‹ Le brasseur roi;Chapitre 117 sur 141 · CHAPITRE IX. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. S

Cette hardiesse de langage a étourdi le Brasseur Roi. Le geste méprisant de Weneniare mesurait l'homme tout entier pour l'insulter des pieds à la tête.

>, — Néolie... » reprend Artevelle.

Mais Urbin l'a interrompu.

« — Ce nom n'est plus magique pour moi. Ta bouche impure en rompt le charme. Mon amour, qui eut pu être une vertu , n'est plus, grâce à toi, qu'un remords.

» — Le fils du comte de Nevers...

» — Dis, notre prince, misérable! Mon cœur était à lui : le sais- tu ?

» — J'ai vu ton poignard le frapper.

» — J'avais mon serment à remplir. Mais il ne mourra pas , notre prince; le ciel ne saurait le permettre. Fils de la révolte ! tu as beau être le père de la destruction : tu dé-

grades en vain nation , puissance , hommes et siècle : il est des arrêts éternels! Place au plus fort! fut le principe de ton élévation: Reward ! il le sera de ta chute. Tu as proclamé les brigands héros : on les verra, marchant dans tes voies, traiter leur héros en brigand. Tu as fait du crime la gloire pour monter à la tyrannie : on fera des vengeances la justice, pour te replonger au néant. »

Il dit, et repoussant Artevelle, il a redescendu la montagne.

Il est aux portes de la chapelle de Notre - Dame-des-Mariniers. Va-t-il y pénétrer? Il s'arrête.

Le ciel avait repris son azur ; les vents avaient cessé de souffler. Le soleil avait reparu ; et ses derniers feux , s'éteignant à l'horizon , resplendissaient d'or et de pourpre.

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