CHAPITRE VJIL
il permis au bourreau ? ... Eh ! qui pourrait ici mêle défendre ! Donnons-nous lesupplice de cette dernière étreinte du sentiment. Adieu, mon prince ! adieu , Louis ! C'est le baiser d'un monstre; c'est une souillure : mais tu ne le sens pas , tu reposes. O tortures inouïes! et la nature humaine y résiste !.... Mes membres, ma tête, mon cœur, rien ne plie Je suis donc de fer ! »
Il se relève brusquement. Le coup mortel va être porté.... Une musique religieuse se fait entendre. Elle est descendue presque miraculeusement, du haut de la montagne, à travers les tourmentes de l'orage. Ce sont des cantiques lointains qu'accompagne un orgue sacré. Les accords se perdent en partie dans le vague des airs ; mais il en arrive quelques sons mariés au bruit de la foudre, qui , composant une harmonie moitié du
ciel, moitié de la terre , courent empreintes des deux puissances.
Urbin jette au loin son poignard.
« — Secourez-moi , chants de David ! . . . . Le possédé n'est pas le maudit. »
Et , dans un désordre frénétique , s'éloignant du prince à grands pas , il se crie cet ordre à lui-même.
« — Trahissons mes sermens!.... Qu'il vive ! »
Son œil s'est tourné vers la chapelle des Mariniers.
« — Néolie ! es - tu là ? Réponds.
Yeux- tu y toi aussi, Néolie ! veux-tu le sang du jeune martyr?... . Sais-tu à quel prix on t'a mise? T'a-t-on dit que pour arriver aux délices de l'amour il nous fallait passer par le meurtre? Je dis nous, Néolie, oui, nous;