à être surpris par lui ; il désirait être prévenu, et comme il le disait, il voulaît frmiéte son Umr.

Le gaz Tavait un instant incommodé par son tremhlottement et sa mauvaise odeur; il avait fini par s'y habituer et même par trouver ce mode d'éelairage fini commode ; il en avait lait appUquei^ les appareils à son , aneîen magasin.

Les trottoirs lui avaient peu souri. U avait pourtant lait le sien, comme tout le monde, assez è temps pour jouir de lu prime municipale; mais il regrettait ses deux burgueto j|ur lesquds s'arrondissaient avec tant de grftce ses belles vitrines à étalages.

U était là si bien, le soir, en revenant du jardin, à fumer sa pipe, entre ses deux retranchimients, sur un terrain à lui, à lui seul, ou il bravait sans dangei* voi- [ tnres et piétons.

Il avait été réduit à rentrer sur le pas de sa porte, et à abandonner son terrain et ses grès piqués aux passants qui lui marcliaient sur les cors.

Ajoutes à cela que son épouse , femme prévoyante,

avait profité de la circonstance pour pratiquer dans la iaçade une allée qui lui permit de louer le premier étage de sa maison ; nouveau chagrin pour le Bourgeois qui ^|^4rouvaiytplu& chez lui, ni dehors, ni dedans.

n tfràt eu ptiffi d0 peine eneere è prendre son parti de rétablissement du chemin de 1er.

Ce n'est pas qu'il ne lui partt très commode de

faire , avec la rapidité de l'éclaii , les courses , asses rares du reste , que son humeur sédentaire lui permetlait hors des portes de la ville; ee tfest pas non plus qu'il vit avec trop (te déplaisir Tembarcadère envahir — intra-muros — de TOtestmains que d^autres peut-èti'e auraient plus utilement employés à la ci éution de nouveaux quartiers habitables; il étât devenu propriétaire, le lioui'geois de Lille, et il avait comprjs que cet envahissement ne ferait pas baisser 1^ prix des loyers. '

Il aurait même été enchanté que le rail-wa; put le prendre à sa porte. Ce qui le désolait, en attendant, c'est qu'il lui pre$mt son jardin du iauboui^.

Hélas! oui, ce joli jardin du faubourg, but journalier des promenades du Bourgeois, théâtre des jeux de ses eufents, ce jardin oû chaque soir d'été il venait travailler en manches de chemise et lumer avec quelques ami^, en buvant la canette, dans le petit pavillon qu'il appelait complaisamment son vïde^botUeille'j ce jardin qui lui foumissaitMles fraises si grosses, des groseilles si douces, — de quoi faire sa provision annuelle de gelée , — des laitues, des radis, sur un terrain si bien graissé ; ce jardin garni de haies de sureau où son jeune fils coupait le bois pour ses claquom ; ce jardin qu'en, 1814 legénéral liaison lui-mtme avait respecté — ^ à la condition qu'il serait miné pour sauter à la barbe du premier cosaque :

les

06 jardiO) ses amours, était compris dans le tracé du chemin de fer.

Le Bourgeois renouvela à Toccasion de son jardin toutes les doléances du meunier de SansSoîieiy à l'endroit de son moulin.

Shis il fut moins heureui.

S'il y avait des juges à Berlin , il n'y avait pas, en Pmsse, du temps du grand Frédéric, une bonne loi d'expropriation comme en France.

Le Boui^eois en! beau dire et beau faire, le chemin

de 1er coupa en deux son jardin et son vule-boutciUe, et

rexproprié fut réduit à venir débattre devant le jury la valeur de ses parceUes (style cadastral) et le mérite de ses groseiUierSi de ses haies et de ses salades. Ce qu il ne put jamais parvenir à Mre entrer en ligne de compte ce fut le prix d'alfection qu'il donnait à son jardin où il avail connu sa femme , où son fils avait senti pousser sa première dent. Le jury fut inexorable, il raya impitoyablement cette valeur de Taddition*

Comme le naufragé qui se cramponne au moindre débris du vaisseau brisé par la tempête, le iiourgeois conserva Fannexe qui comprenait la moitié d'une plate bande et un quart du pavillon, il rafistola le mieux qu'il put ces tristes restes de sa wUa ; mais grâce ft la parcimonie avec laquelle la compagnie avait distribué ses chemins à niveau, il étaitobligé— son jardin'se trouvant enclavé du côté de la ville — de parcourir en chemin

deiiei ciaiiousUkilomèueâavauidepouvoir, ea revenant sur ses pas, regagner son piei^Urre^ aind qu'il continuait d'appeler son e^^-jardin.

