‹ Le brasseur roi;Chapitre 129 sur 141 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

)) — Il a fait naufrage.

» — Ton compagnon ?. . .

» — Je l'ai poignardé.

» — O infâme ! . . . et je l'embrassais ! »

Il a repoussé Wenemare avec un geste d'exécration.

« — Monstre! l'héritier de tes rois ! quel démon te guidait ?

» — Artevelle.

» — Que t'avait fait le comte de Maie ?

» — Il m'aimait.

» — Prends garde, maudit ! J'ai un poignard aussi sous ma main.

» — Ne me tue pas encore aujourd'hui ! répond froidement l'insensé : je veux savoir, avant , s'il est mort.

»— Qui?

)$ — Mon compagnon , ma victime,

u76 LE BRASSEUR ROI.

» — Il serait donc possible encore de le sauver! Où est-il ?

» — A la malàdrerie d'Oudenbourg.

Bertradc est près de lui.

» — Bertrade !

» — Laisse -moi achever et t'instruire.

J'avait fait un serment impie ; ce serment. . . . Brisons sur ce point. Il y avait dans tout cela une femme, et quelle femme !... C'est horrible ; ne parlons pas d'elle , Gérard. Nous en étions au fils de Flandre. Je l'ai frappé , ce jeune prince ; oh ! c'était un être angélique... et je l'aimais, moi, misérable , je l'aimais à l'idolâtrie. Son dernier cri, je l'entends encore.... écoute! Et cette affreuse chapelle ! et cette femme dégradée!... Pardon! ma raison n'y est plus. Que te disais-je? Ah! m'y voici !... Je l'éveillai , il tomba mort; et c'était aux pieds d'Artevelle.

Page 1