‹ Le bourgeois gentilhomme (volume 2)Chapitre 153 sur 186 · Contre un amant qui plait, pourquoi tant de fierté · texte numérisé non relu

Contre un amant qui plait, pourquoi tant de fierté

Rac. Andromaque.

— « Quand j'entrai dans le monde, je ne laissai pas de trouver plus {fanions que je n'en désirois, toute sotte que j'étais alors sur ce que l'on appelle l'empire de la beauté. Quand je dis des amans, j'entends celte foule de gens désœuvrés qui disent qu'ils aiment, plus par habitude que par sentiment; qu'on écoute parce qu'il le faut, et qui parviennent plus aisément à nous faire croire que nous sommes aimables qu'à se le faire trouver eux-mêmes. Ils amusèrent longtemps ma vanité et ne m'en rendirent pas plus sensible. » Ckémllo:s fils. LeSopha, cb. XYI1I.

Ambassadrice, messagère :

— « Ah! vous voilà... Je suis une ambassadrice de joye. »

Bourg, tjent. p. 94.

Auger trouve l'expression trop solennelle pour Nicole, qui prononce biaux, etc. — Le mot était cependant du langage familier, et Richelel, dans sa lr0 édition (1G80) a bien soin de le faire précéder d'une croix, qui « veut dire que le mot... n'a proprement son usage que dans le style simple, dans le comique, le burlesque ou le satirique ».

De même, dans Les Néopolitaines, Coméd. de Fr. d'Amboise (1584), Maître Gaster, « extrauagant escornifleur », dit :

— ce ... Et m'appellent d'un nom qu'ils estiment vil et desbonneste : c'est un faiseur de messaiges, un ambassadeur d'amour, un poisson d'avril: et par là ils me mesprisent. » Ane. th. franc., VIII, 259.

Quant au mot ambassadrice, Wicquefort prétend que « la Maréchale de Guebriant est la première et peut-être la seule femme qui ait eu cette qualité de son chef. » (Dictionnaire de Trévoux.)

Appuyer, Boulonir:

— a il faut lâcher... A'opuyer tonte sa mascarade. »

Bourg, gent. p. 161 .

De mi

— a Mon cœur, pour sa défense, a tout votre mérite, appuyé du secours d'une rei i où... • Moi. L'Avare, I., i.

Armé :

— « Un vin :ï sève veloutée, armé d'un ven qui n'esl point trop commandant. Bourg, gent, p. 133.

Expression prêtée par Molière à un gourmet, el dont on ne cite aucun autre exemple. Le vin dont il s'agit esl celui dont parle Despréaux :

■Ji. Villandry priseroit sa sève et sa verdeur. — Dkspk. Sat. III.

On dii de même au fig., avec un complément : 1" d'ordpe matériel : « une grille armée de pointes de fer » ; — 2* d'ordre moi'al: « armé de courage, d'audace », etc.

Arrêter, retenir, engager:

— « J'ai arresté encore un maistre de philosophie . » - Bourg, gent. p. 13.

M. Jourdain parle d'arrêter un maître de philosophie comme il aurait dit arrêter un valat, ou arrêter un logis, en donnant des arrhes: un homme de Cour ne se serait pas exprimé ainsi.

— « Avez-vous arrêté un logis ? Mol. Pourceaugn. I. ni.

— « Léandke à Masearille.

« Si lu veux me serra-, Je J'arrête avec moi ». —Mol. L'Ét. II, vu.

Cotgrave (1611, 1634, 1650, 1600), et Monet (1620 et 1036), donnent dans le même sens arrer, qui rappelle mieux arrhes ou arres. — Balzac, Lcttr. du 18 Juillet 1050 à Conrart, emploie errer : « j'ai erré un copiste que je dois avoir bientôt. »

Chapelain préfère arrer:

— « Les marbres qu'il a arrés sont encore à vendre. »

Chip. Leltr. au duc de Longuer., 14 sept. 1659.

ïlo -

Ârrouser, arroser :

— « Il dit que la pluye des prosperitez amuse en tout temps le jardin «le vostre famille. » Bout g. gcnt. p. 166.

De même :

... Doucement, notre épouse, Bit le bonhomme ; or sus, Monsieur, sortez! Cà, que Je ràelc un peu de tous côtés Votre cuvier, el puis que je Tarrouse.

La Fo.nt. Contes, IV, xm.

Ici, la rime epouse-arrouse indique assez la prononciation du mot. — Nous constaterons cependant que tous les dicl. de rimes, depuis celui d'Odel de.Lanoue en 1596, séparent arroser qui rime avec gloser, exposer, de épouser, qui rime avec ventouser ; mais ils font rimer indifféremment arrose-couperose et arrouse-épouse. — Celui de 1648 comprend arrouse parmi les rimes eu ouze, comme jalouse, épouse ; — avec celte remarque toutefois, c'est que « on écrit arrose ».

Donc, la prononciation était fort indécise, et c'est un fait dont témoignent Vc.ugelas, (voy. édit. Chassang, i, 352; u, 24), — Ménage (voy. Ohserv., T. 1, p. 156), et Frémont d'Ablancourt, dans le Dial. des lettres joint à la Irad. de Lucien composée par son oncle Perrot d'Ablancourl. — Voy. aussi VHist. de la prononciation de la langue française, par Thurot, T. i.