Le d^t qu'il éprouvait dans le mgon &ks passant devant son jardin sans y descendre, et, dans ee même jardin en voyant passer le vragon sans j moptery l'exaspérait |l tel point 91'il Onit par se dtfatie de tout son terrain.

Comment ranplacer dorfoavant eet exeraoe sdn-

taire d'une course journalière à pied et d'un travail manuel, eierdce dont pins que personne avait besoin le Boui'geois, assez replet et faisant h^uco\ifd'tuiîneurs? Il eaïaya Ken d'aller anx enlerremenia, dislractien

innocente et économique que se permettent boa nombre de bourgeois retirés. Approvisionnés de billets de mort par la complaisance des baillis qui les connaissent pour amateursi ils peuvent, ehe(^e mabtty choisir leur promenade de Taprès-midi , partie en voitiure aux firais da défunt jusqu'au cimetièi ej partie à pied, m revenant par le jardin ou restamioet.

Le remède était pire que le niah

Le Bourgeois n'était pas taillé pour figurer coiiTean* biemeiil dans des cortèges de ce genre ; il ne put jamais se iamiUariser avec le spéetaele de la mort. Son coeur s'assombrit. C'est du moins le motif qu'il doima poui*

se dispenser de continuer eet exerdce. teiyours

soupçonné uœ autre i oison que le Bom geois n'avouait

Diyiiizeo by

pas : — il trouvait les services fiinéraires beaucoup

trop longs.

Teigours poursuivi par le besoin de se donner du

mouvement) il se iit désigner comme répartiteur — il en avait parbleu le droit par ses contributions 1 — et quelque temps il grossit le cortège de ces citoyens zélés , tous gros propriétaires, qui, flanqués d'un garde police et d\m agent du fisc, arpentent les rues de la ville pour compter les portes et fenêtres des maisons.

Pour remplir ce devoir en conscience il fallait stationner trop fréquemment, les pieds humides; le Bourgeois donna sa démission.

Il fréquenta ensuite l'Esplanade ; il s'aligna gravem^t, dans la grande allée, avec les habitués qui, tout en laarchant, y causent politique et règlent le sort des iiations, — comme leur patron, feu T Abbé trente mille hommes('), — mais ces messieurs étuieiit beaucoup (i*op savants pour lui, et il ne tarda pas à rompre les rangs.

Ainsi désorienté, perdu dans la débftde de ses habi-

C) II y avait , à la fin du siècle dernier . sous les ombrages desTaUerles, un abbé qui dia^ae Jour rénnissatl autour de lui toiA les politiques du Jardin. Sa locution C^vorite était :

Si j'avais trente mille hommes; de là le sobriquet qui lui fut donné. — Les conférences avaient habituellement lieu sous un marronnier , qui a conservé encore anjourd*buUe nom d'arbre de Cracwie.

tildes, trop Agé pour s'en «réer de nouvelles ^ il r^lui de se réfugier tout entier dans le sein de sa 9odMé,

Là, peocU^t quelque temps il oublia ses chagrijas« Il est si dois de se retrouver chaque soir, en petit comilé» Avec des iotimeis à qui on peut se confier sans craindre que des Orangers ne se mêlent à la conversation; oi Ton peut veoîr en casquette, ôter sa cravate, jouer au faondum dans le jardin, sans être l'objet d'auenne remarque, d'aucune critique....

Hélast il était écrit que le Bourgeois boirait la coupe d'amertume jusqu'à la lie.

U était à peine un peu calmé, que de nouvelles iû'* quiétudes le saluent ; une vaste assertion se formait, à l'instar des cmrm de Belgique, pour réunir dans un mAma loôl les sociétés hwmt» de la ville.

Le CmU:. i^iiiaqa'il Imi rappeler par son nom»

Capable d'envahir en un jour . . . louf les estaminet,

égrena peu à peu ces éLiblissemenls prives, et la désertion ne tai'da pas à se mettra dans tous les camps. La voii des présidents ne fut plus écoutée; on vit des sociétés qui comptaient plus de cinquante années d*exis* tence se fondre en deux jours de temps*

La société dont le Bouigeuis faisait partie résista le mieux qu'elle put au torrent; elle fut entamée. Le Bourgeois, de son côté, lutta contre les défectioimaires, il

ht alMittdo&né. Il tinl bon pourtant, et quelqaes mois

encore il revint, fidèle, au même lieu où ses âuiis ne brillaioni flm que par Umt absence.

