Me croyez-vous bastaut de nuire à votre feu
Corn. Itlus. corn.
Corneille a employé trois fois ce mot, mais il l'a supprimé dans Mélite et dans La Gai. du Pal. dès 1644, et dans L'Ill. Cum. en 1660. — Voy. Corn. Lexiq. de la Coll. des Gr. Ecr.
Renard n'en prit qu'une so»»«e bastante Pour regagner son loyis promptement .
La Font. Oraison de Saint Julien.
— « Si je n'avois que ceste fascherie, bastel
Guill. Boiciiet. Serées, Édit. Lemerre, I, 8ô.
Ilelitre ou Belists-e, mendiant, gueux, maraud, coquin :
— « Allez, belistre île pédant! » Bourg, gent. p. 3i.
Belitre ou belistre, belitresse, bclitrer, paraissent déjà dans Palsgrave, 1530, avec le sens de mendiant, mendiante, mendier; On le retrouve dans Rob.Estienne en 1539, avec la même signification : mendiais. En 1611, Colgrave donne le même sens et comprend dans la même famille bélistreau, jeune mendiant, et bélistraille, et bélistrerie. De mendiant à gueux, de gueux à maraud, de maraud à coquin, la distance est vite franchie. — Mais constatons que d'abord le mot ne se prenait pas en mauvaise part.
Un poème du 16° siècle, La Fontaine d'amour, 157:2, parle
De imites manières de moines...
Prestres et clercs chantons l'epistre,
Et les quatre ordres de belislres.
C'est-à-dire les quatre ordres mendiants. — A Pontoise, dit le Dict. de Noël et Carpentier, on appelait bélistres les confrères pèlerins de la confrérie de St. Jacques, sans attacher à ce mot le sens injurieux qu'il a pris et qu'il conserve.
Biala
— « Vous avez pris le bon biais pour toucher son cœur. »
Bourg, gent. p. '.hj.
I le m
1600. Et vous deviez chercher linéique biais plus doux.
Molière. Tartut .
1066. J'ai donc cherche longtemps un biaiE r.
Molière. / 1 mmet avanies.
Lli.-ii*., signifiait aussi aspect, point de vue.
-.'il. Je ne sais quel biais ils ont imaginé. Racine. Ploideui .
— « Le singe... nous ressemble par tant de bit
Cyr. df. Beog., I Soleil.
— « La sottise des hommes est si grande qu'ils prennent tout d'un autre biais qu'il ne faut. » Suiiel. Francion, liv. vi.
Biau, Biaux, beau, beaux; carriaux, carreaux
« ... les planchers nue vos biaux maistres viennent crolter. »
Ibid.f. 64.
a ... déraciner tous les carriaux de nustre salle?
« OUy, cela est biau. » Bourg, yeiil. p. Tu.
Nicole, comme Martine des Fera, sav., reste Odèle à son parrysan. — Biau pour beau était et est encore du patois des environs de Paris; L7, dans les patois du centre, remplaçait e devant au, i, u, etc., et 1 après les labiales b. p, f, etc. En Anjou, en Normandie, en Saintonge, dans le Morvan, etc, on dit encore bianc, Lieu, fianc, piume, piaule, etc., pour blanc, bleu, flanc, plume, plante, etc.; et ce fait est d'autant plus remarquable que cette mutation produit une similitude entre ces mots et les mots italiens correspondants : pianta, piuma, (ianco, etc. — Cf. H. Estienne, Langage fr. italianisé, edit. Li-eux, II, 249; — de Chambure, Gloss. du Morvan; — Ch. Nisard, Etude sur le lang. popul. des cnv. de Paris.
Bourle, tromperie, moquerie, bourde :
— « Je prétens faire entrer (certaine mascarade) dans une Imurlc que je veux faire à nostre ridicule. » Bourg, ycnl. p. 123.
