‹ Le brasseur roi;Chapitre 120 sur 141 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

» — Je l'ai frappé, répond Wenemaro.

niais il vivra, Dieu veille sur lui.

» — Vous l'avez frappé ! . . .

» — Tu frémis. Je t'épouvante , n'est-ce pas? Tu n'as jamais approuvé, toi! ni mon serment ni mes fureurs? j'en étais sûre, Néolie. Toi, tu es sans tache!... oh! tant mieux ! »

L'orpheline a courbé la tête. Hélas ! les scènes brûlantes où l'homme passionné s'éprend de plus en plus pour une femme, sont des espèces de gouffre où s'engloutit la raison humaine.

Le fougueux Urbin continue.

« — Repousse - moi ! tu auras raison.

C'est pour toi seule, cependant, que j'ai dégradé ma carrière! c'est pour toi que je me suis fait ce que je suis, un lâche, un assas-

sin , un damné ! . . . Oh ! pourquoi , ange d'innocence? ne m'as -tu pas couvert de tes ailes? Et si tu savais tout, Néoîie! combien je te paraîtrais plus odieux encore ! . . . Sachele, vois quel monstre je suis : ce Louis, cet enfant des rois , je l'aimais avec adoration , je possédais son cœur tout entier : eh bien ! cette main l'a poignardé : oui, l'a poignardé tout à l'heure. Comment? je ne puis le comprendre ; pour qui ? je ne le sais que trop. Oh ! ne m'en parle plus, Néolie ! je te haïrais , je le sens. C'est un amour qui coûte trop cher ; le prix s'anéantit dans le crime. »

La nièce d'Hamstède n'a rien répondu ; mais il y avait du désordre et de la passion dans son silence. Sa physionomie, morne et rêveuse } était comme empreinte d'un sceau fatal; ses longs cils recourbés

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