‹ Le brasseur roi;Chapitre 121 sur 141 · CHAPITRE IX. s>;k · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. s>;k

voilaient son regard abattu ; ses traits n'avaient plus l'innocence virginale du temps des premières amours. On eût dit Eve auprès du serpent , ou Madeleine après le péché.

« — Ainsi donc, a repris Urbin d'un ton amer , tu me laisses seul à mes remords ! . . . sans un mot de consolation. J'espérais un refuge dans ton cœur ; et c'est un désert sans abri, une première pierre de sépulcre.

C'est juste : méritais-je autre chose!

» — Urbin! murmure la jeune fille à voix basse, et avec une sorte d'égarement : séparons-nous : que vous dirais-je ? Notre position h tous deux, est plus grave que vous ne le pensez. Tout ce qui charme et ennob^t , tout ce qui captive et rend heureux , tout ce qui console et purifie, je l'ai connu , je l'ai aimé : j'aurais voulu m'ar-

rêter là... j'ai passé outre, avez-vous compris ?

» — Non ! s'écrie le soldat farouche; non, je ne comprends pas. Je suis glacé de terreur, ma tête se perd : voilà tout.

» — Je sais d'où vous venez, reprend-elle . Demandez-moi donc d'où j'arrive. »

Sa voix était tremblante et lugubre.

« — Eh ! pourquoi te ferais-je cette question? interrompt Wenemare avec un effroi sauvage. N'es-tu pas la vierge sans tache dont j'adorais la pureté?... N'es-tu pas la compagne angélique que rêvait mon adolescence?... Oh! te rappelles -tu les temps où , même allant au précipice , nous marchions si doucement heureux , à côté l'un de l'autre? Je m'aimais alors avec ton cœur , je priais Dieu avec ton nom. Pour-

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