Que faisait-il, seul, dans cette salle déserto ? Nul ne le sait. On suppose qa*à Texemple du Napoléon de la ballade allemande, il évoquait, au coup de dit heures, les mânes des anciens habitués; qu'il croyait voir les pipes cukHtéee descendre des rafelws , les dominos gUsser sur le marbre des tables, les canetles s'emplir; qu'il croyait eentk Facre flimée dv tdbac, enteiiih^ lia» propos joyeux des jours passés...

Cétait ane hallucination qui téauilgnait dekiSnblesse

de sa santé.

J'oubliais de dire qu'aux élections luréeédentes il n'an

vait pas été réélu au Conseil municipal. Cet échec lui avait été fort sensible, t Ce qui m'a le plus \eËér disait^il i un ami , dans un moment d'abandon, ce n'est pas d'avoû* été dégonmié, c'est d*avoir été remplacé par un étranger, par un homme d&i%nt-<à-tfarcq, moi qui suis de Lille... »

tdte était la situation de eerps et d'esprit d» Brar-

geois, au moment des grands événements qui marquèrent

ranoée iUH.

Vous avez tous souvenance de la fameuse canipa^n6 des banquets; le Bourgeois de UUe fiit n des praniers

souscripteurs. On le vit figurer dans cette solennelle proces^on qui du Salon-Blanc de Mlàtet-de^ViUe se

dirigea vers la brasserie de la Eéturnie. Ajoutons qu*il se retira un des premiers quand il crut s'apercevoir que le dîner allait être mangé par ceux qui n'en avaient pas ordonné lacuisine.

La chronique rapporte qu'il se passa de dîner ce jour-là ; la table était desservie quand il rentra chez lui, encore à jeun. *

Cette expérience l'avait singulièrement refroidi à Tendroît de la politique; son bon sens^ à début de latin, lui traduisait clairement le sk vo$ non vobis.

Vint le jour où l'orage gronda sur le trône de Juillet.

Les sympathies du Bourgeois de Lille, patriote avant tout, fiirenk, dès l'abord, pour le peuple dont il croyait la liberté odieus(3ment. menacée. Il se serait volontiers opposé au départ des troupes expédiées de Lille sur P&ris.

La nouvelle qui lui arriva, le jeudi,d'un nouveau ministère, présidé par l'illustre orateur dont il suivait la ligne politique, le comi^la de joie.

Cette joie ne fut pas de longue durée; la réforme était devenue une révolution complète , qui s'annonçait à yUepar des actes, inconnus en 1830, et qui reportaient involontairement la pensée vers des époques plus sinistres^

L*incendie du débarcadère de Fives , Piilvasion'de la

Préfecture par une bande de forcenés , faits demeurés impunis bien que commis sous les yeux des autorités

restées debout y lui présageaient d^autres désordres y d'autres crimes.

n se rappelait qu'eu 1815 une prompte répression avait châtié les Iftches qui 8*en prenaient anz vitres' de Tencé et de Boulé des opinions politiques de ces deux dtoyens.

Qu*est-ce que tout cela va nous amener? se disait-il, en engageant ses voisins et amis de la Garde nationale à réprimer aussi avec vigueur les troubles des rues. DeParis, pas de nouvelles certaines; on était au samedi.

Un bataillon de la Garde nationale était range en bataille dans le débarcadère intérieur, attendant l'arrivée d*un train annoncé. Le train est signalé , il entre dans la gare, un wagon s'ouvre, il en sort , quoi ? Un gros homme, tout noir d'habits , tout blanc de poussière, ft la voix enrouée : il agite un papier, c'est, dit-il, Tabdication du roi Louis-Philippe. Il n'en iaut pas davantage au commandant :

Bataillon i

Portez armes !

Présentez armes !

Vive la République ! f

Une compagnie d'élite ambitionne f honneur de conduire le gros homme à la Mairie. Le commissaire se place gravement entre deux sections , et le voilà se dirigeant avec son escorte, au son du tambour, vers

rUôtel-de-Ville.

Qui fui bien étonné^ à ce qu'il déclara depuis? ce fut le Bourgeois de Lille.

