‹ Le brasseur roi;Chapitre 10 sur 141 · CHAPITRE I. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. i

viendra. Gare au traître! le Ciel est juste.

» — Votre prophétie m'effraie peu, réplique froidement Urbin. Nous touchons à l'heureuse époque où la barbe des rustres pourra frotter la joue des princes, et où la navette des tisserands élèvera son bruit à l'égal du clairon des chevaliers (1). Mais je ne saurais vous comprendre. Quoi! vous qui exercez sur Artevelle un si mystérieux empire, vous à qui notre chef ne refuse jamais aucune grâce , vous le haïssez à tel point!...

v — Laissons là ce sujet, jeune homme ; ne m'interrogez plus sur le brasseur que

(i) Paroles de la comtesse de Hainaut, sœur de Philippe de Valois : Sainte Mère de Dieu, quelle époque ! la barbe des rustres veut frotter la joue des princes , et la navette des tisserands élever son bruit à l'égal du clairon des chevaliers. [Hist. de Flandre. — Hist. gêner, de la Belgique). — King's secret, power, t. i.

vous admirez, sur l'ambitieux qui vous subjugue ; vous frémiriez si je parlais. »

Deux coursiers au galop s'arrêtent en ce moment sous les murailles de la maison solitaire d'Everghem. La noble veuve a prêté l'oreille avec surprise à ce bruit inaccoutumé. Son habitation était éloignée des grandes routes ; peu de voyageurs y passaient. Qui pouvait venir, à pareille heure , lui demander l'hospitalité?....

La porte s'est ouverte à la hâte. Une femme, enveloppée d'une mante noire, se précipite dans la salle.

(( — Qui que vous soyez ! s'écrie-t-elle ; de grâce , un asile, ou je meurs ! »

L'infortunée , dont les forces semblaient épuisées, n'a achevé ces mots qu'avec peine ; ses genoux tremblans ont fléchi. Urbin, la voyant près de défaillir, accourt vers elle et la soutient. Il la dépose doucement

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