‹ Le bourgeois gentilhommeChapitre 57 sur 119 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Mme. Jourdain, M. Jourdain, Dorimène, Dorante, Musiciens, Musicienne, Laquais.

Mme. Jourdain. — Ah, ah! je trouve ici bonne compagnie, et je vois bien qu’on ne m’y attendait pas. C’est ^ 5 donc pour cette belle affaire-ci, monsieur mon mari, que ^ vous avez eu tant d’empressement à m’envoyer dîner chez ma sœur? Je viens de voir un théâtre là-bas, et je vois V ici un banquet à faire noces. Voilà comme ’ vous dépensez votre bien, et c’est ainsi que vous festinez les lo dames en mon absence, et que vous leur donnez la musique et la comédie, tandis que vous m’envoyez promener !

Dorante. — Que voulez-vous dire, madame Jourdain, et quelles fantaisies sont les vôtres de vous aller mettre en 15 tête que votre mari dépense son bien, et que c’est lui qui donne ce régale à madame ? Apprenez que c’est moi, je vous prie ; qu’il ne fait seulement que me prêter sa maison, et que vous devriez un peu mieux regarder aux choses que vous dites.

20 M. Jourdain. — Oui, impertinente, c’est monsieur le comte qui donne tout ceci à madame, qui est une personne de qualité. Il me fait l’honneur de prendre ma maison et de vouloir que je sois avec lui.

Mme. Jourdain. — Ce sont des chansons que cela ; je 25 sais ce que je sais.

Dorante. — Prenez, madame Jourdain, prenez de meil« leures lunettes. , ^ y

— il A

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