CHAPITRE X. a
avaient cessé depuis quelques instans; et les soldats du Reward se croyaient vainqueurs. Les routiers avaient disparu.
Le carrefour de la forêt retentissait alors d'actions de grâces. Cœur-d'Acier venait d'y ramener ses braves ; pas un d'entre eux n'avait péri ; et si plusieurs étaient blessés , à peine s'en occupaient-ils, tant les plaies étaient peu profondes !
Un brancard a été construit à la hâte pour le fils de Flandre, qu'Urbin a confié au dévouement de Gérard Denys. La litière s'est mise en marche.
Les routiers avaient parcouru un espace immense avant que l'aube ait pu reparaître. Ils ont gravi de hautes montagnes, ils ont
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franchi de larges vallées. Leur ardeur est
infatigable.
Gérard Denys , pendant le trajet, est parvenu par degrés à arracher au farouche Wenemarè le récit de ses infortunes. Instruit de toutes les scènes qui précédèrent et suivirent le naufrage, hormis de celle où figura Néolie à la chapelle d'Oudenbourg,il l'interroge et le console; il l'écoute et ne frémit plus. Il compatit aux douleurs de cette âme de feu, qui, se faisant une nécessité du crime et comprenant à faux le devoir, s'était précipitée dans le meurtre pour ne pas tomber dans le parjure. Les remords d'Urbin le désarment ; nul reproche ne lui échappe.
Le jour pointait à l'orient. Les routiers