‹ Le brasseur roi;Chapitre 127 sur 141 · CHAPITRE X. a7i · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. a7i

c'est assez fatrouiller ici et là en manière de ribleurs de nuit. Croix de Dieu! j'en suis échiné. Jamais délit, point de banquet, et nulle bataille! c'est triste. Si le soc de mes dents continuait ainsi à ne plus labourer pour le maître, l'herbe me pousserait aux mâchoires.

» — Piaulards! répond Cœur-d'Acier : ne finirez-vous oneques de geindre ? J'engage ma part de paradis que vous aurez demain meilleur gîte ; mais pas de fâcheries , point de gabes. Ne faisons pas d'un brave un truand.

» — Faites -nous donc sacquer l'épée !

riposte un des mutins de la troupe. Je crève de honte à ne ferrailler que contre la pluie et le vent. Où se sont donc tapis, sur ces côtes, les deux chevaliers invisibles?... »

Le capitaine en chef interrompt.

» — Compaings ! le roi Edouard est débarqué près d'ici sur les rives d'Ostende; ce n'est pas le cas de rester coi , et encore moins de nous disjoindre. Tâchons à la fois, en trouvant ceux que nous cherchons, que ceux qui ne nous cherchent pas nous trouvent. Le marchand de laines (\) vient fraterniser avec le brasseur de bière pour déconfire à son profit les corps et métiers du royaume , mais nous avons dague et rapière : il sera mal venu , l'étranger. La navette du Flamand est à la fois

(i) Surnom donné au roi Edouard par le roi de France. L'Angleterre seule fournissait alors des laines à la Flandre: or, la fabrication de drap étant l'objet important du pays , Edouard dictait souvent des lois aux Flamands en les menaçant de ne plus vendre de laines. — Hist. de Flandre, Van Praet, t. 2, p. 59. — Hist. générale de la Belgique, t. 3. — Meyer. — Oudesherst.

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