Molière a pris ici le mot italien hurla, au lieu du mot bourde qu'on Irouve de tout temps dans notre langue avec le même sens. On cite quelques autres exemples de bourle, l'un dans Froissart ■Littré), l'autre dans Saint-Simon (Coll. des Gr. Écr.]. Le duc l'Orléans — dit Saint-Simon, ann. 1722, — « se plaisoit asse souvent ... à placer quelques bourles, pour m'impalienler et s'e'clater de rire de la colère où cela me mettoil. »
Brouillamini, confusion, embrouillement:
— <i II y a trop de tintamare là-dedans, trop de hrouillaminy. »
Bourg, yent. p. 40.
Le premier dict. où nous trouvions ce mot est le Dict. des Rimes de 1648 : brouillamini, désordre. — Scarron l'emploie en 1651 :
— Beatius. Et moi/, je vay conter à madame Lucie
Tout ce brouillaminis. — Ouij, cela me soucie.
Jodelet duelliste, V, vi.
Les dictionnaires de Duez et de Ces. Oudin (16(30) le recueillent comme une corruption de « bolarmcnio », bol d'Arménie, sous la forme brouillaminis. Comme Scarron, Richelct, en 1680, donne « brouillamini, mof burlesque, pour marquer quelque chose d'obscur et d'embarrassé. » En 1688, Furetiëre ne donne à ce mot d'autre sens que « terre rouge et visqueuse, naturellement sèche, avec peu d'odeur et de saveur. Quelques-uns la confondent avec le bol d'Arménie et disent que ce mot s'est fait par torruption de bolli armenici. Les médecins s'en servent souvent Les peintres s'en servent aussi. » En 1694, l'Académie (Ie édit.), définit « brouillamini, drogue où il entre de plusieurs sortes de choses en confusion. On dit fig. « C'est un brouillamini c/ue cette affaire, pour dire que c'est uneaffaire où on n'entend rien. » — La même année, Th. Corneille, dans son Dict. des Se. et
des Arts, reprend l'explication de Furetière en y ajoutant te sens figuré. — Nous pensons que brouillamini a été fait simplement de brouiller, avec cette terminaison en mini qu'on retrouve dans catimini; le sens primitif serait celui que nous trouvons dans Scarron et dans Molière ; le mol aurait été ensuite appliqué par les peintres e\ les apothicaires aune substance composée pour leur osa
Cadeau :
— » Je l'ay fait consentir enfin au cadeau que vous luy voulez donner.»
Bourg, cent. p. 88.
— «... Le cadeau que vous luy préparez. » Ibid. p. 91.
On no trouve le mot. ni dans Palsgrave, ni dans M. Godofroy, bien que M. Liltré l'ait noté dis le xvi» siècle. Dans son sens primitif, un cadeau est un trait de plume servant d'ornement; une lettre cadelée est une lettre ornée de trait- de plume. M. Prudhomme, dans son Essai instructif de l'art d'escriture. in-S, 16o9, prescrit ceci (Maxime, X'X\'ll,p. 162 :
— « Toutes lettres capitales, cadeaux ou traits volants (que l'on appelle) seront faits le bras et la main en l'air, en leur donnant une vive chasse. »
Aucun dict., avant le Dict. fr. ital. imprimé en 1677 au château de Duillier, en Suisse, et celui de Richelet, 1680, ne donne un autre sens. Cependant, dès 1650, Ménage [Origines, p. 164 dit déjà : « Par métaphore, nous disons faire des cadeaux, pour dire faire des choses spécieuses, mais inutiles. » — De là le sens do fête, partie de campagne. — L'emploi du mot, si fréquent dans Molière, fut de courte durée.
— « Cadeaux se dit aussi des repas que l'on donne hors dédiez soi, deçà et delà et particulièrement à la campagne. Les
femmes coquettes ruinent leurs galants à force de leur faire faire des cadeaux. — En ce sens il vieillit.» (Furetièbe. Dict. 1688.)
— « Il rencontre un page d'une dame de qualité à qui on donnoil cadeau dans une belle maison proche de ce bois... Son nouveau camarade le mena voir le superbe festin qu'on avoit appresté pour la dame. » (Furetière, Rom. bourg., 16GG. — (£?/blioth. Elzêr.)
Le mûri, dans ces cadeaux, Est toujours celui qui paye.
Mol. Éc. des F., III, ir, (xe mas,) — 1662.
