‹ Le brasseur roi;Chapitre 114 sur 141 · CHAPITRE VIII. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. a

Jacque saisit violemment le bras de Wenemare ; et , lui montrant la chapelle des Mariniers, il glisse ces mots à son oreille :

« — Néolie t'attend , elle est là. Mais aide -moi contre Bertrade, et fais - moi livrer ma victime.

» — Ta victime ! réplique Urbin ; tu ne l'auras pas, misérable ! Mon serment ne m'y force point.

» — En ce cas , Néolie. . .

» — Silence ! »

Le Reward s'adresse à Bertrade.

« — Oui , c'est le fils du comte de Flandre : un traître, appelé par des traîtres. Mais , descendue de la montagne, d'où saviez-vous qu'il fut ici ?

» — Et vous-même ! répond ironiquement la veuve, comment connaissiez-vous à l'avance , et l'homicide et la victime ?

24o LE BRASSEUR ROI.

Le hasard, si hasard il y a, vous amenant à point nommé, sert vos intérêts en ami. Ils sont bien choisis ceux qu'on frappe : vous avez bonne chance dans les meurtres. »

Les archers flamands, à ces mots, jettent sur leur chef un regard sombre.

« — Guerriers ! leur dit Bertrade avec force, on va transporter l'héritier des rois à la Maladrerie ; je l'y garderai en otage. Je réponds de lui à la Flandre. Laissez- moi d'abord, s'il se peut, le rendre à la lumière du jour ; puis, le pays et Dieu consultés , vous déciderez de son sort. »

Des acclamations spontanées ont accueilli ces sages paroles. Àrtevelle a jugé sa position. Il sent que, sur la fausse route où Use trouve ^ il ne lui est plus possible de s'emparer de sa proie. Il a contre lui le moment, l'opinion, la circonstance et les hommes. Ce

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