Au moins, dites-leur bien que je ne les crains guère
Id. Plaids
JMomou, défi porté au jeu de dés par les masques aux permîmes qu'ils visitaient :
— « Est-ce un momon que vous allez porter? »
Bourg, gent. p. 137.
Le mot est ancien, car on le trouve dans le Rob. Eslienne de 5i9, niais non de 1539, avec mommeur qui est perdu, et raomveric, qui est resté. — Joach. Périon, dans son traite De Ling. jall. ctim grœca, cognatione, 1555, dit : « Intcr cœnam, non-
niiiii intervenire soient, ludeadi causa, quos nostro sermom □nommons vocamus, -- lt;i est, atgue hoc vcrbum totumgrsA cum est .' \>.'j\i.[>.',> faim larvée appollantur â Greecîs. » p. 105, A
— Voy. ci-dessus, aux notes, pp. 2'iG-2'i7, noie sue lu p. 137.
Hontrer, verbe neutre, instruire:
— « Outre le maistre d'armes qui me montre j'ayarresté... »
Bourg, tient, p. L3.
De même :
— « Votre muitre de musique est allé aux champs, et voila une personne qu'il envoie à sa place pour vous montrer. »
Mol. Mal. imag. Il, îv.
— «M11»0 de Vins est à Pomponne..., Corlnnelli leur a donné m homme admirable... ("est lui qui montre à cette belle marquise. »
Sév. à .1/»'" de Grign. ->r, juin 1680.
— Son muitre tons les jours rient pourtant lui montrer.
Réchaud. Le Distrait.
Moquer (se)... sans complément :
— a Vous vous moqua, de m'exposer... »
Bourg, genl. p. 139.
De même :
— « Nous ne songeons plus qu'il y ait eu un comte de Guiche ai monde. Vous vous moquez, avec vos longues douleurs. »
Si:v. à .)/"'c de Grign. 28 déc. 1673.
— « Toute autre espèce de pruniers que vous lui nommez le fait sourire et se moquer. » La Bbcïère. chap. de la Mode.
Joach. Péi'ion croit avoir trouvé l'étym. de moquer et de gdudir : il joint les deux mois : — « Quoniam in cœna homines ridere aliis alios soient, et jocari, dices hoc loco commode cur jocari et dicere gaudir el mokker vocemus. — A Gnccis hœc orta sunl , Çy^coSeiv, prima syllaba dempta, et p.coxxàf.6at. j [De ling. gall. cum grœcô, cognatione, 1535, p. 103 a.)
Officieux, obligeant, porté à rendre de bons offices :
— « Il estoit fort obligeant, fort officieux. »
Bourg, gent. p. 143.
De même :
— « Vous n'obligerez point une personne courtoise et officieuse, mais la courtoisie et Yofficiosité même, s'il m'est permis d'user de ce mot. »
M ami. Letlr. à Peiresc, 13 janv. 1G10.
Tous les matins, un vent officieux En écarte toutes les nues.
Rac. Letlr. à Vtart, 17 janv. 1662.
Aujourd'hui, le mol s'emploie surtout avec une nuance d'ironie, « faire l'officieux », — ou par opposition à officiel :
Opéra, chef J'oeuvre, comble de l'art :
— « Pour son opéra, une soupe à bouillon perlé. »
Bourg, gent. p. 133.
De même :
En surmontant Charles et Caprara, Vous avez fait, Seigneur, un opéra.
La Font. Épitr. à Turcnuc.
Quinault, dans le madrigal suivant, joue sur le double sens du mot opéra :
Ce n'est pas /'opéra que Je fais pour le Roi
Qui m'empêche d'être tranquille...
C'est avec peu de bien un terrible devoir De se sentir pressé d'être cinq fois beau-père.
Quoi! cinq actes devant notaire,
Pour cinq filles qu'il faut pourvoir»
0 Ciel! peut-on jamais avoir
Opéra plus fâcheux à faire!
— « Le mot opéra s'applique, dans le figuré, à tout ce qui
semble difficile, o C'esl un opéra que de luy parler », pour dicl qu'il y a de la peine àlui parler... Opéra se prend aussi pour une chose excellente el pour un chef d euvre. On dit d'un ouvrage d'espril : a c'est un opéra »; mais cela ne se dit guère que dans la conversation, el d'ordinaire en badinant. .. Un de nos plus agréables écrivains Bcarron dit à un de ses amis:«Vi iIlmik lettres sont des choses admirables, dignes d'être apprises par cieur, et en un mot ce qu'on appelle des opéra. ■ Boi - Houns. Rem. nom . sur /;/ langue fr. 1682, pp. 173-I7'i .
Nous ferons remarquer ici que le pluriel d'opéra n'a pris Vs du pluriel définitivement qu'au xvm" siècle ; Despréaux disait des opéras, tout en condamnant [8' Hcll. cvil.) l'a que l'usa» a consacrée. (Geoffroy, Journal de l'Empire, 13 mai 1809.
Ordre, commandement; — disposition réeuli< i
— « J'ay lionne pour vous l'ordre qu'il faut au cuisinier, et ordre] I toutes les choses qui sont nécessaires pour le ballet. »
Bourg, gent. p. 92.
Employer un même mol dons une même phrase avec deus sens différents, est une faute évidente.
Oui, aspiré :
— « Je croy que oiiy. » Bourg, gent. p. 80.
Oui est si bien considéré comme ayant YO aspiré, que, dans les vers, une voyelle ferme peut le précéder sans hiatus :
Le patron ne lui voulut dire Ni oui ni non sur ce discours.
La Font. Le Pâté d'Anguilles.
Oui, oui, vous me suivrez, n'en doutez nullement.
Rac. Androm,
Oui, oui, cette vertu sera récompensée. Rac. Théb.
11 en est de même pour onze; le oui el le non ; le onze du mois. — Cependant on peut dire : « je crois qu'oui », ou « je crois i/ue oui ».
Paladin
— « Maniamouchi, c'est-à-dire, en nostre langue, paladin.
Bourg, gent. p. 148.
Un donnait le nom de paladins aux chevaliers errants de la rablc ronde, et, en général à tous les héros de nos anciens ■omans de chevalerie, de nos anciennes chansons de geste. ..eur nom était une corruption de palatins, familiers du palais palatium) du prince.
Parler, employé activement :
— a Ce. que je parle avec vous..., qu'est-ce que c'est? »
Bourg, gent. p. 68.
Si Molière avait dit : « Le langage que je parle », la phrase l'aurait eu rien de remarquable ; car si on dit : parler une langue, parler un langage, parler le grec ou le latin, on ne dirait pas oarler une chose quelconque, et c'est cette chose quelconque lai semble représentée par le pronom vague ce.
On ne saurait comparer à celte expression les alliances de mois où entre le verbe parler, comme parler chasse ; car on ne dirait pas parler la chasse ; quant à parler Phcebus, parler Balzac, on le dit, comme parler latin, latine loqui; etc.
Pascal a dit, dans ses Pensées : « Si un animal parloit par esprit ce qu'il parle par instinct. »
Pas [de ce) , sur-le-champ :
— « Va-t-en dire de ce pas à ton infldelle maistresse, qu'elle n'abusera deta vie le trop simple Cleonte. »
Bourg, gent. p. 94.
— yu —
L'Acad., dès sa 1" édit. (1694), admet cotte locut. adv., avec |i ans île maintenant; maîa Vex. qu'elle cite implique l'idée, <le marche : « Je m'y en vais de ee pas* » — C'eal cetti idée qu'on retrouve dans la phrase de Molière et dans les exemple! suivants :