MAURICE, HUGUETTE, LE MARQUIS, LA COMTESSE, L'ABBÉ, HEURTELOUP
EUGÉNIE
HUGUETTE, entraînant son père.
Viens papa! Venez, ma tante! Vous ne savez pas la nouvelle!... Maurice, m'a demandé ma main.
MAURICE, tombant des nues.
Moi!
TOUS, stupéfaits.
Hein?
LE MARQUIS
Est-il possible!
LA COMTESSE, passant devant le Marquis et Huguette et allant à son fils.
Toi ! Mon enfant I
MAURICE, abasourdi.
Comment maman, mais non !
TOUS
Non?...
HUGUETTE
Oh! Si... si!... Il peut dire ce qu'il vou-
(Irai... à l'instant il s'est déclaré... alors...! Ça m'est égal, maintenant que je sais que c'est la timidité.
MAURICE
Hein!
LA COMTESSEj radieuse.
Ah ! mon enfant I mon chéri ! Ce mariagelà, à la bonne heure.
MAURICE
Mais maman...
EUGÉNIE, qui ainsi qu'Heurteloup a fait le tour par le fond, surgissant à la gauche de Maurice.
Ah ! Maurice ! Ça, oui ; voilà qui est bien I
Elle lui serre la main et remonte.
MAURICE
Quoi?
L ABBÉ, surgissant à la droite de Maurice, la Comtesse étant un peu remontée.
Mes compliments... Une union comme celle-là...!
Il lui serre la main et remonte féliciter la comtesse. MAURICE.
Monsieur le curé... mais non!
HEURTELOUP, surgissant à sa gauche.
Je ne suis pas pour le mariage... mais celui-là !...
Il lui serre les mains avec chaleur.
MAURICE
Mais enfin!... (a lui-même, furieux.) Olil c'est trop fort!
HUGUETTE, passant son bras autour du sien.
Tu vois comme tout le monde est content.
LE MARQUIS
Mon fils!... Dans mes bras!
MAURICE, littéralement ahuri.
Hein?
HUGUETTE, le poussant dans les bras de son père.
Là! dans les bras de papa!
LE MARQUIS, l'étreignant.
Mon enfant! mon gendre!
TOUS
Bravo ! Bravo I
Au milieu des applaudissements, Cn entend des i Très bien n « A la bonne heure... »
MAURICE, avec un affolement comique.
Mais ça y est ! On me marie alors! on me marie !
LA COMTESSE^ qui est descendue à l'extrême gauche, à la droite du Marquis,
Alors tu consens ?
LE MARQUIS, en regardant Maurice.
Si je consens !... Je crois bien!
Pendant ces dernières répliques, on a entendu à la cantonade le grelot d'un cheval.
MAURIGEj instinctivement, se précipitant vers la grille du fond et à part.
Étiennette !
Tout le monde le regarde étonné.
LE MARQUIS) à qui ce jeu de scène n a pas échappé, — hochant la tète en comprenant soudain la situation et à part.
Alla, !... (voyant Maurice qui, s'étant rendu compte que son mouvement a été remarqué, redescend un peu gêné, — reprenant sa phrase.) Je COnSCnS... mais paS
tout de suite...
MAURICE^ avec une joie mal dissimulée.
Ah?
TOUS, désappointés.
Oh I
LE MARQUIS
Non... non!... Ce sont encore deux gamins!... Maurice finira son service militaire... Pendant ce temps, Iluguette se fera plus femme! Dans un an... un an et demi...
MAURICE, à part.
Oui, ohl bien, d'ici là!...
LE MARQUIS, sournoisement.
Je suis persuadé que Maurice se rangera à mon désir...
MAURICE, hypocritement.
Mais... mon oncle... du moment que c'est votre volonté...
LE MARQUIS, malicieusement.
C'est ma volonté, oui !... oui !...
HUGUETTE, passant son bras autour de celui de Maurice.
L'important, c'est de savoir qu'on s'épousera, n'est-ce pas?
Elle entraîne Maurice vers l'arbre sur le banc duquel ils s asseyent.
LA COMTESSE, bas, au Marquis.
Ah! ça!... pourquoi?... pourquoi tant de temps ?
LE MARQUIS, comme un homme qui a son idée de derrière la tête.
Parce que! (pour donner une raison.) PaFCe qu'ils
ne sont mûrs ni l'un ni l'autre pour le mariage; et puis... et puis enfin, parce que j'estime qu'en matière de fièvre, il ne faut jamais essayer de la faire rentrer... Il faut que ça sorte... et puis que ça passe.
LA COMTESSE
Je ne comprends pas...
LE MARQUIS
Oui, mais moi, je me comprends.
l'abbé, debout près du jeune couple assis.
Allons, voilà un mariage que je bénirai, car j'espère bien qu'il se fera à Plounidec.
LA COMTESSE
Certes !
312 LE BOUEGEON
HEDRTELOUP, à l'extrême droite.
Est-ce qu'il faudra que j'y assiste en bleu?
EUGÉNIE, près de lui.
Naturellement !
HEURTELOUP.
Eh! bien! Elle est verte, celle-là!
LE MARQUIS
Qu'est-ce que vous voulez, Ileurteloup ? ça n'est pas rose tous les jours !
Rideau.