CHAPITRE VIII. a
» — Urbin ! a répondu le Reward avec une douceur affectée , tu as servi la sainte cause du pays, en y éteignant à jamais un brandon de guerre civile. Tu as accompli ton serment....
» — J'en vais avoir un autre à tenir, interrompt Urbin, essuyant son poignard avec un calme terrifiant. Sais-tu ce que je viens de jurer secrètement en moi-même ? Un autre assassinat... Ta mort.
» — Audacieux ! s'écrie Artevelle. »
Et le tyran recule effrayé.
« — Hypocrite ! a repris Wenemare , ne peux-tu jouer le courage ? Dissimule ta lâche peur, je ne te tuerai pas aujourd'hui : la main qui vient d'égorger l'innocence a besoin des purifications du remords pour pouvoir frapper l'infamie. »
Le Reward appelle sa troupe.
u — Garde- toi d'attenter à ma liberté! continue Urbin, les dents serrées avec une contraction nerveuse : ou, songes-y bien, je puis te perdre. Ceux qui viennent m'écouteront. Si tu déclares ce que je suis, je révèle ce que tu es.
» — Camarades! dit Jacque à ses archers, le hasard nous a rendus spectateurs d'un combat à outrance entre deux braves. Le jugement de Dieu a prononcé sur la querelle. Nous n'avons plus, au pied de ce roc, qu'une seule besogne à remplir ; donnons la sépulture au vaincu. »
Les soldats, composant la garde du Reward, entourent l'auguste victime 5 ils examinent sa blessure.
Ils vont emporter le cadavre.
« — Arrêtez! » s'écrie une voix.