‹ Le brasseur roi;Chapitre 108 sur 141 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

hospice. Leurs robes se détachent en blanc des noires vapeurs du ciel. Tout à coup des hommes d'armes se réunissent autour des filles du monastère ; une d'entre elles les commande. Bertrade descend la montagne.

Hélas ! que devient Wenemare ! il n'a vu ni Bertrade, ni son escorte ; il n'a regardé qu'Artevelle. Pour le soldat du démagogue, Artevelle, c'est le destin ; pour l'enfant des rois, c'est la mort.

Urbin est sorti de son immobilité sinistre. Il a saisi le bras du prince. Il le secoue avec violence.

« — Louis ! s'écrie-t-il, lève-toi ! »

Et l'éclat de sa voix terrible roule de rochers en rochers.

Le comte entr'ouvre sa paupière. Une exclamation d'épouvante a pensé lui échap-

per : le meurtrier, à face livide, brandissait sur lui son poignard.

« — Qu'est-ce ! . . . Urbin ! . . . Que veux-tu?

» — Ton sang.

» — Toi m'assassiner ! . . . O mon Dieu !

» — Dieu n'écoute point, tu mourras.

» — Le ciel...

» — Il n'est plus temps d'y croire.

» — Eh bien ! frappe !

» — Non , défends - toi ! n'as-tu pas le glaive des braves ?

» — Un instant de répit, Urbin; mon épée serait-elle de force à résister à la tienne? laisse-moi recueillir mes pensées. Pourquoi me tuer? Que t'ai-je fait?

» — Pourquoi je te tue? que t'importe !

» — Qui ta prescrit ce meurtre?

» — Artevelle. Il lui faut ici ton cadavre. Il vient le réclamer. Le voilà.

Page 1