ACTE III. SCENE XIV
Covielle. — Vous moquez-vous, de le prendre sérieusement avec un homme comme cela? Ne voyez-vous pas qu’il est fou ? Et vous coûtait-il quelque chose de vous accommoder à ses chimères ?
Cléonte. — Tu as raison ; mais je ne croyais pas qu’il S fallût faire ses preuves de noblesse pour être gendre de monsieur Jourdain.
CoviELLE, riant. — Ah, ah, ah.
Cléonte. — De quoi ris-tu ?
Covielle. — D’une pensée qui me vient pour jouer lo notre homme et vous faire obtenir ce que vous souhaitez.
Cléonte. — Comment ?
Covielle. — L’idée est tout à fait plaisante.
Cléonte. — Quoi donc ?
Covielle. — Il s’est fait depuis peu une certaine mas- 15 carade qui vient le mieux du monde ici, et que je prétends faire entrer dans une bourle * que je veux faire à notre ridicule. Tout cela sent un peu sa comédie ; mais avec lui on peut hasarder toute chose, il n’y faut point chercher tant de façons,^ et il est homme à y jouer son rôle à mer- 2© veille, à donner aisément dans toutes les fariboles ^ qu’on s’avisera de lui dire. J’ai les acteurs, j’ai les habits tout prêts ; laissez-moi faire seulement.
Cléonte. — Mais apprends-moi. . . .
Covielle. — Je vais vous instruire de tout. Retirons- 25 nous, le voilà qui revient.