‹ Le brasseur roi;Chapitre 106 sur 141 · CHAPITRE VIII. aa · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. aa

car ta portion dans le bonheur.... ce sera une part dans le crime. »

Il erre çà et là au hasard. L'affaissement de ses membres robustes accusait le haut degré de ses souffrances. Ses organes, livrés à d'étranges vertiges, tournaient, de force et malgré eux, sur la pensée de l'homicide, comme le réprouvé dans un des cercles du Dante. Son imagination, se créant une fausse nature , ne voyait plus la véritable. Que d'illusions ! quel spectacle ! Les arbres , dont la tempête dispersait les feuilles, jonchent de poignards la bruyère.... La terre et ses ombres , les rochers et leurs buissons reculent devant lui comme des spectres, en poussant des rires moqueurs... Le mot parjure, en lettres de flamme, passe sur de noires vapeurs.... parjure est l'épithète terrible que lui soufflent les ouragans— parjure est le cri des orages.

Il revient auprès du tertre où repose la victime. Il s'est repris à son fatal serment comme à un lien indissoluble. Les beaux cheveux blonds du jeune prince se jouaient gracieusement autour de son front blanc et pur. Le meurtrier rassemble en vain tout son courage pour être un misérable, réunit en vain toute sa puissance pour être un lâche : Urbin, pour la première fois, n'a plus qu'un vouloir incomplet, n'a plus qu'une force négative.

« — Insensé que je suis ! se dit-il. Artevelle , oubliant ses promesses , ne me dégage-t-il pas des miennes ?... Aujourd'hui est vendredi saint , le Reward devrait être ici : l'heure du rendez-vous a sonné. Où est-il? Je n'ai vu personne. Puisque le chef manque au forfait , le forfait ne peut-il manquer au chef? Eh ! comment , élu d'une nation magnanime , a-t-il osé me prescrire

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