‹ Le bourgeois gentilhomme (volume 2)Chapitre 168 sur 186 · C-à-d. « Il ne nous manquait plus que cela · texte numérisé non relu

C-à-d. « Il ne nous manquait plus que cela

— « On dit proverbialement de ceux qui arrivent en une compagnie et qu'on n'attendoit pas : a Voici le reste de notre es eu. » (Fur. Dict.)

— Stjil —

— « La Rancune entra dans l'hôtellerie un peu plus que demi-ii > Li servante .. 'lit ^ l'botesso qu'on lui dressât un lit. — Voici ir n te ià notre n n, iiit 1 ii ite se — S( tut. limn. com. eb. vi.

s lision «l«- l'e : Grand' maman, grand'dame, etc. — Grand.

Embéguiné : coiffé, i n

— a Vous avez bien opéré uvccre beau monsieur le comte, dont vous vous estes embéguiné. »

Bourg, gent. p. "ri.

— « Est-il possible que vous serez toujours embéguiné de vos apothicaires et de vos médecins ?»

Mm. Mal. imaij. III, m.

— • Je l'avois avertie de ne se point laisser embéguiner par ces fadaises-là. »

Sorel. Francion, II.

— Dans le sens propre : <t L'alembic qui couvroit sa teste embéguinêe le faisoit parestre un grotesque de peintre.»

Sorel. Polyandre, 1048. II, 152.

Le béguin était-il un bonnet qui tirait son nom de la coiffure des béguines, religieuses libres, fondées par Begga, sœur de s" Gerlrude, ou qui leur avait donné son nom? Le mot bêguyne, fém. se trouve dans Palsgrave, et béguin, masc, dans tous nos Dirt. depuis Rob. Estienne, 1539; avec le sens de « bonnet d'enfant ». En gascon, begui a été employé par Goudouli. — A-t-il emprunté ou donné le mot à la langue française?

De béguin vient embéguiner, qui s'employa d'abord au propre, dans le sens de coiffer d'un bonnet d'enfant, puis au figuré dans le sens de « persuader avec cajollerie, qui se dit maintenant de toute sorte de gens, mais qui, au commencement, ne s'enlendoit que des filles qui se laissoient porter à prendre le béguin, c.-à-d. à se faire religieuses. » — Caseneuve. Dict. étym. de Ménage (complété).

Eu enbas, en enhaut, en bas, en haut:

« — Vous avez mis les (leurs en enbas. — Vous ne m'aviez pas dit que vous les vouliez en enkaut. »

Bourg, gent. p. 52.

Bien qu'on trouve parfois enbas et même emhas et enhaut en un seul mot, nous pensons qu'il y a ici, dans la répétition de en, soit une faute d'impression, soit une façon bourgeoise de parler dont Molière aura voulu se moquer.

Encloueure :

— «70n a deviné Yencloueure. »

Bourg, gent. p. 103.

L'enclouenre esl l'effet produit par un clou, soit sur un canon encloué, soit sur le pied d'un cheval mal ferré. Quel est celui de -s clous du fer qui blesse? C'est ce qu'il faut deviner. De là l'expression figurée.

De même :

— Et von* savez fort bien où lug tient l'enclouure.

Th.Corh. D. Bcrlr. de Cigarral,V. x.

— Voilà donc l'enclouure et le mot péremptoire.

Kegkard. La Coq. II, vu.

- // n'est plus question.

Que de gagner son frère, et c'est là fenclouure.

Destouche s. L'Homme singulier, III, m

Enharnacher, harnacher, équiper :

— « Vous moquez-vous du monde, de vous estre fait enharnacher de la sorte ? »

Bourg, gent. p. 63.

De même :

— Car en chasseur fameux j'étois enliarnaché.

Mol. Princ. d'Él. I, n.

— On disait de même engarder, où nous disons garder.

Enjol«'r, autn Uer, c'esl faire ce qu< fonl lesoi

, qui attirenl les auti es par l ur chant :

i mu,', les caresses qu il vous fail ae sont que p

Enjoleux : enjôleur. — Prononciation .

— » Mm,- Jourdain. C'esl un vray enjôleui. »

/. gent . ^1

En 1675, dans ses Rem. nouv. sur la lang. l'r., le 1'. I!ouhours pose la question: « Comment faut-il prononcer la dernière -, llab 'l 3 noms terminés en '•'//•, » et donne trois à ce sujet : — I. eur fail sonner l'r dans les mots dérn lit. en or: ohator, orateur; — II. L'r sonm; aussi dans les mots qui n'onl pas de f m., ou n'ont pas h i cuse,

comme: empereur, veneur; — III. » Quand les noms ■ uni un fém. en euse, comme menteur, menteuse, faiseur, faiseuse, etc., on prononce eur quelquefois ferme, et quelquefois mollement, comme s'il y avoit eux: c'est mon procureur, c'es1; mon procureux; un menteur, un menteux. On prononce eux d'ordinaire en deux rencontres: I. Quand il suit quelque chose après 1- mut : le procureux du Roy, le procureux général; un grand /aiseux de madrigaux, un diseux de rien; — II. Quand on parle simplement, sans emphase et sans émotion, et l'on dit : vous êtes un petit menteux, c'est un flatteux. Au contraire, quand on le prend sur le haut, ton, qu'on parle avec empli qu'on s'échaull'e en parlant, on prononce eur : vous êtes un menteur, c'est un beau parieur. »

Ménage, toujours aux aguets pour surprendre en défaut le P. Bouhours, fait remarquer que, si l'on dit procureux du Roy, où procureux est suivi d'une consonne, on dit procureur en parlement, parce que le mot est suivi d'une voyelle: et, après avoir tiré une règle de cet exemple, il ajoute : « Il n'est point vray non plus qu'on prononce menteux et flalteux lorsque ces mots finissent la période, comme aux exemples allégués parle P. Bouhours: vous estes un petit menteux, c'est un flalteux; il n'y a que les païsans à prononcer de la sorte : il faut dire menteur, flatteur... Mais il est vray qu'on prononce toujours rieux, et

jamais rieur, quand même le mot qui suit commence par une voyelle : il fait le rleux et le plaisant. ■

Bouhoui'S dit oui ; Ménage dit non. Auquel croire ?