— Dans le sens de fêle, sans repas :
« Elles y ont reçu des cadeaux merveilleux de musique et de danse. »
Mol. Am. magn. I, i. — 1671.
Dans Les Amours de Trapolin, 1662, Dorimond personnifie les sieurs Bal et Cadeau à l'aide d'un mauvais jeu de mol :
Les jaloux eussent-ils l'exactitude entière,
Les sieurs Basle el Cadot viennent rompre en visière.
(Se. III.)
Camisole :
— « Deux autres (garçons tailleurs) arrachent la camisole. »
Bourg, gent. p. j".
De même :
— « Sa Majesté, après le déjeuner, ôte sa robe de chambre, et le maître de la garde-robe lui tire la camisole de nuit par la manche droite et le premier valet de garde-robe par la manche gauche ; puis il remet cette camisole entre les mains d'un des officiers de la garde-robe.»
État de la Fr. pour 1693, I, pp. 26;;, -266.
— « Camisole, dit Furetière, petit vêtement qu'on met la nuit ou pendant !e jour. »
Barbier d'Aucour dans ses Sentiments de Cléante sur les Entrct. d'Ariste et d'Eugène, par le B. Bouhours, décrit ainsi la gravure qui précède la lro éd. de l'ouvrage du savant jésuite :
: oleil qui l<
: • ,i Eug m qui ■ tiapi au, s m — »uli< i -, an
chau ses, ol qui n'ont pour tout habit qu'une façon decamisoL qui à peine va jusqu'aux genoux. • 1671, p. 24
Voy., 'H., notre Préc. rid c, p. 101.
(union, intcrj. :
— « Çamon »rayment! Il y a fort à gagner à fréquenter vos nobles.
/. . gent. \< ~i.
Di m
— u Çamon, ma foi ! J'en suis d'avis. » Mol. .)/«/. imag., I, n.
Ce petit mol a fait verser des flots d'encre. Les plus ai nés explications que nous en trouvions sonte Dubois
(Sylvius . en 1531, et deJoach. Périon, en 1554:
— « Ch'esi moût, dans une réponse affirmative, vient de « hoc es luultuin », cela est beaucoup, mont pour moult. »
(.Tac. silvii. Gramm. lai. gall., 1531, p. 1 il. —Cf. notn vol. intitulé : l.n Gramm. franc, et 1rs Grammairiens du XVI' siècle, "$■ \~.
— « Parmi les ad v. propres d'interrogation, il en est plusieurs
dont l'origine est inconnue à moi, et, je pense à bien d'autres. E d'abord, mon que nous employons ainsi: à scavoer ou scavoéi mon, si, pour utrum, quand nous interrogeons. C'est, dis-je, ur adyerbe grec, écrit exactement avec les mêmes lettres; car [uj avec w et l'accent circonflexe, signifie utrum.
>. En dehors de l'interrogation, en affirmant quelque chose, qut nous soyons interrogés ou non,nous disons un autre mon, qu vient du mot grec (xèv, pour à la vérité, certes, en changeante en o. Par exemple, c'est mon, lorsqu'on affirme : il est venu, Ici il doit être écrit par s, s'est mon, avec l'apostrophe, par C( qu'il signifie : sic est, ainsi est... » (Joacii. Perionii, Dialogorum de ling. gall. origine libri IV, Paris, 1554 ; p. 14G a, b.
Mais on trouve mon avec tout autre verbe que être :
— Par saint Jehan, ce ne me ferai/ mon.
Farce de l'obstination des Femmes, Ane. th. fr. I, 29.)
— Laisse in acheter mon sermon,
— Par ma /oy, si Je fera;/ mon, Car tu ne dis chose qui vaille.
(Sermon Joyeux de bien boire, Ibid., II. 19.)
— « Un gentilhomme assembla les advocats, leur proposant un doubte, tpoir mon *i. . . ou si. . .»
Guill. BouciiET. Serées, Éd. Lemerre. iv, p. 198.
lais voici d ss exemples où ce a mon, c'est mon, préparent
forme çamon.
la reine de Navarre, parlant d'un prêcheur, dit
Si l'on il i soif en oycmt un sermon,
II a bien dit ; Je répondrais : ce a mon.