CHAPITRE X. qp
dû coupable. S'il y revient, ce sera plus tard. Il n'oubliera point cette scène.
Il a porté la main sur sa blessure.
« — Urbin ! dit-il , d'une voix lente , tu ne m'avais pas bien tué. »
Ces froides paroles ont anéanti le meurtrier. Il reste sans mouvement sous leur coup, comme sous le plomb d'une massue. Le comte de Maie a repris.
« — Ce bois, est-il un cimetière? Suis- je ici pour être achevé ?
» — O torture ! s'écrie Wenemare. Dieu vengeur ! C'est bien : continue.
» — Tu parais souffrir ! dit le prince. Moi aussi- je souffre beaucoup. Mais pourquoi te mettre à genoux ? De qui as-tu peur?... Lève-toi.
igi LE BRASSEUR ROI.
— « Non, Louis, je ne me lèverai pas. Le front du lâche meurtrier restera couché dans la poussière , à moins que ta bouche n'exhale... un souffle de miséricorde.
» — Urbin , je me meurs !
» — Impossible ! L'Eternel ne saurait le permettre. Il te garde , au pays flamand , pour la récompense des bons, et la confusion des pervers. Tu régneras, il faut que tu règnes. Hélas ! me pourras - tu pardonner?
» — Ta main, Wenemare !
» — Oh ! pas encore. »
L'infortuné pleurait à genoux.
Le comte s'est évanoui.
Minuit sonnait à la grande horloge de la maladrerie d'Oudenbourg. Les combats