Avant que de parler, prenet-moi ce mouchoir. Mol. Tort
— « Allons, monsieur; dressez-lui-mot son procès. Id. l'Avare.
— « Les François, en plusieurs manières de parler, usent de ces pronoms au datif cas, moij, toij, nous, vous, en la même sorte que les Grecs usent de leur moi, toi, nous, vous... Je parle de l'usage qu'a ce moy quand on dit :«Regardez-/««y lagiâce de ce galand.» — «Item, prenez-///'»/ bien garde à ce que je vous ay dict. » — Ainsi est-il quasi du pronom vous ; comme si je di : a et incontinent le linet vous gaigne au pied. » — L'auteur cite des exemples tirés de Xénophon et de Lucien. —
H. Estienne. Conform. du franc, avec le orée, cliap. 11.
5° Pronom ne représentant aucun mot précédent :
— « Ne m'en donnes-tu point à garder? »
Boitnj. gent. p. 115.
C'est ainsi qu'on dit : « Vous me la baillez belle. »
:• Pronom complément supprimé dans les verbes réfléchis :
— a C'est l'amitié... qui nous fait intéresser dans vos avantages. » — Bourg, gent. p. 170. — C.-à-d. « qui nous fait nous intéresser. »
— Voy. intéresser.
7° Deqnoi, en un mol. — Cette forme se trouve dans les Dict. :
— « C'est dcquoij nos arts ont plus besoin. » Bourg, gent. p. 3.
— « Dequoy ris-tu? » Ibii. p. 122.
8" Dont, par lequel, laquelle, etc.
— « Voicy... un essay... des plus belles atitudes dont une dance puisse estre variée. » Bourg, gent. p. 20.
y° En, représentant une phrase :
— « Pour rompre le cours à toutes les dépenses que je vous voy faire pour moy, j'ay résolu de me marier promptement avec vous. C'en est le vray secret, s — Bourg, gent. p. 162. — C.-à-d. : « c'est le vrai secret de le cours aux dépenses » ; etc.
10° II, cela:
— al! est vray. » Bourg, gent. pp. 3; 8t.
11° Le, cela, toute l'affaire dont on parle :
— « C'est là le sujet de vostre dépit, — Oùy... ce Test. »
Bourg, gent. p. 105.
— « Vous moquez-vous, de le prendre sérieusement avec un homme. »
Ibid. p. 122. — Cf. En.
12° Me, pour moi :
— « Ce m'est une gloire, » — C.-à-d. : « C'est une gloire pour mot. »
Bourg, gent. p. 128. —Voy. à, prép.
13" On, avec un attribut au pluriel:
— « On ne devient gueres si riches à estre honnestes gens. »
Bourg, gent. p. 121.
14° Où, auquel, à laquelle :
— «Je ne veux point me donner un nom où d'autres, en ma place, croiroient pouvoir prétendre. » Bourg, gent. p. 117.
— a C'esi une chose, inoy, <fc je ne consentiray point. »
lOid. p. 120.
15° Que, quoi :
— « Je n'y sçaurols que faire. » Bourg, gent, p. 36.
[ô« o/;r//r, laquelle :
« Je viens vous annoncer la meilleure nouvelle do monde.— Quelle ?»
Bourg, gent. I fô.
17° (?//<-</ (de . — Voy. Dequoi.
Pour les exemples tirés d'autres auteurs, \'>y. dans celte collection nos Lexiques du Tartuffe, du Misanthrope, de L'Avare, etc., etc.
Propre :
1° Élégant:
— «Comment, Monsieur Jourdain, vous voilà le plus propre du monde.»
Bourg, gent. p. 70.
— Yow, dans cette collection, notre Lexique de L'Avare, v Propreté.
2° Propre à, convenable pour:
— « Il faut à vostre lille un mary qui luy soit propre. »
Bourg, gent. p. 119.
