‹ Le brasseur roi;Chapitre 110 sur 141 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

par le fer ennemi. lia combattu mollement : il veut être blessé le premier.

Il l'est enfin. Un rugissement sauvage est aussitôt sorti de sa poitrine comme un signal d'extermination.

« — Louis ! s'écrie-t-il , mon sang coule. Il n'y a plus ici meurtre infâme, il y a légitime défense. A mon tour , attaque et succès! »

Il a frappé de son poignard... , et le prince roule à ses pieds. L'auguste exilé, avant de fermer les yeux à la lumière , s'est rappelé les prédictions de Barbe et le sac de cuir du vieux prêtre. Sa main s'est portée sur sa poitrine, et y presse avec un mouvement de désespoir le dépôt sacré qui lui revient à la pensée au moment des derniers soupirs. Il veut proférer quelques mots,

a3a LE BRASSEUR ROI.

mais sa langue reste glacée. Il ne donne plus signe de vie.

Le Brasseur Roi, témoin triomphant, a vu tomber le comte de Maie. Il ordonne aux gens de sa suite de se tenir en arrière à peu de distance. Puis, seul, il s'avance à pas lents.

Le neveu de Gérard Denys, froid comme le plomb d'un sépulcre , est immobile au poste du meurtre, les cheveux hérissés sur sa tête , l'œil attaché sur sa victime , et son poignard sanglant à la main.

« — Approche, vautour, voici ta proie!

dit l'assassin au démagogue. J'ai franchi pour toi d'un seul bond toutes les profondeurs de l'enfer. Bats des mains ! le cadavre est beau. Ris ! c'est l'holocauste à Satan.

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