‹ Le brasseur roi;Chapitre 128 sur 141 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

de l'or et du fer; elle est instrument et bannière : c'est bois qui tisse et glaive qui tue.

» — Bien dit! ont clamé les routiers.

Quoi! Londres ferait la loi a Gand ! Il n'a donc pas d'épée, Artevelle !

» — Quand il y met la main , dit Gérard, ce n'est jamais pour la tirer, c'est pour l'enfoncer au fourreau.

» — A bas les traficans de nations !

s'écrie la cohorte indignée. A bas les ladreries couronnées ! cardons la laine au dos de l'Anglais : puis, à la cuve le brasseur ! »

Une exclamation de Gérard Denys a interrompu l'entretien. Le chef vient d'apercevoir à travers les arbres du bois un homme errantà peu de distance. Cet homme

marche à pas démesurés. Il paraît à demi i. 18

à74 LE BRASSEUR ROI.

privé de ses facultés mentales; on dirait un condamné à l'échafaud, que poursuit la justicearmée. Il n'a ni regards ni paroles. C'est plus que l'animal, moins que l'homme.

Denys a reconnu Wenemare.

Il s'élance vers son neveu.

« — Serait-il bien possible!... est-ce Urbin?... »

Le malheureux amant de Néolie se jette entre les bras de son oncle.

(( — Quoi ! murmure-t-il d'une voix sourde , quelqu'un me reconnaît encore !

» — Urbin! c'est toi que je cherchais.

Mais tu n'es pas seul?... Ou est l'autre?.,.

)> — L'autre ! , . . qui ?

» — Tu me fais frémir. Dieu! serait-il déjà trop tard! Ton vaisseau?...

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