De même :
— « Les lieux communs ne sont pas propres à toutes les causes. »
Itvc. Liv. annules. Collect. des Gr. Écr., VI, 332.
Qualité (homme, gens de) :
— « Mon tailleur m'a dit que les gens de qualité estoient comme cela matin. » Bourg, gent. p. 8
— » Est-ce que les gens de qualité en om? » Ibid. p. 22.
■ — Voy. Condition :
Quartaine (ûèvre), fièvre quarlc :
<• Que la fièvre quartaine puisse serrer bien fort le bourreau de tailleur? »
Bourg, yent. p. KO.
On disait fièvre quartaine et fièvre quarto ; mais fièvre quartaine seulement dans les jurons et les proverbes populaires; et cette expression, empruntée au lat., était de toute antiquité dans la langue:
Une licbvre quartaine espousée Suit telle merdaille.
Alain Cbartier; Lier, des Quatre Dames.
1632 Soil. — Si vous y manquez, votre fièvre quartaine !
Mol. L'Étourdi.
Quarto :
— « L'épaule ^auebe plus quartée. » Bourg, yent. p. 26.
— Vqy. ci-dessus, p. 217, note sur la p. 2(3.
Queussy queuinv :
— «... Je me perceray plutost le cœur, que d'avoir la foiblessc de retourner à vous. — Queussy, queumy. » Boury. yent. p. 103.
De même :
— Par ma foi, Monsieur, ceti-ci fera justement ce qu'ont fait les autres. Je pense que ce sera queussi queumi. »
Mol. Médecin malgré lui, II, i.
C.-à-d.: Quel soi, quel moi, tel soi, tel moi, pour lui comme pour moi, pour l'un comme pour l'autre; indifférent. — Locut. empruntée au patois picard.
Quitte, tenir quitte :
— « Elle me conroistra quand il luy plaira.— Oh! je le quitte, « c -à-d. « je l'en tiens quitte, j'y renonce. » Boury. yent. p. 137
me :
121, //</.' poussez; je le quitte el ne raisonne plus.
Mi ii.. Dép. ont.
— « Moi, rien. Tarte à la erême! Ab! je le quitte. »
lu. Crit. de t'Éc. des Fem., ri.
— « Ali! je le quitte maintenant, et je n'y vois plus de remède. ■
In. Georges Dand., III, nu,
De même :
— « Bon père, lui dis-je, je le quitte, si cela est. » Pasc. vn /■
— « Je quitte M. votre frère île lu manica qu'il me veut donner il la nouvelle >ln snnès île Brisac. ■•
Chapelain, Leur, à l'abbé de Saint-Nicolas, U dec. 1638.
Quoi .le . — Yiiy. Pronoms: Dequoi.
K.'iiller (se) île..., se moquer de... :
— « Avcz-vous envie qu'on se raille par tout de vous ? ..
Bourg, gent. p. 63.
Notre ancienne langue avoit beaucoup de ces verbes pronominaux. On <liM>ii de même se rire de... et se sourire de : — « Synope se sourit dfl l'entendre. » SorEl. Berg. extra»., 1627, p. 315. — Cf. ibid., 231.
Recherche, recherche en mariage
— « Je veux aider sa recherche, et lny donner Lin-Île. o
— « Encore qu'il y ait grande inégalité entre sa dame et lui, il est résolu de poursuivre et de mourir en la recherche. »
Malu. Comment, sur Desportes. (Am. d'Hipp. éléff., 1). — Collect. des Gr. Écr., IV, 300.
939. Si quelque intention le pressait pour Lucile, La recherche en pouvait être honnête et civile.
Mol. Dêp. ani .
Le verbe avait un sens analogue :
•2-2. Achille, à qui le Ciel promet tant de miracles,
Recherche votre fille. . Rac. Iphiff.
Refuser, avec un nom de personne pour complément :
— « Voulez-vous que Je refuse un homme de cette condition-là? »
Bourg, gent. p. 85.
De même :