Comme aujourd'hui encore entre Angers et Saumur, on donnait presque partout à Yo le son ou : Bourdeaux Toulouse (Tolose), houme, poume, tloume, fouyer (foyer), Poulogne. Si on voulait que l'o conservât le son au, on le faisait suivre d'une barre i simple, qu'on a prise ensuite pour un /, ou d'une barredouble ir, qu'on a prise plus tard pourunen,quandlc motif de celte addition fut perdu de vue : oignon, poignet, moignon, Poulongne, besoigne ou besongne, etc. — C'est ce que prouve l'examen des Dict. de rimes, qui confondent les rimes en oigne et les rimes enongne: c'est ce que prouve aussi l'examen d'un grand nombre de lettres ou autres pièces de cette époque, écrites sans souci de l'orthographe, avec la seule prononciation pour guide.

Article; - 1" article <l>:iini : le, la, le

— « Toutes les personnes de qualité les portent de la sorte.*

— « M r Jourdain t rai on de parler de la sorte. n — Ibid.

— a Parler de la sorte b un mamamouchi I » Ibid, p, 1SÉ

I ii môme :

l < ►< ». ; . Et que le prompt avis d'un amour de la sorte. — Mol., Tari. i".-'. Dietu ' verron nous toujours des malheurs de la sorte! »

( luit > ., Horace.

j Article indéfini: un, une, des:

a.) Supprimé.

— « Ce sont façons déparier. »— Bourg, g<nt.,\>. 150.

De m

.'. Je trahirois mon cœur de parler d'autre sorte. — Mol., 'l'art. 168. Ce '/«'■ ;V rfw, ma fille, n'est point jeu. Id. //</</.

[311. J'ai tendressi pour toi, j'ai passion pour elle. — Coati. Nicom,

b.) Construit avec un superlatif, pour le, la, les :

— « Je suis dans une confusion la plus grande du mond

Bourg, gent., p. 89.

— « Georges Daiulin, vous faite's une sottise la plus grande du monde.|

Moi.., G. Dundin.

Assemblage, 1° groupe, troupe :

— « I. 'ouverture se fait par un grand assemblage d'instrumens. »

Bourg, gent., p. 1.

De même :

1° — a Après tant de nations différentes que les Muses oni fuit paroître dans (des) assemblages divers... » (Argument di la 1-i* entrée du Ballet des Muses. — (Coll. des Gr. Ecr. — Mol., vi, 294.)

1093. Et de plus nobles chefs je fuis un assemblage.

Mol., Amphit.

2°. — Union, mariage :

— « Que vouloz-vous faire avec cet assemblage! »

Bourg, geut. p. 169.

De même :

— « C'est un étrange assemblage qu'on a fait d'une personne comme vous mgélique) avec un homme comme lui (G. Dandin). »

Mol. G. Dar.d. III, v.

— « Ne voulez-vous pas que je me réjouisse avec vous d'un si bel ysemblage ? — Avec moi, tant qu'il vous plaira; mais avec ma femme, ève de sarimonie. » Mot. Méd. m. lui, II, n.

1705. C'était un grand guerrier, mais dont le sang ni l'âge Ne pourraient avec vous faire un digne assemblage.

Cor:s. Sertor.

Assorti, sans complément, et avec un singulier :

— « Voilà le plus bel habit de la Cour, et le mieux assorty. »

Bourg, gent. p. 52.

On trouve fréquemment assorti employé avec un complètent :

— o Assortir les dehors aux conditions. » La Dkly. Ou avec un pluriel :

--• a II faut des époux assortis. »

Mais assorti, seul, au singulier, est très rare :

C'est un point trop mal assorte :

Les gens vieulx ont tout emporté.

'Farce morale des gens nouv. Ane. th. fr. III, p. 236.)

— « Il sait que tout lui sied bien et que sa parure est assortie. »

La Bruy. Chap.du mérite personnel, § 40, Éd. d'Hugues, I, p. 71.

Attirail, attirail de gens:

— « Je ne sçaurois plus voir mon ménage propre, avec tout cet attirail e gens. » Bourg, gent. p, 64.

Molière emploie ici, par mépris, en l'appliquant aux personnes, n mot qu'on ne trouve jamais employé qu'avec des noms de hoses. Aucun dictionnaire ancien ou moderne, aucun lexique articulier n'en fournit d'exemples.

Bagatelles :

— « Entens-moy. — Bagatelles i — Un moment. — l'oint du tout.

B« : /. ; . lus.

Nous rectifions el complétons ici ce que nous avons «lit < 1 a notre Lexique du Tartuffe.

Le mot bagatelle paraît pour la première fois dans le Iti

•;i\i ..-ii liill. On no le retrouve plus que dans! Moi de 1636; mais il ne figure pas même dans le Dict. fr.-ital. 1634, bien que le Dict. ital.-t'r. de la même date semble Vi peler pour traduire les mots bagatelle, bagatellicre, maest <li hagatclle, qu'il admet, en les reniant par tromperies, tou </e passc-passc, — bateleur, — joueur de j'isse-passe. Le n: franc., tiré de l'ilal., ne vient donc pas de hague, comme l'a dit.

Lope de Vega constate celte origine ital. dans les vers -uivint

,-. l'nu donde me llevan mineras

Que en I/uliit se llaman bagatelas

Ingiriendo novelas

En tan funestes casos,

Vas dignos de Marinosy de Tasos

Que de Helicona son solos y soles,

Que de mis versos rudos espanoles t

(La Gatomachia, poema burlesco, silva VI. — Tesoro I Parnaso Espauol, III. p. lij.

Dans les Lcttv. choisies de MM. de l'Acad. fr. publiées p Perrault, on trouve (3° édit. 1725, pp. 314-318) une lettre anonyï « sur la bagatelle »:

— « Voyons, examinons un peu ce que c'est : la bagalel dira quelqu'un, c'est le contraire du sérieux. »

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