Et j'ai traité cela de pure bag-atelle. Mol. Tari
Bailler, donner :
— « Je le bailteraysmcle nez, si tu ris davantage. »
Bourg, gent. p. b9.
De même :
— « Je te baillerai) de ce raisonnement-ci par les oreilles.
Mol. L'Av. I, m.
Dans le sens figure' où Molière emploie ce mol, avec « de ce ùsonnement-ci », on s'en est servi longtemps, avant et après li; mois dans le sens propre de donner à bail, ou, simplement faner, il n'était déjà plus en usage au temps de Vaugelas, )nt les Remarques ont paru en 1(347 : « Ce verbe bailler a eilly, et l'on ne s'en sert plus ene'crivant, que fort rarement. n dit toujours donner, au lieu de bailler, si ce n'est en cernas endroits, comme quand on dit, bailler à ferme, ou bien rs que l'on a esté contraint de se servir souvent de donnev, et le l'on est encore obligé de le repeter. »
L'Académie, dans ses Observ. sur Vaugelas, 1704, condamne isolument l'emploi de bailler ; « On ne se sert plus du tout en privant du verbe bailler pour dire donner, et quand même 1 auroit employé beaucoup de fois ce verbe donner, si on i faisoit scrupule de le répéter encore, il faudroit chercher une ître expression... Vous me la baillez belle, que l'on dit Lcore, est une manière de parler proverbiale. » — Richelet et iretière sont d'accord avec Vaugelas et l'Académie. Malherbe et Corneille se sont encore fréquemment servis du ot bailler, que l'on ne retrouve plus après eux :
Ï9. Esprits malavisés, qui blâmez un échange Où se prend et se baille un ange pour un ange.
M.\liierbe. Récit d'un Berger, dans le Ballet de Madame.
Corneille, dans son édit. de 1660, a tenu compte plusieurs is des Rem. de Vaugelas, — (Voy. notre lexiq. de L'Avare, Avant que de...) cependant il a laissé bailler partout où il vait mis d'abord, excepté dans une notule du Clitandre : — « Lycaste en leur baillant chacun un masque. ». — 1660 : présentant.
suivanl :