Ne faisant plus partie du Conseil municipal d'où il avait été écarté au dernier renouTetlement triennal,

il se trouvait en simple curieux dans la rue de Tournai, avec d'autres amis, pendant que la petite comédie que nous venons d'anal]^ se passai! dam le dOdreadère intérieur.

Assez peu attaché aux bommes et aux choses du

dehors, il avait vu, dans la vacance du gouvernement, me OKcellente occasion de reconquérir au moins par-* tiellément ses firanchises municipales.

Qu'ils s'arrangent comme Us l'entendent là4>as ,

disail-il à son \ûisia , nous saurons bien nous suffire ici* N'avons^nous pas un maire et des adjoints? Main-^ tenons Tordre à Lille , et quand la tranquillité sera rétablie à Paris, eh bien, nous verrons 1

C'est que le Bourgeois de Lille n'était pas de la pMe de ces sénateurs de Stockholm, à qui Charles XII envoyait de Bender sa botte pour les gouverner.

Il était homme à renvoyer la botte par le même courrier, comme il aurait renvoyé le commissaire par le même v^agon.

Aussi, quand il vit passer ce commissaire avec son escorte, sortant du débarcadère, il n'hésita pas un seul instant à penser qu'on le conduisait en lieu de sûreté.

— Boii,sedit-il, mon gros camarade! tevoibcolfré*.

Cela l'apprendra à être si pressé. —

Ge qu'il y a de curieux dans tout ceci» c'est que le représentant du gouvernement lui-même, malgré les honneurs dont il était entouré, faisait à part lui des

réflexions idciiliqucs. Il avoua plus Uird qu'en passant SOUS la petite porte du contour de la Mairie^ édifice alors en reconstruction^ il crut entrer dans une prison.

Us se trompaient tous les deux.

Le gros homme était un mi commissaire dont les pouvoirs furent jugés suDQsants

On sait que le gouvernement provisoire avait à sa dispositicm deux espèces de commissaires : des gras et des maigres. Jérôme Paturot nous a dessiné de ces eommissairss des portraits dont nous aTcmspuap^réeier

la pai'faite ressemblance (').

Nous débutions par le commissaire gras. Son embonpoint était phénomtoal ; dans sa jeunesse il a^it souvent plaisanté sur son obésité. Comme Desessart, ce malheureux plastron du comédien Dugazon , il songeait à solliciter la survivance de 1 éléphant du Jardin des Httites.

(*) Jérôme Paturol à la recherche de la meilleure desrépu* bliques, par Louis Rejbaud. Vol. I.^s chap. 3.

Depuis t il avait beaucoup souffert dans les prisons^

d'oui! était sorti..... considéraMement engraissé.

C'était uo boa eniaat dans toute la force du terme* Il aTaiice qu'il fallait pour plaire au Bourgeois de Lille ; dans ses rapports intimes^ un certain liant, une bonhomie mêlée de malice, un désir bien ferme et bien franc de rallier doucement les esprits à la République ; dans les rapports officiels, une majesté d'apparat qui rappelait certaines charges de llalTet et de Chaiiel sur . les représentants du peuple en mission.

Une large écharpe aux trois couleurs découpait diagonalement, de droite à gauche, un abdomen proémi- Bout ; w rulM démocralique de lame rouge pavoisait sa boutonnière; sa parole brève, hachée, sortant péniblementd*Qne poitrine épuisée, disait-il, par ksmlbs; son geste énergique, quand il appelait les vivats en agitant son chapeau; son cortège de jeunea gens,

échantillons bigarrés de toutes les écoles, normale, polytechnique, forestière, des arts et métiers^ militaire, du commerce, tous armés, empanachés, enrubannés comme leur patron, tout cela charmait le Bourgeois, grand enfimt que la pompe des cérémonies publiques amuse et distrait, et qui sentait se réveiller sa fibre patriotique aux vieux airs ressuscités de 92.

Un jour ce cortège s enrichit encore.

Un commissaire d'un département voisin vint avec les siens visiter notre ville et passer une revue générale

de la Guide naiioiiaie. Les deux eoinmissaires , unis^ comme les faisceaux du licteur , ne se quittèrent point durant toute la cérémonie, leurs bras étroitement entrelacés témoignaient de leur sympattiie réciproque.

Le commissaire gras reconduisit son collègue à rhôtel de l'Europe où il était descendu. Ils se donnèrent Taccolade firatemelle dans la rue Basse. Au milieu d!e rémotion générale, le Bourgeois crut remarquer dans les yeux du visiteur étranger quelque chose de louche qui lui lit penser aux deux célèbres baisers de Judas et de Lamourette.

