‹ Le bourgeois gentilhommeChapitre 101 sur 122 · ACTE V, SCÈNE IV. I I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV. I I

DORIMÈNE

J’ai été bien aise d’être des premières, monsieur, à venir vous féliciter du haut degré de gloire où vous êtes monté.

Madame, je vous souhaite toute l’année votre rosier fleuri. Je vous suis infiniment obligé de prendre part aux honneurs qui m’arrivent ; et j’ai beaucoup de joie de vous voir revenue ici, pour vous faire les très humbles excuses de l’extravagance de ma femme.

DORIMÈNE

Cela n’est rien ; j’excuse en elle un pareil mouvement : votre cœur lui doit être précieux : et il n’est pas étrange que la possession d’un homme comme vous puisse inspirer quelques alarmes.

MONSIEUR JOURDAIN

La possession de mon cœur est une chose qui vous est tout acquise.

DORANTE

Vous voyez, madame, que monsieur Jourdain n’est pas de ces gens que les prospérités aveuglent, et qu’il sait, dans sa gloire*, connoître encore ses amis.

DORIMÈNE

C’est la marque d’une âme tout à fait généreuse.

DORANTE

Où est donc Son Altesse turque ? Nous voudrions bien, comme vos amis, lui rendre nos devoirs.

MONSIEUR JOURDAIN

Le voilà qui vient ; et j’ai envoyé quérir ma fille pour lui donner la main.

Page 1