‹ Le brasseur roi;Chapitre 113 sur 141 · CHAPITRE VIII. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. a

viléges méconnus. Ne nous laissons pas faire la loi sur notre territoire. C'est la vie d'un de vos semblables que j'ai mission de sauver : vous m'aiderez, l'honneur vous l'ordonne. Place au droit ! et haut ma bannière !

» — Femme insensée ! reprend le Reward, c'est un pot d'argile contre un pot de fer que ta volonté contre ma puissance. Je t'écraserai.

» — Tu ne l'oserais.

» — Que sont tes soldats devant moi ! si peu d'armes î . . .

» — J'ai d'autres foudres. »

Ces derniers mots, prononcés avec une gravité solennelle et une lenteur majestueuse, ont fait frissonner Artevelle. Il ne sait plus à quoi se résoudre. Cependant voir sa proie lui échapper, est une idée à laquelle

ne peut se résigner sa rage. Un moyen lui reste , il le tente.

« — Valeureux Flamands ! s'écrie-t-il , il faut ici tout vous apprendre. Ce blessé , c'est l'ennemi du pays , c'est le mien , c'est le vôtre à tous. C'est...

— Le fils du comte de Flandre , achève l'étonnante Bertrade , c'est votre prince légitime. »

Les archers du Brasseur Roi et les hommes d'armes de Bertrade, cédant à une première impulsion du cœur , ont tous courbé la tête devant la grande victime du sort, que le crime et la vengeance viennent de jeter soudainement à leurs pieds. Un mouvement d'horreur, de respect et de compassion a remué leurs âmes de braves. Des murmures se font entendre, on n'applaudit point le Reward.

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