11 était bien près d'èti e républicain , et pourquoi ne laurait-il pas été? ainsi que le répétait journellement, dans les réceptions officielles, le commissaire gras, homme lettré, qui avait iait des comédies et des romans, c La République — res publiai — c*est la chose publique, la chose de tous.»

Le Bourgeois de Lille, nourri de l'esprit municipal rudiment de l'esprit républicain , n'avait aucune répugnance pour une forme de gouvernement qui ne blessait ni ses préjugés, ni ses iiiLérèts,

D'ailleurs , Tordre se rétablissait dans les rues, les passions se calmaient, le commerce reprenait, le spectacle marchait.

Le commissaire gras descendait peu i peu de ses échasses révolutioimaires, il s^'humanisait , iaisait des visites, mettait des gants.

Diyilizeo by GoOglc

Le Bourgeois de Lille disait alors tout haut qu'il t'abonneraiU volontiers à un pareil état de choses.

Mais il paraît que cette tranquillité ne faisait pas le eompte de tout le monde.

Par un beau jour le commissaire gras est rappelé, et il est remplacé par le commissaire maigre » le même

qui, dans la rue Basse , avait domié à son collègue le baiser que le Bourgeois avait qualilié.

Le commissaire gras, ulcéré au fond du cœur, ne fit aucune résistance. Il se contenta de faire sa malle.

Comme le vieux soldat de Michel et Christine^ Use dit que

Ub commissaire Doil souffrir et se lairei Sans murmurer (bit)*

Dès ce moment le Bourgeois de Ulle fut acquis i Topposition.

Le commissaire maigre n'avait pas seulement le

physique do Temploi , il en avait le moral , raide, liargneuxi cassant) emporté, il voulut tout Mre plier devant son omnipotence. Il y réunit à peu près en prenant pour point d'appui les masses dirigées par d'habiles émissaires.

Dépourvu d'argent, de crédit, d'ascendant personnel, il organisa une petite terreur qui lui . tînt lieu de

force réelle.

CéUii la première foh que le Bourgeois voyait descendre dans la rueyliosuies et ianatisés, les ouvriers jusque là û bons, à (aciles , un peu endins aux petits verres, mais ayant le genièvre tendre , la bière agréable..

Aussi loio que sa mémoire le reportait aux époques de muiulesUUans populuires, à yavi quelques désordi es aunilAt réprimés qu'entrepris , il vojait partout le

peuple gai, rieur, insouciant, goguenard; soit que, lors

du mariage de l'Empereur , il assistât dans son costume des dimanches au couronnement de la Rosière, ou qu il tirât, sur la Grande-Place, dans la roue de Fortune, rheureux numéroqni enridnsssit son firicot du

jour d'uu rotiou d un Jambon; soit que^lors du retour des Bourbons, il s'assit, convive des bourgeois et servi par eux , aux longues tables dicssées au proiil de son appétit dans presque toutes lesruesdelavÛle, toiQOura, dans ees dMHrenies circonstances, le peuple avait paru au J^uurgeois de boniie composition.

Il était loin d*en «ra ainsi.

LV^noligyo^* jtQllliiaire se prolongeait sans que rien permit d'm^ttmffifoir le terme*

Le Bourgeois de Lille couuucny;! à prendre frayeur do oalto : pioAision d'bommes en blouse qui, à des b^fM indiquées, se l endaienlaux clubs où ou leur prêchait le nouvel évangile.

Le commissaire maigre comprit que le mojen était bon, et il en usa.

Gemme les hebiies direeteun deûiéllre qui foui manœuvrer, pendant Jeux heures, les mêmes canons et les mêmes Eqmipiols autour de Meiico, dans Topéra deFernand Cortez, il mutiplia les lieux de réunion. Les éeoleSi leManégei les salles de la Mairie furent mis à la disposition des orateurs. Hélas ! que de craelles traces laisfièrenl dans ces derniers locaux , le délaut d'issue, Fencombrement, et peut-être Témotion des auditeurs!!!

L'aspect de ces hommes, obéissant si docilement à u» mot d*ordre, épouvantait le Bourgeois plus encore que les discours qui se prononçaient aux dubs.

