Comme si notre Rome eût fait toutes vos craintes
Corn. Hor.
3° Faire : faire des vœux, etc. :
— « Apres tant de services ardans, de soupirs, et de vœux que fay faits à ses charmes. » Bourg, gent. p. 97.
— « Ce nom ne fuit aucun scrupule à prendre. »
lbid. 117, III, xir.
Evidemment, le verbe faire s'applique surtout à vœux; on fait des vœux; on ne fait pas des services. Le dernier mot a fait passer les deux autres.
On doit dire cependant que faire était souvent incorporé, en quelque sorte, à certains mots avec lesquels" il formait des locutions que nous n'emploierions plus maintenant. Ainsi, dans Corneille : faire conscience, déférence, dépit, habitude, mépris, obéissance, occasion, outrage, scandale, tête, vanité, vertu, etc.. — dans Racine : faire compte, conscience, épreuve, foi, rage, réponse, vanité, etc.
V' / il toul autre verbe pr c dent :
— « J roudn ... 'i l'il te connust mieux qu'il ne / 1
lonnons. » gent. p. '■'<.
■ Vou devriez Vaprendre, comme vous faitet la
— « Mettes cet habit & Monsieur, de la manière qui' vous /«//*•* ;i"\ pem Bonnes de «j ialité. >> .. ...
i >.■ mi m
— ./.• risque y»/« du lien. Mol. Sgan.,wu.
— « Un air doucereux... !>•» attire ainsi que le miel fait les mouches. »
lu. (.. Dand., II. iv.
be, Corneille, Racine, Bossuet, dans tous grands écrivains du xvne siècle, on trouve ainsi faire rem] tout autreverbe dont on veut éviter la répétition. — Voy. les Lexiq, iux. — Vot. aussi, dans cette coll., a iq. 'lu
Tartuffe.
Fantaisies^ imaginations, lubie-, etc. :
— « Quelles fantaisies sont les vostres, de vous aller mettre en teste que vostre Mm dépéri e son bien. » Bourg. \ent. p. 138.
I le même, avec le sing. :
389. Vous aima l'entretien de mire fantaisie. Corn. Gai. du Pal.
— « Défiez-vous... d'une certaine fantaisie qui vous porte.. . à satisfaire votre propre volonté » Mac. Letlr. à J.-lî. Rac, 26janv. IG98.
Faribole :
— « vous devriez envoyer promener tous ces gens-là avec leurs fariboles. »
Bourg, gent. p. 7i.
— « Il est homme... à donner aisément dans touti^ les fariboles qu'on s'avisera de luy dire. » IHd. p. 1-23.
Faribole se trouve pour la première fois dans le Dict. de
ave, HU1; il est traduit par trille, qui lui-même es! rendu
(1634) par « fatras, triquenisques, babioles, Iricdondaincs, nige-
ries, agobilles, babioles, vétilles, baguenaudes, béatilles. « — Cf. Dict. fr.-ilam. de 1618, 1643 ; — Dict. des rimes, 1648, ele
On le trouve dans Rabelais (Voy. édit. JMoland, Lexiq.). — Il ligure dans les Serées de Guill. Bouchet, IV, Si't, édit. Roybet , chez Lemerre, sous la forme favoribolc .
Gio. Diantre, où veux-tu que mon esprit .
T'aille chercher des fariboles? Mol. Amph.
Fatiguer, lasser :
— « Vous fatiguez ma résistance.» Bourg, (jent. p. Iii5.
De même :
— « >'e fatiguez- point mon devoir. » Mol. Pourc. 1. :i.
Fatras, voy. Fratras.
Festîner, v. act., fêter, traiter, recevoir à dîner... :
— « C'est ainsi que vous festinez les dames. »
Bourg, cent, p. 138.
Ce mot qui ne figure ni dans Rob. Estienne, Nicot ni Colgrave a été admis en 1596 et 1648 dans les Dict. des rimes, puis, en 1660, dans le Dict. de Duez et d'Ant. Oudin; tous les autres Dict. sans exe. donnent festier, qu'on trouve dans Malherbe, et festoyer.
De même :
— « Nous le fesliiierons d'une salade de Gascon. »
Com. des Prov. III, v.
Scarron et La Fontaine l'ont employé neutralement :
Neuf jours entiers on festina. Scarr. Yirg. trav,
35. Il vient; l'on festine, l'on mange. La Font. Fabl., I, xiv.
Les quatre premières édit. de l'Acad. le font exclusivement actif; la -~e éd., an vu, dit qu'il est aussi neutre.
i Vu x volants, "H feux-follets, feux S*-Elme,
-•« La physique... noue enseigne. .. les feux volons. ■>
Bourg, cent. p. ;<>.
Fieffé :
« Allez, cuistre fieffé! » — Bourg, gent.y M l le m va 627. Mata quoi, si voire père est un bourru, fieffé ! .Moi.. Turl.
— « Il faut être folle fieffée, o Mol. L'Ai .,11, v.
— « Un officier, un sergent fieffé, sont ceux qui dépendent d'un lii>f; il y a quantité d'offices ûeffés et héréditaires. On dit aussi par injure et exagération : un coquin fieffé, de ceux qui font profession d'être malhonnêtes gens. » (Fur. Dict.)
Aucun Dict. antérieur à Richelet n'attribue au mot fieffé ce sens figuré, excepté Cotgrave, 1611, 1634, etc., qui l'applique exclusivement à un goutteux fieffé. Aussi M. Littrc n'en donnet— il aucun exemple antérieur à Molière, et Richelet le fail-il précéder des signes * ~'ç, qui indiquent les mots nouveaux et du langage comique et familier (1680).
Figure, figurer ; travestissement, accoutrement ; — représenter, travestir :
— « Yoicy vostreliomme; la figure eu est admirable.»
Bourg, gent. p. 162.
— «Une vieille [tante... nous figure tous les hommes comme des diables .^
Ibid., p. 114.
De même :
1435. Voici Monsieur Du Bois plaisamment ligure. Mol. Misanthr.
315 Sous la figure oit le respect l'engage,
On veut bien se résoudre à souffrir votre hommage.
Id. Fem. sat.
Nous n'avons trouvé nulle part ailleurs un emploi analogue de ces deux mots.
Fol. fidélité :
11 seroit doux d'entrer sous l'amoureuse loy, Si l'on trouvoit en amour de la foy.
Bourg, gent. p. 18.
De même :
— « Vous devenez mélancolique, après les obligeantes assurances que vous avez eu la bonté de me donner de votre foi. »
Mol. L'Av. I, i
1323- Avec combien de joie on y trahit sa foi! Rac. Brit.
Franchise, liberté :
Franchise heureuse.' Bourg, gent. p. 18.
De même :
— « Que craignez-vous? — Quelque vol de mon cœur, quelque assassinat de ma franchise. » Mol. Préc. rid., p. 27 de notre édit.
— « Ma franchise va danser la courante. » lbid. 60.
Toij seule, Cleopàlre, as triomphé de moy : Toij seule as ma franchise asservy sous ta loy.
Rob. Garnier. ilare.-Ant.
— « Il ne se faut pas si fort engager en aimant que l'on ne conserve la meilleure partie de sa liberté... — Ce sont deux choses incompatibles que la franchise et l'amour. » — Sorei.. Berger extrav. 1627, p. 69.