CHAPITRE IX
» — Et vous consentiez à l'hymen?...
» — La violence...
» — La violence1.... point d'inutiles mensonges ! Vous auriez pu résister à quelque puissance vulgaire: mais le fils d'une sorte de roi ! une espèce de prince lui-même ! 0I1 ! la violence fut douce. Les infâmes ! quel tissu d'horreurs ! Le père , en récompense d'un meurtre '3 me gardait une prostituée. La concubine de son héritier pour l'assassin du fils de son prince : Satan n'eût pas mieux combiné. Femme ! je t'abhorre ; vat'en!
»— Ainsi donc nulle miséricorde! a répliqué Néolie d'une voix étouffée par les sanglots. Ah ! je n'ai pas le droit de m'en plaindre. Je ne suis pourtant pas tombée si bas que je ne puisse essayer de me justifier. Urbin , j'aurais pu vous tromper ;
a6a LE BRASSEUR ROI.
j'aurais pu vous cacher ma honte ; l'ai-je fait ? je vous ai tout dit. Le monde ignorait mes malheurs , Artevelle m'avait ordonné de les taire : j'ai mieux aimé les dégradations avec la vérité, que le bonheur avec les mensonges. -
» — Il te commandait le silence! s'écrie Wenemare ; et il me persuadait à moi que ceux qui t'avaient enlevée étaient d'illustres favoris du comte de Flandre. Machinations diaboliques ! Ah ! les ravisseurs de Ridevorde étaient ses vils agens sans nul doute ? et sous une fausse bannière?...
» — C'étaient les soldats de Philippe.
Hamstède, Artevelle et son fils avaient ourdi l'indigne trame...
)) — Artevelle ! monstre exécrable ! . . .
» — Son triomphe est-il donc complet ? demande en tremblant l'orpheline. N'est-il donc plus d'espoir pour le prince ?.. .