‹ Le brasseur roi;Chapitre 124 sur 141 · CHAPITRE IX. AÏS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. AÏS

» — Non , je te l'ai dit, il se meurt : je l'ai tué... là bas... de ma main. Mais pourquoi cette horrible question? n'y avais-je pas déjà répondu ? C'est donc pour torturer que tu parles? Crois-tu donc qu'à force de bouleverser mes esprits, tu parviendras à me faire tomber entre tes bras, fou de regrets, d'horreur et de désespoir? qu'oublieux de tout honneur , et pressé contre ton sein , je puisse ici pleurer sous tes larmes ?... Non , cette flamme éthérée et pure qui jadis m'entraînait vers toi, ce n'est plus qu'une passion à dards incisifs : c'est devenu un amour de nature meurtrière et suicide , j'en suis possédé comme cl' un démon. Te plaît-il ainsi? jouis-en ! »

Sa parole était toute rage \ son regard était de ceux qui arrêtent le sang dans les veines. Il montre du doigt Néolie , à je ne

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sais quelle figure invisible que sa démence lui présente.

« — La voilà ' poursuit-il avec un rire satanique; la voilà celle que j'aimais ! C'est la maîtresse d'un Artevelle, d'un des fiis de la lâcheté ! Ne lui demandez plus les délices du sentiment : elle n'a désormais à offrir que les rebuts de la séduction. Honte à exploiter : qui en veut? »

La nièce d'Hamstède s'est relevée avec indignation ; cet excès d'outrage a réveillé ses sens accablés ; l'énergie revient à son

âme.

(( — Qui parle ici de lâcheté? en est-il déplus odieuse que celle d'insulter au malheur d'une femme! Se croit-il donc un brave, l'être sans commisération et sans générosité, qui vient appuyer avec des mépris sur le

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