‹ Le bourgeois gentilhommeChapitre 30 sur 122 · LE MAITRE DE P II I L O S O P D I E · texte numérisé non relu

LE MAITRE DE P II I L O S O P D I E

Fort bien î

MONSIEUR ,1 O U R D A I N

Oela sera galant, oui ?

LE MAITRE DE PHILOSOPHIE

Sans doute. Sont-ce des vers que vous lui vouiez écrire?

Non, non ; point de vers.

LE MAITRE DE PHILOSOPHIE

Vous ne voulez que de la prose?

MONSIEUR JOURDAIN

Non, je ne veux ni prose ni vers.

LE MAITRE D E P H I L 0 S 0 P H I E

Il faut bien que ce soitl un ou l’autre.

MONSIEUR JOURDAIN

Pourquoi ?

LE MAITRE DE PHILOSOPHIE

Par la raison, monsieur, qu’il n’y a, pour s’exprimer, que la prose ou les vers.

MONSIEUR JOURDAIN. i

11 n’y a que la prose ou les vers ?

LE MAITRE DE PHILOSOPHIE

Non, monsieur. Tout ce qui n’est point prose est vers, et tout ce qui n’est point vers est prose.

MONSIEUR JOURDAIN

Et comme l’on parle, qu’est-ce que c’est donc que cela?

LE MAITRE DE PHILOSOPHIE

De la prose.

MONSIEUR JOURDAIN

Quoi! quand je dis : Nicole, apportez-moi mes pantoufles, et me donnez mon bonnet de nuit, c’est de la prose ^ ?

LE MAITRE DE PHILOSOPHIE

Oui, monsieur.

Cette naïveté était dès longtemps attribuée au comte de Soîssons, mort ■en 1641. C’est du moins ce qu’on doit conclure du début d’une lettre*de madame de Sévigné, du t2 juin 1681 : « Comment! ma fille, j’ai donc fait un sermon sans y penser ! J’en suis aussi étonnée que monsieur le comte de Soissons, quand on lui découvrit qu’il faisoit de la prose. »

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