‹ Le bourgeon; comédie en trois actesChapitre 36 sur 62 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les Mêmes, ROGER.

ROGER, au fond.

Madame, c'est monsieur l'abbé de Plounidec.

ÉTIENN'ETTE, très agitée.

Mon Dieu, c'est lui... c'est lui !... (a Roger.) où est-il? Vous l'avez fait entrer par là ?

ROGER

Oui, madame, dans le petit salon.

ÉTIENNETTE

Bon, tout de suite! Je vous sonnerai!

(sortie de Roger. — Étiennette descend en passant devant Gléo, jusqu'à la Ghoute — Gléo, aussitôt ce mouvement, descend à droite d'Ktiennette. Pendant ce qui suit Guêras-

sin gagne la cheminée par le fond de la scène.) MeS Gn-

fants, vous êtes très gentils, mais vous allez vous en aller.

TOUTES, se levant.

Oh!

PAULETTE

Comment, juste au moment...?

ÉTIEN NETTE.

Oui, oui, juste au moment.

GLÉO.

Oh! laisse-nous le voir...

ÉTIENNETTB.

A vous !

TOUTES TROIS, l'entourant.

Oh ! oui ! oh ! oui !

HEURTELOUP, se levant vivement.

Mais non, mais non, mais pas du tout!

Je notions pas à le voir, moi! merci! et mon monastère... ! Ah ! non !

LA GHOUTE, qui est devant Ktiennette et dos au public, se tournant pour se rapprocher d Heurteloup.

Eh bien, tu iras faire un somme sur la chaise-longue d'Etiennetto. Justement tu n'as pas fermé l'œil entre Concarneau et Paris.

HEURTELODP.

A qui la faute ?

LA GHOUTE.

Je ne te dis pas ! Eh bien, voilà l'occasion

de te refaire, (a Ktlennette, se rapprochant du groupe et sans transition.) OU ! montrC-lc nOUS. GLÉO et PAULETTE.

Montre-nous le.

LA GHOUTE.

Montre le nous le.

ÉTIENNETTE

Mais non, voyons ! En voilà une idée ! Ce n'est pas une bête curieuse !

TOUTES

Oh ! pourquoi ? pourquoi ?

ÉTIENNETTE

Mais parce que! Parce qu'il y a là une question de bienséance, de délicatesse!... vous présenter à monsieur l'abbé, vous I

PAULETTE, dégageant, en descendant avant-scône gauche.

Ah! mais dis donc, tu es encore aimable!

GLÉO, dégageant vers la droite.

Du moment qu'il vient chez toi, il peut nous voir !

LA CHOUTE, qui a dégagé en même temps que Cleo de sorte qu'elles conservent respectivement le même numéro.

D'autant qu'on a des usages...

GDÉRASSINj adossé à la cheminée.

Si on en a !...

ÉTIENNETTE

Oui, je ne vous dis pas; mais...

PAULETTE, par dessus l'épaule et sur un ton pincé, tout en gagnant au-dessus de la table par la gauche de la scène.

Mais avoue donc la vérité I Après le portrait dithyrambique que tu nous as fait de ton petit ecclésiastique, tu as peur que nous ayons une déception.

ÉTIENNETTE, indignée.

Oh!

GLÉO.

C'est vrai ce que dit Paulette! Il est peutêtre très toc, ton séminariste.

LA CHOUTE, surenchérissant.

Très moche!

ÉTIENNETTE, indignée.

Toc ! monsieur l'abbé I Ah bien, par exemple!...

Elle va à la cheminée comme pour sonner. PAULETTE, de l'air le plus détaché, tout en se dirigeant vers la porte du fond comme une personne qui se dispose à s en aller.

Allons, au revoir.

LES DEUX AUTRES, entrant dans le jeu de Paulette.

Au revoir.

Elles remontent.

ÉTIENNETTE, s élançant plus vite que les trois femmes entre elles et la porte.

Hein?... du tout, du tout, vous allez me faire le plaisir de rester là.

TOUTES, se faisant prie;-.

Mais non, mais non !

CLÉO

Tu nous as fait comprendre que nous étions de trop.

ÉTIENNETTE, voulant parler.

j\on, pardon...

LA GHOUTE. lui coupant la parole.

Nous ne voulons pas être indiscrètes.

ÉTIENNETTE

Oui, eh ! bien, vous vous en irez tout à l'heure si vous voulez, mais pas avant d'avoir vu monsieur l'abbé.

TOUTES, sans conviction.

Mais non! mais non !

ÉTIENNETTE, sur un ton impératif.

Ah!... je le veux. (Les trois femmes descendent de l'air détaché de personnes qui veulent bien faire la concession qu'on leur demande, Étiennette va sonner n la

cheminée.) Toc, moD séminariste! Ah! ben, je vous ferai voir, moi, s'il est toc !

PAULETTE

Soit ! C'est bien pour t'être agréable !

Elle descend jusqu'au coin droit du canapé. GLÊO, LA GHOUTEj descendant vers la droite.

Oh ! oui !

QUÉRASSIN, adossé à la cheminée. — A part.

Comme les femmes connaissent le cœur humain !

Page 1