CHAPITRE X
ture , tantôt capitaine d'armée , avait l'habitude de ses semblables : il savait lire au fond des cœurs. Un instant , un regard V un mot , lui suffisaient pour comprendra un homme. Wenemare lui était connu ; et , pénétrant dans ses remords , il se fie à lui sans alarmes.
Urbin, suivi de Cceur-d'Àcier et d'une vingtaine de braves, s'est dirigé vers Oudenbourg. Son plan, adroitement combiné, a l'assentiment de sa troupe. En voici l'esquisse rapide :
Cœur-d' Acier fondra à l'improviste sur les gardes du Brasseur Roi à l'une des portes du cloître ; et tandis que les soldats du tyran se réuniront au lieu de l'attaque, Urbin se glissera dans l'intérieur de la Maladrerie
u8o LE BRASSEUR ROI.
par une des issues abandonnées, pénétrera jusqu'à la chambre du comte de Maie, et, le saisissant dans ses bras , l'enlèvera pendant la bataille; puis, Cœur-d' Acier battra en retraite, et, à la faveur des ténèbres, échappera à l'ennemi. Le carrefour de Gérard Denys devra les revoir tous avant l'aube.
Wenemare et les routiers sont arrivés en peu d'instans à l'hospice religieux. Cœurd'Acier s'est précipité sur les premières sentinelles qu'il a rencontrées sur son passage ; son détachement a fait retentir les airs du houra des hordes sauvages. Les soldats du Reward accourent ; et bientôt un combat s'engage.
Urbin, protégé par les ombres, a fait le tour du monastère. Une fenêtre ouverte, à