CHAPITRE IX. aG
désespoir du coupable ? Que dis-je, du coupable! ai-je en effet mérité ce nom? Philippe Artevelle, en me trompant, n'a déshonoré que ma vie; ma conscience est restée sans tache ; mon âme est pure encore devant Dieu.
<( — Eh bien ! s'écrie le neveu de Gérard Denys, hâte-toi de disparaître de ce monde qui , assez peu crédule pour ne pas croire sur parole aux puretés invisibles , a établi des lois qui élèvent entre toi et lui une clôture éternelle ; va rejoindre ce Dieu faciie qui se contente là-haut, dans l'espace, d'une innocence ( intérieure dont le contact icibas , à l'autel , déshonorerait le nom d'un homme ! Il est des cas, penses-y bien , où la mort est une nécessité : comme il en est , et j'y ai réfléchi , où la vengeance est un devoir.
» — La vengeance est le ciel de ceux qui n'ont plus foi qu'à la terre, répond Néolie avec feu. Il te sied bien, homme de sang ! de condamner les erreurs d'autrui! Fussé-je une prostituée, je vaudrais bien un assassin.
» — Aussi, interrompt Wenemare, Artevelle nous unissait l'un à l'autre; il nous trouvait dignement assortis : c'étaient deux opprobres ensemble. La mission du roi né des révoltes, mission reçue du dieu des ténèbres, est de marier les infamies. »
Néolie, pâle et chancelante, a fait quelques pas pour sortir,.... Urbin l'arrête avec violence.
« — Dis donc adieu ! Adieu pour jamais!
» — Non. Pourquoi ce mot dans ma bouche ! Si c'est comme expression de désespoir , il s'en est assez prononcé ; si c'est