D n*j avait pas jusqu'au costume si simple des ovmers qui ne contribuât à augmenter ses terreurs; non qu'en aucun temps le Bourgeois eut méprisé ou redouté la blouse, vieux sarrau gaulois , honorable uniforme du vrai travailleur des champs ; mais il croyait voir en elle uii emWêroe de désordre. Il avait remarqué que la discipline des ateliers avait disparu avec le chapeau et la redingote, costume des iétes et dimanches, religieusement conservé par les anciens ^ abandonné par les jeunes gens pour le débraillé plus commode du bourgerm.

CcUè habitude moderne lui semblait une imiUitiou de la be$ace des révoltés des Pays-Bas, et de la dëmvékfire affectée des satis^uloUes français , et des descU" mizados espagnols.

II signalait, en ricanant, cette appellation nouvelle de travailleurs, donnée ai^x ouvriers juste au moment où

ces derniers — soit chAmage réeï, soit préféreoce pour

les Joisirs des mes — ne travaillaient plus.*

Quiod raiBuence diminua aux clubs, on songea à autre chose.

On prépara la grande solennité de la plantation de

rarbre de la Liberté. •

Cette cérémonie eut lieu par le plus beau temps du monde.

Dès le matin, la fosse avait été préparée au milieu de la Petite Place, et, à midi, un jeune et verdoyant peuplier, orné de rubans tricolores, est transporté par des citoyoAS au brassard rouge.

Les maisons regardent par toutes leurs fenêtres. La iaçade du grand Bazar de Fromont présente, au lieu de meubles, une charmante étagère de dames, élégamment parées.

L'arbre est debout , son feuillage frémit au vent, et, au signal télégraphique donné par un homme posté sur le toit de la salle des spectacles, un coup d^ canon re- ' tentit, suivi d'une volée de toutes les cloches de la ville.

C'est le moment des discours.

Le général commence : vient ensuite le commissaire qui, dans une allocution chaleureuse, demande à Tarbre de pousser des racines assez étendues pour aller jusqu'en Belgique soulever et renverser le tertre qui soutint Tinsolent lion de Waterloo.

Le Bourgeois de Lille se surprend à applaudir à cette

vm

im^ge ambitieuse qui préniçe la potitique de Risqimê'

tout. Il doute pourtant que le vœu du commissaire puine être eiaueé, ao moû» par le sujet actud. il a

remarqué que, dans le transport, Tarbre a perdu une partie de ses racioesi justemeat celles qui regardeat Waterloo (*).

Ou euteud le discours au nom des clubs : il se résume en un triple vkxU qui comprend la République^ le gouvernement provisoire, le commissaire.

' La eérémonie terminée, les autorités se retournent^ face au rang du Beau Regard, et le déûlé commence.

C'était quelque cbose de bien remarqu^leet qui accusait une grande puissance d'organisation que cette armée improvisée, mardianten bon ordre, par pelotons, sous la conduite de chefs qui les animaient du geste et de la voix*

Les différents clubs, avec leurs bannières, ouvraient la marche.

Yemienl ensuite plusieurs pelotons, dits de dt&jem travailleurs, armés des briquets municipaux dcmt^ si ron en croit la chronique du temps, quelquesHons firent un usage fort déplacé vis à vis de leui*s épouses.

Puis les élèves du Lycée, exfHÎmant, par de bruyants

Ç) Le Bourgeois Je Lille ne se iroDipait pas , Tarbi e officiel est morU Soa successeur , s*il n*est pas réactionoaire , est tout au moins an républIcalD da lendemalo.

maUy leur reconnaissance envers la liépublique qui leur oumit une ire de congés.

On voyait après les députations des clubs démocratiques des enTÎrous de liUe. Le tout entremêlé de

détachements de la ûaide nationale et de la troupe de li(^e.

Après le défilé et le départ des autorités y le eortége des cittbs et des travailleurs armés se forma en hâe sar le passage du commissaire, et, à r«itrée de h Préfecture, les Lriquets tendus des travailleurs formèrent au^essus de sa tête une vollte d'ader» à l'instar des cérémonies maçonniques.

U n'y eut, dans tout cela, que deux choses qui déplurent singulièrement au Bourgeois :

La formation de pelotons armés, e& ddiors des cadna de la Garde nationale, et l'aspect de plusieurs individus (pu s'étaieat glissés dans le cortège, (^Biquement coiffSs du bomiel rouge.

Cette coiffure n'a, dans aucun temps, même en 93, était vue d'un bon osil par nos LilMs qui avaient autant de plaisir à décoiffer à coups de poings les sicaires de Joseph Leix>n , qu'à démolir , à coups de boulets, les Kaiserlitz de Marie-Christine, rÀutrichicnne.

