‹ Le brasseur roi;Chapitre 11 sur 141 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

sur un siège auprès du foyer; il la débarrasse en partie du manteau noir qui lui enveloppait le visage; et, s'apercevant que ses membres glacés ne lui prêtaient plus aucun secours , il rallume le feu mourant.

Bertrade avait ravivé la clarté de sa lampe. Elle s'approche de l'inconnue, et pousse un cri d'étonnement.

« — Que vois-je! vous ici! vous, princesse !

» — Princesse ! a répété Wenemare.

Quoi! cette femme?...

v — Est Marguerite , la fille du duc de Brabant. »

Urbin a fait un pas en arrière. Le retentissement du grand nom a visiblement affaibli son intérêt pour la personne souffrante ; et, laissant à Bertrade seule le soin de secou-

ao LE BRASSEUR ROI.

rir la princesse , il s'est assis loin d'elle à l'écart.

Cependant, jamais plus charmante figure n'avait fait battre un cœur de jeune homme. Marguerite était au printemps de la vie. La blancheur de sa peau était éblouissante ; ses doux regards étaient pour ainsi dire veloutés. Son âme tendre et généreuse se reflétait sur son visage gracieux et pensif. L'état de souffrance et de dénuement où elle se trouvait alors , formait un douloureux disparate avec les habitudes de luxe et de mollesse empreintes dans toutes ses manières. Sa complexion délicate, et ses formes aériennes, étaient loin d'être en harmonie avec sa position aventureuse et dramatique. On eût dit un ange aux ailes coupées, tombé du haut des cieux sur la terre, et passé de la joie aux larmes , sans transition, sans faute et sans chute.

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