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CHAPITRE IX

Wenemare, succombant à l'orage de ses passions, s'indigne du calme rétabli dans la nature ; il en trouve le charme insultant et la sérénité moqueuse. Rien des beaux ouvrages du ciel n'est plus en harmonie avec ses sens. Hélas ! entre la terre et son cœur, il y a désaccord et rupture.

Le voilà sous la voûte sainte. Il se dirige en tremblant vers le sanctuaire. Il regarde àl'entour : personne. Il prête l'oreille : aucun bruit.

A la droite du chœur est une sacristie entr'ouverte ; elle est faiblement éclairée. Wenemare poursuit ses recherches. Une plainte sourde s'est fait entendre. Quelqu'un est là , quelqu'un l'attend.

Il avance. Les plis d'une robe blanche se sent agités au fond de l'enceinte. Une femme

3&a LE BRASSEUR ROI.

est assise; elle est seule. Urbin a reconnu Néoïie.

Son premier mouvement avait été de se précipiter à ses pieds. Pourquoi est-il resté immobile?...

La nièce d'Hamstède , pâle comme une fleur privée de soleil, a d'abord tendu les bras vers lui avec un transport de bonheur, puis les a laissés retomber sur son sein avec un geste d'épouvante.

Urbin n'eût peut-être pas tremblé devant la parole de Néolie, il a frémi devant son silence. Qu'elle était belle pourtant au milieu des agitations de son âme et du désordre de ses sens !... Mais la femme, créée à côté du cœur de l'homme pour l'aider à porter la vie, doit être plus que l'ange qui charme, doit, être le génie qui console.

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