Et le Booi^ecHs citait souvent, comme preuve de cette

antipathie traditionnelle, le surnom de bonnet roiige conservé, même de nos jours, à une honnête fomiUe de fimitiers de la me des Prêtres, parce que leur auteur

avait été jadis ua des rares porteurs de ce couvrechef phrygien.

La plantation de Tarbre de la Liberté foornit un nouveau prétexte aux processions politiques.

Une fois le brûile donné, nul ne put se soustraire à la cérémonie ; pas une école de la ville^ pas un club, pas une société, pas un atdier qui ne se crût obligé de venir déposer, aux pieds de l'arbre symbolique son discours et son écusson.

Le discours s'envolait, mais récusson restait, fixé au corps, aux branches de Tarbre, avec la date de l'ovation et les noms des donateurs.

Gela se passait à toute heure du jour.

Les rues étaient sillonnées de cortèges se dirigeant tous vers le même point. Au milieu Jes femmes deux à deux; à droite et à gauche, les hommes par file, bordant la haie ; en tète le doyen de i atelier portant au bout d'un long bâton Fécusson de plus en plus riche, déplus

en plus i;arni de guirlandes.

U y eut à cette époque un élan de commerce prodigieux au profit des marchands de papiers et de fleurs artificielles. Ce furent les seuls industriels qui n'eurent pas le temps de parader autour de Tarbre de la Uberté.

Le tout était accompagné de marches, de contremardies et de chants patriotiques dont la malheureuse monotonie et surtout Finhabile exécution agaçaient les nerfe les plus endurcis. Le chant des Girondins , chose

lenunjuable dans un temps où régnait iit les idées de k Montai^e , ie chant des Girondins avait la vogue. Son étemel refrain — Mourir jmr fe jwifrie/— horripilait les oreilles du Boui^geois... 11 évoquait les mélodies politiques de 4815, il allait parfois — que deux révolutions le lui pai'donnent ! — jusqu a regretter le Serment FVtnip0tt .'

Fjrançtis an tiAne 4e ses pères, Louis est enfla remonté, etc., etc., etc.

£t Ton ton, tonUâne^ ton ton :

Jacobins vous perdes la tète^ Bt voQs n*tves pins de raison ,

Ton ion , ton ion , loniaine , ton ton.

Vous lai les de irisles conquêtes , Voas lies «a maovals coton , Ton ton, tontatne , Ion ton.

El la fameuse chanson enl iionneurde I unLunier;

Sur la P'iit' Place, il ja on bontanger, Dieu par sa grice.

Le Roi lia sauv<^, Sur la P'iir Place, il jr a UD boulanger.

Pour cela, il fallaU que le Bourgeois fui déjà bien malade.

la

La Garde naLiunale au&&i s'en mêla :

Chaque détacbement ipi se rendait à la Mairie pov la garde, ou pour tout autre service , se détournait de sa route pour accomplir son pèlerinage , et attacher à Tarbre Técusson de la compagnie.

Tant il ; eut qu'un beau jour, ainsi qu'on Ta dit plus haut, le pauvre arbre succomba sous les to^tntes trop multipliées de ses chaleureux partisans. Il mourut étouffé de caresses.

Ceci dura longtemps, trop longtemps, au grand dommage de la paix publîqtte qui n'est pas iflqmnémeat agitée, même par d^ manifestations innocentes, quand elles sont si fréquemmentrépétées.

Les masses les plus honnêtes renferment toujours quelques esprits mallaisants qui ne voient dans les trouMes que des oecarioBsfiMSasifesaUsfiâre leurs passions ou leurs intérêts.

La grave question des salaires' occupait l'autorité. Elle acquérait d'autant plus d'importance que les promenades patriotiques avaient» en fusant perdre aux ouvriers leur temps leur unique capital — diminué singulièrement leurs rasources.

Il se trouva de mauvais frères qui ne craignirent pas de compromettre cette cause sacrée des travailleurs par des menaces, par des violences même, exercées sur des patrons.

Il revint au Bourgeois que des fiibricants, dont on

citaii les noms, avaient été les victimes d^ailentatèasseï graves. On pariait d'une corde mise au col d'un maître filtier...»

D'un autre côté couraient des bruits de sédition populaire plus efiTrayants encore. L'ai de emur avait re^ paru. Pour le Bourgeois, nourri dans les traditions de sa classe, Tas de cœur arboré au banniquet d'une femme de la placette aux Oignons, devait , comme dans les anciens jours, devenir un signal de gu^re civile.