En 1711, dans 1rs ;< Règles de la prononciation pour la langue franc. ». B., c.-à-d. Billecocq, donne une règle plus générale, et semble être plutôt de l'avis du P. Bouhours que de Ménage :

— « Il y a, dit-il, beaucoup de noms terminez en cur où Yr se change en x muette,... car on dit: laboureux, solliciteux, mlaideux, porteux, crieux, tailleux de pierre, crocheteux, ramoneux, ratisscux, procurcux, qucrelleux. » (P. 250-251.)

Enjouement:

— « Veux-tu de ces enjoûments épanouis ?...»— Bourg, gent. p. 102.

— « Quelques romans célèbres ayans esté mis au jour, ont beaucoup contribué à nous donner un nouveau langage... 11 y a quantité de mots dans le Cyrus et la Clélie, qui, selon l'opinion de plusieurs prrands liseurs, n'avuient point encore esté veus dans des livres imprimez. Il n'y a que les mots <T 'enjouement et d'enjoué qui ont déjà esté attribuez à Montaigne. » — Sorel, Conn. des lit)., 1671, p. 361.

83 i. Ma sœur, je vous admire et ne saurais comprendre. Votre inépuisable enjouement.

Corn. Agcsilas.

Si enjouement a paru tard dans la langue, enjoué se trouve dans tous les Dict. depuis Rob. Est. 17)49, mais non en 15J0.

Ennoblir:

— « La cérémonie Turque pour ennoblir le Bourgeois, se fait en dance et en musique. » — Bounj. gent. p. i:;i.

On a toujours dit anoblir ou ennoblir indifféremment, qu'il s'agît de conférer la noblesse ou de rendre illustre ; les deux formes avaient la même prononciation : « l'e se prononce comme un a. et la première n ne se prononce point dans ces mots :

ennoblir, hennir, car on dit anoblir, hanir. ■ Bn lecoi Q,Règlç8 de la pronone. fr. 1711, p. 7:. i Quant a la puérile difféi du sens, elle remonte i l'ann •■ 1673,

Cette année, l'Acâd. fr ayant eu l'intention de publiai

Observations touchant l'orthographe, les cahiers rédigés par

y furenl soumis ■ < plusieurs académiciens, qui y joigni-

n i.i leurs remarques. M. Mari; - a publié ces textes

! 'ariSj i laj . suf-

vaul :

i i marge d'un passage où l'on examine quelles insonnes qu'il

faut doubler, Bos uei écrit : .-. Annobtir ou anoblir, ou bien est-ce

ennoblir, comme quelques-uns l'écrivent, mal à mon avis, el contre l'anal logie. d P. \\ .

« Au-dessous, Pellisson ajoute : « Bon pour toute la remarque. » ... On trouve un peu plus loin, dans le texte de Mézerar, la règle suivante: •■ Genci riant, quand il y a un a ou un e devanl Vn, elle est

simple; exceptez... ennuy, ennoblir [illustrer). » (P. xxi).

Voici les notes que la dernière partie de cette remarque a provoquées :

« Ennoblir. J'en doute (Tallemant). — Je doute {['ennoblir [Segiuis . — On escrit annoblir. Il a esté décidé dans la Compagnie qu'anoblir est rendre noble, et ennoblir rendre illustre (Doujat). — Je doute un peu d'ennoblir, mais je me rends à l'autorité de la Compaignie si elle le décide (Bosslet). —J'appelle <td majus conciiium sur la distinction prétendue A'anoblir et ennoblir. Je croy le dernier mauvais. (Pellisson). »

« Par malheur, ajoute M. Marty-Laveaux, Pellisson ne donna pas suite à cet appel, ou bien il ne fut pas accueilli favorablement, car la dernière édition dc^ Remarques maintient cette distinction, à coup sûr fort arbitraire et très peu fondée.»

*;<isaipaj*e s 1° coslume ; — 2° train, suite :

1» — « Qu'est-ce que c'est donc, mon mary, que cet équipagfclà ? »

Bourg, gent. p. <j >.

Équipayc est pris ici, comme souvent, dans le sens du mol toul moderne de costume. D'où la définition de Michèle t: s Tout le meuble d'un parliculier, état, habit. »

De mûmc

113j.— Voici Monsieur Dubois plaisamment figuré.

— Que veut cet équipage ? Moi.. Misanthr.

— « Je vis passer par la rue mon jeune badaut de conseiller; mais en quel équipage, pensez-vous? en équipage de seigneur. 11 avoit un manteau de couleur d'amarante de velours doublé de panne », etc.

Sorel. Franc-ion, liv. IV.

— « Il vouloit s'excuser sur ce qu'il n'estoit point en équipage (en costume) de bal. » S.iuf.l. Polyandre, I, 175.

— « En cet estât, je ne sors pas de ma chambre, où je suis toujours en déshabillé, coëffé d'un bonnet de nuit... Dans cet équipage, je lis, j'écris, je calcule. » Le Pays. Amitiés, Ain. et Amourettes; Icttr. xxxv.

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