Toutes ces rumenrs, exagérées sans doute par les partis hostiles à la République, avaient mis le comble aux inquiétudes du Bourgeois.

Tai parlé des traditions de sa classe, de ses préjugés; il fiiut tout dire ; si l'on doit des égards aux vivants, on ne doit que la véntc aux morts. Le Bourgeois de Ulle, qui n'aimait pas la noblesse, était bi^ ausri un peu aristocrate ù l'endroit des classes inférieures. L'appellation de € citoyen > Toffusquait; et sa dignité d'ancien conseiller municipal soufflrait de la familiarité subite que témoignaient aux membres même derAdministratiottles hommes de la veille, trop pressés de faire passer dans les mœurs pratiques l'égalité écrite nouvellement sur les édifices puUies.

11 n'était pas au bout de ses enauis.

Déjà forUonent secoué par les événements, jeté jour-

nellemeiit en dehors de ses liabitudes de calme, froissé, humilié, traité comme un vaincu, ii avait pdne àse

Diyilizeo by GoOglc

jreudre eomple de ce qu'il voyait. Sa bontu', foi était i c&aque instant la dupe fies contradictions les plus cho^

quantes.

Un jour, au nom de la FratemU des peuples, on va i

l'extrême frontière de la Belgique planter Tarbre de la Liberté, et le lendemain on expulse violemment de Tourcoing les ouvriers belges, qui foisaieut concurrence aux Français.

S'il revient à XÉqaHU^ U se voit repoussé par les ré-* publicains de la veille.

Lui reste-t-il au moins la LibeHi? La suite nous l'apprendra.

En attendant, cet homme autrefois si fort, qui avait

traversé les derniers temps de la première République, l'Empire, la Restauration, la Révolution de Juillet, était tombé dans un profond découragement; il fallut pour Ten faire sortir un instant les élections à la Constituante.

Le Bourgeois de Lille sentit fermenter en lui le vieux levain flaminid. Il allait faire de l'opposition, et contre, les commissaires I Quelle double chance!

Cette perspective le ragaillardit un peu, mais le coup

était porté • et les émotions, compagnes du grand acte qu'il accomplissait, achevèrent de le tuer.

Il était du comité de J'Êc^ du Nord, son vieux journal dont la devise ; nirougcy m blanc^ convient si bienà soa patriotisme éclectique.

Un MÎT se raDdail A b réonion, il Ait rencontré

sur la Grande Place pai* des hommes qui iui iu tai subir !• traitMent le plw igoomiuieiuL — Fwm/leami de M. Kiigioe Sue ^ appliqué teia|>orairemeiit, — un renbneemant» ea m mot, pour parler sans fliyst^rM, et ap<* peler les choses par leur nom, un renfoucemeal jusqu'au cou....

Si ce renfoncement du chapeau, bien appliqué, dta au bourgeois l'usage des yeux, ii permît maUieureusenient à ses oreiUesd^enteodrerépithMede — blanc!, — plusieurs fois répétée, qui suivit la voie de lait.

Bkme t Le Bourgeois de Lille n^en entendit pas da« Yantage, il renti a chez lui \ ia fièvre le prit, puis le délire : le del seul et la garde, qui me donna cea derniers détails, savent ce que son imaginaùou eihuma de chimères municipales et révolutionnaires, jusqu'au moment oà il eipira sans reprendre connaissance.

Le Boui^geois de Lille est mort.

n est mort, sans avoir eu la joie de voir triompher au scrutin sa liste toute entière de candidats ;

U est mort, sans avoir vu refleurir Tordre à Tombre

de la conslitution ;

U est mort sans avoir vu fonctionner régulièrement la RépoMique qu'il eut fini par aimer.

il est mort ; mais il laisse un lils; charmaut garçon.

Km vertus municipales, héritage de son père, le fils du Bourgeois de Lille, trempé dans un iniiieu plus

Xécondyjoindra des idées plus laiges, des qualités plu» o^mplètes.

Déjà, nous l'avons vu en juin 1848, quitter^ généreux volontaire, les murs de sa dière cité pour aller à Pari» combattre Fanai ciiie*

n est sous-lieutenant dans la compagnie de la Garde

nationale de son quartier , et sociétaire du Cercle du Nord.

Nous ne renonçons pas à nous occuper un jour de lui.

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